la case de l'affreux thom

Tuesday, May 29, 2007

Sweet Talk

La confession intime en Soul constitue un vrai genre en soi, une figure imposée, qui mériterait bien un millier de pages, des centaines de commentaires, tant ses formes sont multiples...

Simple aparté, obéissant à la logique dramatique, le chant peut être le témoin d'aveux, de proclamations, de brusques prises de conscience. L'impact est dans la connivence, l'hérédité dans les notes bleues. Le regret ou le soulagement dans l'exercice.
Mais, tout s'envenime en duo, dialogues de poivrots, bagarres rangées d'un couple en train de disloquer, simagrées portées à l'attention du Divin. Le style est ancien, connecté avec un cérémonial du chant, répons, réverbations séculaires du Gospel.

J'ai choisi pour vous un magnifique réglement de comptes, en bonne et due forme, lancinant, hypnotique :




Ce titre est de Mike James Kirkland. Originaire du Mississippi, il s'est formé au travers du Gospel, avec ses frères et soeurs. Tenté un moment par le baseball, c'est la voix qui prend le dessus, au soleil de la Californie. En 1965, il fonde Mike & the censations, avec l'aide de son frère Robert et d'un troisième membre Armond Postell. Ensemble, ils publient "Victim of circumstances" sur leur propre label Bryan. Suivront d'autres singles pour le compte d'Highland ou encore de Revue. En 1969, il entame sa carrière en solo sur le label familal, après quelques années de gestation, sortent 2 albums "Hang on in there" (1972) et "Doin't it right" un an plus tard, dont le titre est extrait. L'indépendance a un prix, celui de la confidentialité, le succès est restreint à la Bay Area.

Les deux frères décident alors de publier pour Claridge et Mike se mue en Bo Kirkland, en enregistrant plusieurs duos avec Ruth Davis. Il arrête la musique en 1976, et rejoint bientôt une chaine télé locale, en parrallèle de ses activités religieuses. Et puis, 20 ans plus tard, Ubiquity ré-édite ses albums : le choc !

it ain't easy...

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Wednesday, May 23, 2007

Des invasions barbares

Les détails s'accumulent avec insistance, indices flous d'un tremblement qui confine au tumulte. Détails transparents pour une minorité, détails furtifs presque clandestins pour une part aisée, mais trop souvent violents, insolents pour la plus large part.

Les médias de masse instrumentalisent les échos, sans crier gare. Rien de condescendant dans mes propos sur les médias de masse, puisque ce sont les miens, les votres qui ryhtment le quotidien. La masse est le penchant de la gravité, celle qui nous ramène à la terre , qui nous fait poser le pied à terre, celle qui écorche les genoux. Et puis, ça s'insinue doucement pour paraître normal.
On vante des produits, des rêves hors de portée du commun. Les étiquettes s'affichent sans retenue, la salive ou le crachat, pas tant de différences finalement.


Derrière cela, est ce que l'on abdique ? On se débrouille, sauvant sa part, ses fesses et les siens. S'en tirer ? Le monde active, sans le vouloir, la pompe. L'engrenage, lui, il s'emballe, à l'infini. Quelque chose est en train de changer...

Digression musicale sur la case, hors les murs...



Mon cinoche

Clin d'oeil à Al Capoon Jr

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Sunday, May 20, 2007

Un ptit tour à Washington - Vol II

Retour à la "Chocolate City"...

Carl "Maxx" Kidd fut l'un des acteurs discrets de la scène soul/funk et bientôt Go-Go de DC, artiste mais surtout producteur. Une compilation récente lui a rendu hommage : "Wasington Lost Soul". Certes, c'est la toute petite histoire qu'on touche ici, mais c'est la plus essentielle et la plus touchante. Voici quelques traces de cette vitalité locale.

En 1965, 7 jeunes musiciens fondent les "Dimensions", bientôt renommés comme les empereurs du Go-Go (Ndlr avant même chuck Brown paraît-il), ils deviennent les Young Senators et enregistrent deux singles pour le compte de l'ephémère label "Innovation Records". En dehors de cette courte contribution à DC, ils sont bientôt engagés par Eddie kendricks, et lui permettent de s'émanciper du classique son Motown.
Back in the days :

Une autre formation, Face Value, un groupe qui a disparu des mémoires, mais le titre qui suit est prodigieux, emporté par la voix de Keni St Lewis, qui deviendra un célèbre compositeur/producteur (Sylvers/Tavares/Minnie Riperton...) :


Curieux, amateurs des petits riens, c'est pour vous

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Sunday, May 13, 2007

Le single du moment

Dans le dernier post, je me suis adressé à votre bon coeur censé dompter votre porte-monnaie.


Encore un petit effort pour le 45t le plus endiablé du moment, "Mista President". Un titre afrobeat qui nous vient du Canada, d'Ottawa plus précisément, du quintet Soul Jazz Orchestra featuring Mighty Popo, sous la houlette de Pierre Chrétien.

C'est affreusement dansant

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Sweet & Mellow

Le dollar est fort avantageux depuis plusieurs semaines, plus il est intéressant, plus je deviens déraisonnable, une bonne excuse pour dépasser les bornes...

En 1974, est sorti un album fantastique "Where or When", le 2ème après un album éponyme publié un an plus tôt . Une voix sublime, d'une suavité exceptionelle servie par un arrangement complexe mais respectueux du chant, je souhaite vous parler de Norman Feels, dont Sonny nous avait touché un mot dans un ancien commentaire.


A l'écoute, vous penserez sans doute aux plus grands (inutile de les nommer). Allongé confortablement dans un fauteuil de votre salon, tu prendras bien un peu de Mellow ? En voici un de taille... Il est difficile de comprendre l'injuste silence qui a entouré Norman, un problème absurde de distribution, sans doute. En attendant, place à une merveille qui va réchauffer le coeur des plus endurcis :

  • "Movie" (1974 - Just Sunshine), à ce tarif là, je vais au cinéma tous les jours


Un Album indispensable, n'hésitez plus

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Wednesday, May 09, 2007

Heavy Soul Nights


Washington, c'est loin. Voyons un peu ce qui nous attend d'ici la fin du mois, la saison se termine en beauté avant les festivals de l'été...

  • Mercredi 16 Mai : Heavy Soul Night - DJ set Paul Weller, Keb Darge, Eddie Piller, Andy Lewis, Thierry Steady Go !, Ole Sollied... @ Petrol - Anvers
  • Jeudi 17 Mai : Antibalas @ Maison Folies Moulin - Lille
  • Jeudi 17 Mai : De la Soul + Prince Paul + Dres @ het Depot - Louvain
  • Vendredi 18 Mai : Koop + Gilles Peterson @ het Depot - Louvain


  • Vendredi 25 Mai : God Bless Soul VS Bellolato @ Balatum - Lille
  • Samedi 26 Mai : The Bamboos @ De Kreun - Courtrai
  • Dimanche 27 Mai : Lord Finesse... @ Kiosk - Lille


Enjoy

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Sunday, May 06, 2007

Un ptit tour à Washington - Vol I

Injustement oubliée dans l'histoire de la musique américaine face aux grandes villes du Nord, et plus encore à celles de Sud, Washington a pourtant été un des éléments majeurs de cette riche épopée. Je cherchais une bonne occasion de vous en toucher un mot, de réparer ces oublis et de vous proposer une selection très subjective (cela va de soi). C'est chose faite, suivez le guide...

De lui, on ne sait pas grand chose, décrit dans les liner notes comme un "obscure Soulman". On croit savoir que le bonhomme vient de Washington DC, voire de Baltimore.
Les traces qui subsistent de Bobby Reed sont rares, sur les labels Bell, Clayton/Brunswick, Loma & Shrine.

Un homme obscur sur des labels qui le sont tout autant... Prenons le label Shrine, fondé à Washington DC en 1963 par Raynoma Gordy, 2ème femme de Berry fondateur de Motown, et Eddie Singleton, connu chez Brunswick (A&R). Ce label ne durera que 3 ans, avant que l'essentiel des rares sorties (seuls 19 singles au total) ne disparaisse en fumée lors d'un incendie, durant les émeutes de 1968. De quoi satisfaire l'appétit des collectionneurs pour "The Rarest Soul Label Ever".

Mais revenons à Bobby Reed, il enregistre en janvier 1966 deux singles qui ne paraitront pas à l'époque, mais qui sont disponibles depuis l'énorme travail d'archéologue d'Andy Rix :



Puis vint un single sur Bell Records, sous la houlette du producteur Van McCoy lui aussi originaire de DC, un single qui s'échange à des prix prohibitifs sur le net, mais qui figure souvent sur les playlists des DJ britanniques, et donc forcément sur des tas de compilations, dont celle-ci. Les arrangements sont de ceux qui me font immédiatement accrocher et qui laissent apparaître toute l'intensité de l'interprétation de Bobby, une bombe :


Si vous avez plus d'informations sur Bobby, chers Soul Détectives around the world, je suis preneur...

En attendant la suite de notre visite, je vous invite à faire un tour sur le site de DC Soul Recordings, qui collecte les fragments de l'histoire Soul d'une ville sous forme de 45t.

Et pourquoi ne pas patientez avec un bon polar, en compagnie d'un autre personnage originaire de la capitale dont nous reparlerons plus en détails : George Pelecanos...

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