la case de l'affreux thom

Friday, February 23, 2007

Quatre boules de cuir - Vol II

Replongeons-nous au coeur du ring, avec "The greatest"...

Le champion toutes catégories des boxers, j'ai nommé Muhammad Ali, l'homme de tous les combats, dans les corde
s, hors les chaines. Un regard, une phrase assassine suffisaient à terrasser toute velléité, le type qui vous met les nerfs en pelote pendant les conférences de presse, le même qui vous casse le moral avant le combat, pour finalement vous arracher les dents, le sourire aux lèvres.

Le style, la détermination à toute épreuve, l'égo au service des causes, il incarne tout cela à la fois. Comme notre héros italien, il a fait de la boxe bien plus qu'un combat, il en a fait un spectacle de l'existence.

Au final, Muhammad fut un dramaturge, sur qui chacun pouvait projeter le désir, la fierté, l'espoir... Les combats sonnent comme les actes d'une tragédie savamment orchestrée, au rythme de la cloche : "The Fight", "Rumble in the Jungle", "Thrilla in Manilla" (j'adore celui-là), "The last Hurrah", et enfin "The drama in the Bahamas" (épilogue).


Restait à mettre tout cela en musique, pour rendre compte de l'adoration, de la vénération dont Ali faisait l'objet. Un seul choix s'imposait : faire appel aux orfèvres de la compilation, aux diamantaires de l'assemblage, capables de faire parler la musique, sans tomber dans le recueil abscons : le label allemand Trikont.

1er Round, plein de Soul, fatalement avec Bette McLaurin, elle chante un amour inconditionnel à notre ami, qui d'ailleurs n'avait pas besoin de cela pour gonfler son côté narcissique :

  • "The Greatest" (196? - Almont), Madison Square Garden et tout s'enchaîna


2ème round plus au Sud, Jorge Ben le transforme en Superhéros d'une idéologie sans frontières, une plage pleine de fièvre :



8ème Round, direction le Zaire, serrez les gants et remuez en l'honneur du président Ali, Trio Madjesi chante le combat du siècle, Mohammed triomphe, le chiffre 8 devient le magic number :

  • "8ème Round" (1976 - African), mille milliards de mille sabords, Foreman s'incline


10ème et dernier Round, plus syncopé, Dennis Alcapone s'empare du micro, et propage les échos de la victoire au coeur des soundsystems :




Ne manquez sous aucun prétexte ce "Hits and Misses" et emparez-vous du catalogue Trikont sans sourciller.


PS : je m'amuse beaucoup avec mon nouveau jouet dont parle Oliver Wang

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Saturday, February 17, 2007

Quatre Boules de Cuir - Vol I

Je sens le charriage fondre sur moi, mais peu importe...

Je suis sorti très troublé de la projection de Rocky Balboa, la semaine dernière. Un peu abattu, ému, j'ai regagné mon domicile. Pas démarche triomphante du genre "Gonna Fly Now" en remontant les marches de l'appartement, j'étais hanté par le thème :


J'entends aller bon train les commentaires sur la morale simpliste du scénario, mais je dois confesser que j'adore ça, même les petites phrases du genre "ce qui importe, ce n'est pas de cogner mais d'être cogné, et de continuer à boxer", j'opine bêtement du chef.

Je n'ai jamais aimé le sport, et la morale du sport. La boxe, ce n'est pas du sport, c'est un univers, un art, une dramaturgie digne des Anciens. Et bien sûr, elle a son folklore dont la série Rocky fait partie.


Je suis rentré me replonger avec avidité dans les bandes originales, pour prolonger ce drôle d'état. A la baguette et au stylo, c'est Bill Conti. Le groupe qui interprète l'essentiel des séquences est Valentine, groupe de Frank Stallone, frère de Sly. Souvenez-vous, au milieu du 1er épisode, au coin d'une rue, face au brasero, ils se lancent dans un mémorable choeur a capella :


N'oublions pas au passage cette sublime plage funky, douce rêverie instrumentale qui se prolonge en saturation électronique :


Ce dernier instru résonnait encore, un écho subsistait quelque part, mais où ? Au bout de quleques minutes, je soufflais sur un peu de poussière pour découvrir que Rob Gallagher et Galliano ne s'étaient pas donnés beaucoup de mal, en le reprenant tel quel :



Je vous laisse, j'enfile mon survêt...

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Saturday, February 03, 2007

Tempus fugit

Les choses s'accumulent, et j'adore ça. Pourtant, le temps me manque pour les savourer à leur juste valeur. Alors, je fais des tas en prévision des jours meilleurs, sans un grand sens du classement. Le désordre règne et j'adore ça.

En musique, je me plais à entasser, à compiler les chansons qui évoquent la dévotion, l'adoration et la vénération. Et les chansons s'accumulent. La hotte de Décembre était pleine de belles choses, petit à petit les merveilles se dévoilent. C'est la cas avec le coffret "Pure Genius the complete recordings" en cours de digestion, d'approriation.
Je connaissais mal le jazz side de Ray Charles, ce territoire est désormais plus familier.

J'ai choisi parmi toutes ces opportunités, un titre culte, une composition de Georges & Ira Gershwin pour Broadway, enregistrée en 1956, qui illustre magnifiquement la dévotion dont je parlais plus haut. Brother Ray y apporte un traitement d'une infinie douceur, l'amour déraisonnable est écrit au coeur de ces notes, l'attente se dévoile au travers de la retenue sur le clavier :



Ce titre a été enregistré des milliers de fois, mais je m'en voudrais de vous quitter sans avoir évoqué mes deux versions préférées. La première est celle qui les surpasse toutes, tant l'interprétation magnifie le texte. Billie Holiday et sa belle équipée (Lester Young, et Freddie Green) effeuille les jours de la semaine, appuie sur les mots qui font mouche et disparaît appuyée à une fenêtre. Lester livre une réponse pleine de délicatesse, d'attention :





Et pour terminer, une version plus aérienne, plus optimiste, Ella Fitzgerald nuance les mots et l'attente se fait moins longue, l'envolée finale me donne des ailes :