la case de l'affreux thom

Tuesday, March 27, 2007

Sound Stage 7 - Vol II

Nashville, nouvel arrêt.

Reprenons notre visite du catalogue Sound Stage 7 avec une voix injustement oubliée dans la plupart des ouvrages concernant la Sweet Soul Music. Sam Baker, natif du Mississippi, a débuté sous les auspices de Clyde McPhatter, ce qui est plutôt de bon augure. Ses premiers singles sortent sur les obscurs labels Copa, Athens, fortement influencé par la musique du diable.

Le passage sur SS7 le libère de ses premiers amours et révèle la vitalité de son âme, la puissance et l'amplitude de son registre vocal. John Richbourg n'a pas ménagé sa peine, puisqu'il n'a cessé d'enchainer les singles, sans que le succès ne vienne reconnaitre le talent de Sam.

Pourtant, l'organe se révèle stupéfiant, immensément riche en nuances. Cette voix se mérite, il faut plusieurs ré-écoutes pour mesurer l'injustice du destin de Sam. L'entente entre Richbourg et Baker prend fin en Juin 1969, après une nuit d'hôtel impayée aux Bahamas.

Je vous propose de commencer par la fin avec la dernier 45t enregistré pour le compte de John R, le tempo est vif et la Sam s'envole à en perdre haleine vers des sommets fiévreux, avec une putain de section cuivres qui lui colle au train :





Deux ans auparavant, Sam revisite le tube de Bobby Hebb, et réveille les cicatrices laissées par une bagarre dans un Nashville fumé au pétrole :

  • "Sunny" (1967 - SS7), une face B... injuste

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur le caractère indispensable de ces enregistrements, terminons par une ballade :



3ème et dernier volet en fin de semaine...

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Wednesday, March 14, 2007

One of All

Entouré d'anges et de démons, à la fin je ne sais plus...


Une dose de rêverie en intraveineuse.

Jamie Saft revisite le bestiaire des sommets et des souterains :


Affreusement vôtre

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Monday, March 12, 2007

Sound Stage 7 - Vol I

Quittons le ring pour retrouver le Deep South.

Un label de Soul à Nashville, c'est un peu l'incarnation de mon rêve le plus fou, un fantasme devenu réalité.

En 1958, Fred Foster fonda le fameux label Monument, dédié à la Country, au Rock'n Roll et au R&B. Le 1er hit "Only the lonely" fut apporté par Roy Orbison, suivront bien d'autres légendes, même Charles Aznavour pour la petite histoire. Parmi le catalogue, figurent des amis de longue date Kris Kristofferson, Tony Joe White, Larry Jon Wilson...Originaire des Appalaches, Foster n'en est pas à ses débuts, puisqu'il a d'abord signé quelques chansons, puis a bossé dans les 50's pour ABC et Mercury à la promotion, c'est lui qui a d'ailleurs découvert Llyod Price.

Mais revenons à nos moutons. Fort de son succès et d'une demande croissante de R&B, Fred Foster lance en 1963 une subdivision, Sound Stage 7. Les 1ers singles concernent The Dixiebells, The Monarchs...
Le décollage se réalise à partir du moment où Foster fait appel à une des légendes de Nashville, le deejay John Richbourg (WLAC). Il lui laisse le contrôle total du label en tant directeur A&R. Foster a le nez creux en plaçant Richbourg, fan de gospel, surnommé le "white cat with a black soul". Avec ses shows radio, cet homme a influencé tous les futurs acteurs de la Soul, a touché des millions d'auditeurs bancs ou noirs en leur ouvrant les oreilles, en façonnant les futures success stories de la musique noire.

Un choix sûr, une oreille exercée lui ont permis de produire de magnifiques interprètes à la voix terriblement dévastatrice avant l'arrêt du label en 1977. John R, une légende.

Commençons avec une voix qui ferait trembler le plus insensible de mes lecteurs, tant son chant est habité, magique, incantatoire. Ella Washington enregistre 10 singles pour le compte de Sound Stage 7, le 1er en 1967 écrit par Bobby Womack, enregistré avec son concours au studio Fame :


C'est elle qui aura la douloureuse charge d'enchainer plusieurs gospels lors des funérailles du producteur/deejay en 1986.

Si vous souhaitez remonter le temps, vous pouvez écouter un set de John à cet endroit (c'est fantastique, je me vois descendre en bagnole les rues de Nashville par une belle journée de printemps).


En attendant, poursuivons avec Ella, l'intro de ce 2nd morceau a tout simplement le pouvoir de faire tomber l'obscurité, même par une journée ensoleillée. Eclipse surnaturelle d'où surgit une voix scintillante :



Restons en très bonne compagnie avec Charles Smith, hanté par le gospel interprète ici une composition de Phillip Mitchell :


Avant le prochain post de cette série dédiée au label, je vous laisse sur les notes d'un blues doux et langoureux, signé par Fenton Robinson :


Clin d'oeil à l'ami Sonny en ce jour béni

L'affreux

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PS : Je reçois régulièrement des mails concernant la promotion de 1ers albums de divers groupes, c'est très souvent ennuyeux et très éloigné de la musique qui passe ici-bas.

Un des derniers mails a pourtant attiré toute mon attention, il s'agit de Crëvecoeur. Leur musique renvoie à plein de choses qui me sont chères : westerns, mexique, Comelade... Pas étonnant qu'ils fricotent avec les Disques du soleil et de l'acier.

L'album est sorti ce jour, foncez



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