Deux années, pour de bon
"Une autre, s'il te plaît.L'envie est toujours présente, à jamais la recherche de l'étourdissement, le désir de se faire péter le oreilles et le coeur, d'en prendre plein la gueule. Et de vous rendre, tant bien que mal, les secousses de cet écosystème personnel.
la même chose ?
oui, merci"
Moins de posts cette année, mais plus de lecteurs au-delà des frontières : des timides, des réguliers, des surprenants...L'exercice désormais hebdomadaire prend les allures d'une discipline, qui m'oblige à moins de fainéantise et me conduit à des nouveaux émois.
Aveugle et moins sourde, la case se perpétue, pour tous les passants qui tendent l'oreille. Ce juke-joint est perdu au coeur d'un territoire sudiste fantasmatique, au fond d'un bayou neuronal, le long d'une route synaptique.
Pour souffler ces deux bougies, la case a retenu une sélection purement féminine, chers Soul Addicts.

Commençons cette série avec une femme qui effleure avec une infinie douceur tout ce qu'elle approche, Roberta Flack. Cette douceur disparait vite, face à une détermination vocale qui fait s'écrouler toutes les forteresses, même celles réputées imprenables. La libération du sentiment se réalise avec délicatesse, au fur et à mesure des minutes qui s'écoulent. J'ai l'impression de m'être introduit en douce dans un lieu tenu secret, pour assister à un office destiné aux seuls initiés, le souffle coupé :
- "Sunday and sister jones" (1971 - Atlantic), take me away
Tâchons de reprendre nos esprits avec une ballade de Tina Britt, qui prolongera la rêverie. Cuivres et cordes se débattent pour enflammer cette reprise, empreinte de blues :
- "I love you more than you'll ever know" (1968 - Minit), on parie ?
L'oreiller tient une place de choix dans les morceaux Doo-wop/Soul, cela mériterait un ouvrage bien documenté. Souvent confident, l'objet apparait réconfortant, un compagnon indispensable pour affronter la nuit. Parfois, c'est l'inverse, un élément qui symbolise le désespoir, la colère d'un amour perdu. Et les choeurs s'en font l'écho, avec ce cri poussé depuis le Canada par Carla Whitney :
- "Tear stained pillow" (1975 - Attic), le déni, peut-être ? en attendant, je fonds

Et le rythme de la batterie se prolonge avec cet unreleased de la période 70's d'Irma Thomas, la passion éclate l'aorte de notre amie, pleine d'aspérités :
- "I'm so in love" (2005 - Scepter/Kent), incandescente célébration
Quittons la Nouvelle Orléans pour la Bay Area, où nous attend Jacqueline Jones avec une reprise du duo Eddie & Ernie :
- "You make my life a sunny day" (1971 - Loadstone), une basse ensoleillée
Finis les pleurs, un peu de funk enfin...Comme le dit si bien Keb Darge, si vous n'aimez pas celui là, allez au diable ! Brenda George n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, croyez-moi :
- "I can't stand ..." (1971 - Kent), en enfer
On poursuit avec un peu plus de clairvoyance, merci à Jeannie Dee de mettre un peu de plomb dans nos têtes :
- "Two heads are better than one" (1969 - Musicor), simple et funky, isn't it ?
Et puis un obscur groupe, dont le nom laisse perplexe, 1619 Bad Ass band, nous en resterons là. Un peu de mystère :
- "Just for You" (1978 - Graham International)

Chut, une grande dame, Dinah washington, minaudant sur un standard :
- "Cry me a river" (1959 - Mercury), quelle intro, Bon Dieu !
Fontella Bass reprend la main, par dessus les ombres et les larmes, s'essuyant le visage :
- "You ll never know" (1966 - Checker)
Une vieille copine, Dionne Warwick. Ces mots resplendissent dans ta bouche, tout paraît si simple; ma chère :
- "The good life" (1966 - Scepter)
Et pour finir, un morceau qui me donne encore et encore des frissons, Nina Simone rend hommage en live à Martin Luther King :
- "Why ? (the king of love is dead)" (1968 - RCA), la vie reprend sa place à la 3ème minute, peut-être même l'espoir
un Grand merci
God Bless Soul.
L'affreux
Ce post est dédié à Skim et à Stzz.
PS : Il n' y aura pas de gâteau pour tout le monde, alors dépêchez-vous
Vous ne pourrez pas dire que vous manquez d'idées pour Noel








