Uh, The Boss is dead
Une étoile scintille plus fortement au dessus de nos têtes depuis hier, James a rejoint une terrible et sombre liste, comme un point final à cette année 2006 : Lou Rawls, Wilson Pickett, Gene McFadden, Jay Dee, Dee Edwards, Lynden David Hall, King Floyd, June Pointer, Desmond Dekker, Billy preston, Charles Smith, Arif Mardin, Ruth Brown, Ahmet Ertegun...
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette musique, puisque tout a été dit ou écrit ailleurs, le meilleur hommage à lui faire est de continuer à danser comme un diable...

Il y a un point très anecdotique, dont on pourrait certainement faire l'économie, qui m'a toujours fasciné, intrigué chez ce personnage, c'est l'image de patron stakhanoviste (sic), sorte de Père Fouettard, bourreau de travail et pour les autres. Une image bien servie par un caractère impétueux, égocentrique et déterminé. Je ne sais pas quelle est la part de réalité et celle du mythe dans ces récits...
Rarement une musique n'aura autant incité au déréglement des sens, au stupre, aux déhanchements torrides pour des âmes damnées en sueur. On pourrait penser que cette musique est le fruit d'un artiste emporté par ses démons, qui laisse passer un flux divin sans contrôle. Un artiste piloté par un appétit de destruction qui le conduit à sa perte, dépassé par une énergie qu'il ne sait plus gérer ou qui le bouffe de l'intérieur (au choix, l'imagerie rock déborde de ce genre de références/conneries) .
Nous en sommes très loin, ici règne la maîtrise du son, obnubiliée par le perfectionnisme. Les séquences sont réglées comme du papier à musique, fruit d'un inépuisable labeur sous les ordres du tyran, qui avait ce sens inné du beat et du groove. Cette maîtrise prit les allures du vice pour ses ouvriers payés au lance-pierre, mais elle n'était animée que par un objectif : faire toujours mieux pour provoquer l'extase.
James Brown était un cheikh persan qui pratiquait à haut niveau la transe et l'hypnose des masses au rythme des percussions, la paume droite tournée vers le ciel, poursuivant sans relâche une technique destinée à faire des pieds des toupies souriantes et dansantes. Comme le brouillard qui investit progressivement une citadelle, le son se rend maître du corps avec une stratégie implacable. La qualité des interprètes, la finesse des arrangements commencent par mettre les synapses dans leur poches, les pieds s'abandonnent sur les riffs, les hanches suivent sur le rythme. Le revival funk a parfaitement digéré cette technique.
Ce travailleur insatiable luttait sans cesse contre la fuite du temps, son repos semble donc bien mérité. Une des plus belles phrases que j'ai pu lire à ce sujet se trouve dans le bouquin "James Brown, l'Amérique noir, la Soul& le Funk" de F Mazzoleni. Fred Wesley déclare à une journaliste :
Le Black Caesar vient de s'éteindre, le patron nous salue une dernière fois :
Look at me
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette musique, puisque tout a été dit ou écrit ailleurs, le meilleur hommage à lui faire est de continuer à danser comme un diable...

Il y a un point très anecdotique, dont on pourrait certainement faire l'économie, qui m'a toujours fasciné, intrigué chez ce personnage, c'est l'image de patron stakhanoviste (sic), sorte de Père Fouettard, bourreau de travail et pour les autres. Une image bien servie par un caractère impétueux, égocentrique et déterminé. Je ne sais pas quelle est la part de réalité et celle du mythe dans ces récits...
Rarement une musique n'aura autant incité au déréglement des sens, au stupre, aux déhanchements torrides pour des âmes damnées en sueur. On pourrait penser que cette musique est le fruit d'un artiste emporté par ses démons, qui laisse passer un flux divin sans contrôle. Un artiste piloté par un appétit de destruction qui le conduit à sa perte, dépassé par une énergie qu'il ne sait plus gérer ou qui le bouffe de l'intérieur (au choix, l'imagerie rock déborde de ce genre de références/conneries) .
Nous en sommes très loin, ici règne la maîtrise du son, obnubiliée par le perfectionnisme. Les séquences sont réglées comme du papier à musique, fruit d'un inépuisable labeur sous les ordres du tyran, qui avait ce sens inné du beat et du groove. Cette maîtrise prit les allures du vice pour ses ouvriers payés au lance-pierre, mais elle n'était animée que par un objectif : faire toujours mieux pour provoquer l'extase.
James Brown était un cheikh persan qui pratiquait à haut niveau la transe et l'hypnose des masses au rythme des percussions, la paume droite tournée vers le ciel, poursuivant sans relâche une technique destinée à faire des pieds des toupies souriantes et dansantes. Comme le brouillard qui investit progressivement une citadelle, le son se rend maître du corps avec une stratégie implacable. La qualité des interprètes, la finesse des arrangements commencent par mettre les synapses dans leur poches, les pieds s'abandonnent sur les riffs, les hanches suivent sur le rythme. Le revival funk a parfaitement digéré cette technique.
Ce travailleur insatiable luttait sans cesse contre la fuite du temps, son repos semble donc bien mérité. Une des plus belles phrases que j'ai pu lire à ce sujet se trouve dans le bouquin "James Brown, l'Amérique noir, la Soul& le Funk" de F Mazzoleni. Fred Wesley déclare à une journaliste :
" James était dictateur et paranoiaque...Je ne pouvais pas comprendre pourquoi il traitait son groupe aussi durement, pourquoi il était si dur...C'en était ridicule, qu'un artiste de son rang et de son niveau soit si instable. Mais plus tard, j'ai compris qu'il devait être comme cela tout simplement pour rester en vie"
Le Black Caesar vient de s'éteindre, le patron nous salue une dernière fois :
- "The Boss" (1973 - Polydor)
Look at me




