la case de l'affreux thom

Tuesday, December 26, 2006

Uh, The Boss is dead

Une étoile scintille plus fortement au dessus de nos têtes depuis hier, James a rejoint une terrible et sombre liste, comme un point final à cette année 2006 : Lou Rawls, Wilson Pickett, Gene McFadden, Jay Dee, Dee Edwards, Lynden David Hall, King Floyd, June Pointer, Desmond Dekker, Billy preston, Charles Smith, Arif Mardin, Ruth Brown, Ahmet Ertegun...

Je n'ai pas grand chose à dire sur cette musique, puisque tout a été dit ou écrit ailleurs, le meilleur hommage à lui faire est de continuer à danser comme un diable...


Il y a un point très anecdotique, dont on pourrait certainement faire l'économie, qui m'a toujours fasciné, intrigué chez ce personnage, c'est l'image de patron stakhanoviste (sic), sorte de Père Fouettard, bourreau de travail et pour les autres. Une image bien servie par un caractère impétueux, égocentrique et déterminé. Je ne sais pas quelle est la part de réalité et celle du mythe dans ces récits...

Rarement une musique n'aura autant incité au déréglement des sens, au stupre, aux déhanchements torrides pour des âmes damnées en sueur. On pourrait penser que cette musique est le fruit d'un artiste emporté par ses démons, qui laisse passer un flux divin sans contrôle. Un artiste piloté par un appétit de destruction qui le conduit à sa perte, dépassé par une énergie qu'il ne sait plus gérer ou qui le bouffe de l'intérieur (au choix, l'imagerie rock déborde de ce genre de références/conneries) .

Nous en sommes très loin, ici règne la maîtrise du son, obnubiliée par le perfectionnisme. Les séquences sont réglées comme du papier à musique, fruit d'un inépuisable labeur sous les ordres du tyran, qui avait ce sens inné du beat et du groove. Cette maîtrise prit les allures du vice pour ses ouvriers payés au lance-pierre, mais elle n'était animée que par un objectif : faire toujours mieux pour provoquer l'extase.

James Brown était un cheikh persan qui pratiquait à haut niveau la transe et l'hypnose des masses au rythme des percussions, la paume droite tournée vers le ciel, poursuivant sans relâche une technique destinée à faire des pieds des toupies souriantes et dansantes. Comme le brouillard qui investit progressivement une citadelle, le son se rend maître du corps avec une stratégie implacable. La qualité des interprètes, la finesse des arrangements commencent par mettre les synapses dans leur poches, les pieds s'abandonnent sur les riffs, les hanches suivent sur le rythme. Le revival funk a parfaitement digéré cette technique.

Ce travailleur insatiable luttait sans cesse contre la fuite du temps, son repos semble donc bien mérité. Une des plus belles phrases que j'ai pu lire à ce sujet se trouve dans le bouquin "James Brown, l'Amérique noir, la Soul& le Funk" de F Mazzoleni. Fred Wesley déclare à une journaliste :

" James était dictateur et paranoiaque...Je ne pouvais pas comprendre pourquoi il traitait son groupe aussi durement, pourquoi il était si dur...C'en était ridicule, qu'un artiste de son rang et de son niveau soit si instable. Mais plus tard, j'ai compris qu'il devait être comme cela tout simplement pour rester en vie"

Le Black Caesar vient de s'éteindre, le patron nous salue une dernière fois :


Look at me

Tuesday, December 19, 2006

Berceuses

C'est reparti, pas encore sur les chapeaux de roues, mais tout de même...

En parlant de roues, je ne sais plus si je vous en ai déjà parlé, mais je ne suis pas un garçon très moderne. Eh oui, mon fidèle destrier est équipé à l'ancienne, autoradio k7 et je n'ai pratiquement jamais changé le contenu de la boîte à gants depuis des années.

Un vrai bordel : une compile perso "Sisters of Pain" (soul bien sûr), le 1er Public Enemy, Lester Young, Erik Satie, Naked City, une vieille compil mélangeant hip hop et métal (si si), Suicidal Tendencies, Josh Rouse, Billie Holiday, Neil Young, Oi Va Voi...

En parlant de ce dernier, j'adore dans un morceau dès que la clarinette pointe son nez.
Force est de reconnaître que c'est un des instruments les plus sexy sur Terre, et surtout quand elle se lamente. Tout cela pour vous dire que j'adore le klezmer, et comme tout le monde en ce moment je me régale avec le canadien Socalled.


Ma préférence va au 2nd album "The Seder", sorti en juin de l'année dernière, sur fond de pain azyme. Cette célébration réussie permet d'inviter Killah Priest ou encore Matisyahu :


A la radio, résonne un air entêtant extrait du dernier album, il réinvente le GhettoBlaster :



Et enfin, le 1er opus qui revisite la musique de mariage, en compagnie de la sémillante Sophie Solomon, très impressionante sur scène :



  • "Dobriden" (2003 - Piranha), pas de beats mais tellement beau

  • "Freylekhs far de kale" (2003 - Piranha), pour vous sortir de la torpeur ambiante, Krakauer vient jouer les troubleurs-fête

Ce post est dédié à mon ami Jacob


PS : si vous avez raté le chapitre Invictus pendant votre scolarité, Mélomaniac corrige tout cela

PS bis : si vos recherches de cadeaux ne sont pas encore bouclées, pensez à offrir l'indispensable "Later Hip Hop Soul" ou encore le petit dernier "Best of... Later"

PS ter : Colin Dilnot a publié une vidéo exceptionnelle de Sam Dees sur son blog "In Dangerous Rhythm", pour le fan que je suis c'est exceptionnel de la voir en live.

Thursday, December 14, 2006

Mieux et Moins

Il y a quelques jours, j'ai eu la mauvaise idée d'augmenter le débit de ma liaison ADSL.

Résultat des courses : plus de connexion pour une durée indéterminée, la case reste donc muette...

Profitons de cet épisode pour élire les 10 meilleurs morceaux publiés sur ce blog, 2 listes ont déjà été établies avec des similitudes.

Je vous laisse la main

PS : Triste nouvelle, un de blogs historiques "The number one songs in heaven" s'arrête après deux années d'existence.

C'est un des blogs qui m'a donné envie. Il poursuit son chemin via "Crying all the way to the Chip Shop". Il va me manquer...