De battre la campagne, mon esprit ne s'est pas arrêté
Pas d'inventaire, pas de statistiques, juste une offrande, une sélection sur-mesure.
Pour commencer, revenons au début, à la naissance de cette musique sacrée, aux spirituals. Faisons machine arrière, bande de mécréants, en compagnie d'un fantastique orateur, d'un terrible professeur, Jon Hendricks.
Jon démontre, étaye, l'assistance reste bouche bée. Au bout d'une minute, les chœurs sortent des entrailles de la terre, pour pointer le ciel, sans le défier. Poems, no less, poems, everybody ! Et vous vous retrouvez connecté au monde, à cet arbre, à ce rocher...
- "Sometimes i feel like a motherless child" (1960 - Columbia), ça c'est une intro

Vous avez du mal à sortir de cette église, encore hypnotisés par le sermon, mais reprenons notre route vers le domaine profane. C'est une shouteuse, une prédicatrice sans détours du pur R&B. J'ai la chair de poule, chaque fois que je l'écoute, tant sa voix pénètre au tréfonds de votre âme damnée. Lavern Baker m'a toujours foutu les jetons, dans le bon sens du terme. Cette reprise, elle, me fait fondre en larmes :
- "Fly me to the moon" (1965 - Atlantic), je succombe
Et maintenant, la pépite de l'année, un titre assez difficile à trouver, car il n'est jamais sorti en disque, hormis sur d'obscures compilations dédiées aux labels Quinvy/South Camp/Broadway. Buddy Causey est un chanteur blanc, qui a eu la bonne idée de s'attaquer à une pièce du répertoire : James Brown ! Un pari a priori risqué, une vraie réussite au final. Merci aux archéologues qui ont retrouvé cette bande :
- "It's a man's world" (19?? - unissued), guitare incendiaire
Un ptit break, dans cette station essence de l'Indiana, avec The Whitefield Brothers : de la drogue sur microsillon. A éviter les soirs de débauche...
- "Prowlin" (2001 - Soulfire), trippin'

Elle a toujours été derrière, à côté des plus grands. Plus le temps passait, plus elle s'effaçait derrière des fables qui se révélèrent bien vraies. Clydie King, était sublime avec Jimmy Holiday, brillante avec les Raeletts, pas assez en valeur avec Brown Sugar, mémorable avec Lynyrd Skynyrd... Et puis, simplement belle, avec son premier album solo :
- "First Time, Last Time" (1971 - Lizard), une mélodie entêtante
Autre jolie Dame, Alice Clark, à l'allure souveraine, pensive sur la pochette, une femme sous influence, du jazz, de la soul funky, un registre parfaitement adapté à son style vocal :
- "Charms of the arms of love" (1972 - Mainstream)
J'accélère le tempo, avec cette voix grave dans mon dos, je me retourne, Patti Drew croque la pomme sous nos yeux et ne s'en laisse pas conter, vous êtes prévenus :
- "Stop and listen" (1967 - Capitol)

Pour terminer, une sélection spéciale "coeurs fêlés". Mike & the Censations est submergé, il s'abandonne, impuissant face aux vertiges de l'amour :
- "There is nothing i can do about it" (1966 - Highland), ma cam
Le ton est donné, Family Connection enfonce le clou :
- "This time" (19?? - Jabali)
Enfin, une dernière pépite, et de taille, Tyrone Ashley & sa funky music machine nous plonge dans la méditation, instant délicieux. My soul is on fire, et pourtant cette question demeure :
- "Does Frankie ever call my name" (2007 - truth & soul), waouh
De battre la campagne, mon esprit n'est jamais arrêté...
Ce post est dédié à Skim & Zyg.
PS : n'hésitez pas à me faire part de votre liste préférée 2006-2007, entre l'index_415 et l'index_517, on devrait s'entendre...
Labels: Happy Birthday, Soul







