la case de l'affreux thom

Friday, November 24, 2006

Deux années, pour de bon

"Une autre, s'il te plaît.
la même chose ?
oui, merci"
L'envie est toujours présente, à jamais la recherche de l'étourdissement, le désir de se faire péter le oreilles et le coeur, d'en prendre plein la gueule. Et de vous rendre, tant bien que mal, les secousses de cet écosystème personnel.

Moins de posts cette année, mais plus de lecteurs au-delà des frontières : des timides, des réguliers, des surprenants...L'exercice désormais hebdomadaire prend les allures d'une discipline, qui m'oblige à moins de fainéantise et me conduit à des nouveaux émois.

Aveugle et moins sourde, la case se perpétue, pour tous les passants qui tendent l'oreille. Ce juke-joint est perdu au coeur d'un territoire sudiste fantasmatique, au fond d'un bayou neuronal, le long d'une route synaptique.

Pour souffler ces deux bougies, la case a retenu une sélection purement féminine, chers Soul Addicts.


Commençons cette série avec une femme qui effleure avec une infinie douceur tout ce qu'elle approche, Roberta Flack. Cette douceur disparait vite, face à une détermination vocale qui fait s'écrouler toutes les forteresses, même celles réputées imprenables. La libération du sentiment se réalise avec délicatesse, au fur et à mesure des minutes qui s'écoulent. J'ai l'impression de m'être introduit en douce dans un lieu tenu secret, pour assister à un office destiné aux seuls initiés, le souffle coupé :


Tâchons de reprendre nos esprits avec une ballade de Tina Britt, qui prolongera la rêverie. Cuivres et cordes se débattent pour enflammer cette reprise, empreinte de blues :


L'oreiller tient une place de choix dans les morceaux Doo-wop/Soul, cela mériterait un ouvrage bien documenté. Souvent confident, l'objet apparait réconfortant, un compagnon indispensable pour affronter la nuit. Parfois, c'est l'inverse, un élément qui symbolise le désespoir, la colère d'un amour perdu. Et les choeurs s'en font l'écho, avec ce cri poussé depuis le Canada par Carla Whitney :

Et le rythme de la batterie se prolonge avec cet unreleased de la période 70's d'Irma Thomas, la passion éclate l'aorte de notre amie, pleine d'aspérités :


Quittons la Nouvelle Orléans pour la Bay Area, où nous attend Jacqueline Jones avec une reprise du duo Eddie & Ernie :



Finis les pleurs, un peu de funk enfin...Comme le dit si bien Keb Darge, si vous n'aimez pas celui là, allez au diable ! Brenda George n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, croyez-moi :



On poursuit avec un peu plus de clairvoyance, merci à Jeannie Dee de mettre un peu de plomb dans nos têtes :


Et puis un obscur groupe, dont le nom laisse perplexe, 1619 Bad Ass band, nous en resterons là. Un peu de mystère :

Chut, une grande dame, Dinah washington, minaudant sur un standard :

Fontella Bass reprend la main, par dessus les ombres et les larmes, s'essuyant le visage :


Une vieille copine, Dionne Warwick. Ces mots resplendissent dans ta bouche, tout paraît si simple; ma chère :


Et pour finir, un morceau qui me donne encore et encore des frissons, Nina Simone rend hommage en live à Martin Luther King :



un Grand merci

God Bless Soul.
L'affreux


Ce post est dédié à Skim et à Stzz.

PS : Il n' y aura pas de gâteau pour tout le monde, alors dépêchez-vous

Vous ne pourrez pas dire que vous manquez d'idées pour Noel

Monday, November 20, 2006

J - 4



Saturday, November 18, 2006

Tell it like it is

Un chanteur soul sur le retour, ça fait fait toujours un peu peur. Peur de voir s'effondrer une admiration sans bornes derrière une production sans saveurs, peur de voir s'effacer le timbre au fil des années, peur d'être déçu...

Aaron Neville ne boxe pas dans cette catégorie, puisque il n'a eu de cesse que la soul perdure dans une facture digne de ses ainées. Son dernier album "Bring it on home" explore les pages les plus citées du grand Livre. Ni relecture, ni hommage, un amour incommensurable, that's it.


La voix est l'opposé de son physique de bodybuilder. Le chevrotement dans les aigus est toujours là, intact, ça vous retourne les entrailles. Le vibrato comme mode de lecture du monde, mes amis :



Béni Sois-tu, Aaron


PS : la très bonne nouvelle du jour, Amy Winehouse sort son nouvel album la semaine prochaine

Sunday, November 12, 2006

L'oreille dans le plâtre

Que serait l'existence sans le bruit et la fureur ? Hein, William...
Que serait une vie sans concerts ? Fade et sans relief, assurément.

Deux concerts très différents cette semaine, l'occasion d'être recouvert, abruti, innondé de décibels et de libérer une énergie qu'on croyait perdue. Tout cela est bien primitif mais c'est tellement bon.

Commençons par le
très talentueux guitariste, Eddie Roberts qui officie pour mon plus grand bonheur au sein des New Mastersounds. Ce groupe orginaire de Leeds a fricoté à ses débuts avec SnowBoy et Keb Darge. Sous l'égide de ce dernier, leur premier album est sorti en 2001.

La tournée 2006 vient de commencer pour fêter la sortie de "102%". Après un début de concert très sérieux, le quartet s'est enfin lâché, entrainant un fitness collectif où les funky chickens se sont multipliés. Une vraie gageure dans cette configuration purement instrumentale...


Revenons à leurs débuts, où l'ajout des voix de Rev. Chunky et de Sulene Flemming leur donnait un côté plus instinctif, incisif :


Plus tôt dans la semaine, un peu au hasard, ce fut Cirkus. Comme les disques, certains concerts se méritent au nez, à l'intuition. Leur prestation live est d'ailleurs nettement supérieure au disque. Le groupe dégage une humilité, presque une tranquillité, très agréable qui met tout le monde à l'aise. Neneh se fait discrète, se fond avec aisance dans les interprétations chorales.
cirkus
C'est bricolé, parfois bancal, mais rempli de feeling dans une ambiance toute familiale. On les quitte à regret, comme des amis de toujours :


Prochains Brouhahas (sous réserve) : Jude, Spanky Wilson ou Ty, Mobb Deep ou Lefties Soul Connection

Tuesday, November 07, 2006

Près de moi, Brenda

Elle fait presque partie de la famille, tant son album en duo avec Jerry Butler "The love we have..." (Mercury -1973) semble là depuis toujours, pièce indispensable du puzzle.

Discrète, on écoute pourtant peu Brenda Lee Eager, ses disques sont assez rares. C'est non seulement une interprète inoubliable, mais c'est surtout une plume de talent qui a oeuvré pour les plus belles voix du genre. Reconnue par ses pairs uniquement...


Les frères Mizell ont concocté pour elle un single inoubliable, avec ce savoir-faire ensorcelant, immédiatement reconnaissable :


Ne passez pas votre chemin...


PS : Cher ADCR, tu cherchais un disque soul, je pense celui-ci repondra à toutes tes attentes.

PS2 : Mauvaise nouvelle, Buddy Killen le patron de Dial Records est mort, une grande perte pour la soul, the B side évoque l'histoire du label, l'occasion de ré-ecouter Annette Snell

Saturday, November 04, 2006

The Congos got soul

La case se pose là où bon lui semble, parfois c'est sur le sol jamaïquain, car my reggae got soul. J'ai passé la soirée d'Halloween en compagnie des Congos, pas besoin de citrouilles ou de tricks pour frissonner. Ce fut un véritable régal.

Nos vieux compères, véritables adeptes du taï chi chuan scénique, font preuve d'une énergie sans égale au bout d'un set de deux heures. La barbe est blanche mais les dreads toujours noirs. Les voix sont intactes, et je craque à chaque fois que Cédric Myton use de son falsetto.
En fermant les yeux, on a l'impression alors d'entendre une rencontre du 3ème type entre The Stylistics et Lee Perry.

Alors, juste pour le plaisir, leur tube interstellaire :




De Manchester à Kingston, il y a un tunnel sous l'Atlantique, construit sous l'égide des labels Blood & Fire et Grand Central. Leur action n'est jamais descendue en dessous du seuil de notre ravissement. L'affaire est donc dans le sac lorsque Rae & Christian font appel aux Congos pour l'album "Sleepwalking" :

  • "Hold us Down" (2001 - Grand Central), un écho de Russell Thompkins Jr

L'occasion se présente d'être enfin au coeur de l'actualité, puisque nos chers Congos ont prêté discrètement leur choeur au dernier album "Paris Rockin" de Winston McAnuff, qui passe en boucle à la maison :


Clin d'oeil à Skim, Lulume & au porte-étendard des Congos