la case de l'affreux thom

Saturday, October 21, 2006

Justine, Jeanette, my baby

Des notes d'un vieux country blues s'élevaient hier de la fenêtre d'un des appartements de ma ruche, les années 20-30 pointaient leur nez alors que j'utilisais la fermeture centralisée. Voilà de quoi me mettre bêtement en joie, c'est pourtant simple !
Les voix susbsistent en dépit du travail de sape...


Juste envie de vous faire entendre Baby Washington. Connue pour son single "That's how heartaches are made" en 1963 pour le label Sue, elle se fit de plus en discrète au fil des années, puis disparut dans le tourbillon du disco.



J'en profite pour faire partager sa version d'un de mes morceaux de soul préférés (top 10?), extrait de "Atlantic Unearthed soul sisters" :



luttons contre l'oubli

Monday, October 16, 2006

Un Stetson à l'envers, une vie à l'endroit

J'avais pourtant pris de bonnes résolutions, celles qu'on ne tient malheureusement jamais. Mettre un peu d'ordre dans mon existence, éviter de me "ressourcer" auprès de vieux démons, ressentir doucement et longuement plutôt que plonger dans les tourbillons de la vie...

Il était très tard lorsqu'ils sont passés chez moi, je me répétais mes bonnes résolutions, mais elles n'ont pas fait long feu. Comment résister à leurs sourires de poivrots cosmiques ?

Townes braillait sur la banquette arrière de la Pontiac, le Stetson de coin en train de siroter un poison du Tennessee. A ses côtés, son voisin, Uncle Seymour de Clarksville, seul à voir clair en pleine obscurité. Et puis tous les autres, dont j'arrivais à peine à distinguer les voix pendant cette folle chevauchée qui devait nous amener à tourner, tourner encore, au dessus d'Austin jusqu'à l'aube, ou bien midi...

Je ne sais plus, le reste n'est pas très clair. Ni renégats, ni Hors-la-loi, mes amis n'ont jamais quitté la route. Une route souvent sinueuse, toujours encombrée, on en voulait du bitume, de l'asphalte plein la gueule pour raconter la vie. Et les vapeurs à peine dissipées, ça fait du bien un faux bol d'air, ça remet les idées en place le temps d'une illumination.



Telle est l'allure sur les Heartworn Highways, pas de prisonniers, pas de vagabonds le long de la route, juste de vrais gentlemen. Au coeur de ce témoignage, j'ai choisi quelques merveilles :

Le divin au fond d'un verre arrache des larmes à Seymour (video) Des paroles en or massif :
" Sometimes I don't know where this dirty road is taking me
Sometimes I can't even see the reason why

I guess I keep on gamblin', lots of booze and lots of ramblin'

It's easier than just a-waitin' 'round to die


One-time friends I had a ma, I even had a pa

He beat her with a belt once cause she cried

She told him to take care of me, she headed down to Tennessee

It's easier than just a-waitin' 'round to die


I came of age and found a girl in a Tuscaloosa bar

She cleaned me out and hit it on the sly

I tried to kill the pain, I bought some wine and hopped a train

Seemed easier than just a-waitin' 'round to die


A friend said he knew where some easy money was

We robbed a man and brother did we fly

The posse caught up with me, drug me back to Muskogee

It's two long years, just a-waitin' 'round to die


Now I'm out of prison, I got me a friend at last

He don't steal or cheat or drink or lie

His name's codeine, he's the nicest thing I've seen

Together we're gonna wait around and die"

  • "Alabama Highway" de Steve Young (Hacktone records - 2006), je me suis bien habitué aux camions, tout autre moyen de transport parait fade et sans histoire, un joyau

  • "LA Freeway" de Guy Clark (Hacktone records - 2006), pour finir notre chemin en si bonne compagnie
Je reprendrai bien un autre bourbon, les gars...
L'affreux



Townes Van Zandt in Heartworn Highway

Thursday, October 05, 2006

Association de malfaiteurs

Suffit-il d'être bien entouré pour donner le meilleur de soi-même ? Assurément non. Les meilleures intentions ne débouchent pas sur des réussites.

Les exemples de beaux salopards de producteurs ne manquent pas et nous prouvent le contraire. Ils ont pu produire, malgré leur tyrannie, leur avarice voire leur ignorance, les plus beaux joyaux. Ce bon vieux Pygmalion s'est-il voué au célibat et à l'art par dépit, par caractère ou par passion ? A-t-il été puni puis récompensé du fait de sa persévérance ou de son entêtement ?

Les coachs m'inquietent, les gourous et les donneurs de leçons m'emmerdent. Seuls les bonhommes, misérables ou brillants, m'intérressent.

John Edwards a eu de la chance de tomber sur des auteurs-compositeurs de talent, pour mettre en avant sa voix. Parmi eux, figurent en bonne place mes préférés : Sam Dees et Philipp Mitchell. Au final, leur plume fut-elle au service du chanteur, du producteur ou de la subsistance de l'auteur ? Je n'en sais fichtre rien, mais certaines associations sont magiques.

Parchman Prison Band

Avant de devenir le 3ème lead des Spinners, John enregistre pour le compte du label Aware en 1973 un album
éponyme, s'en suivront d'autres enregistrements, non publiés, avant son passage chez Cotillion. Kent a mis à disposition sur le recueil "Careful Man" ces merveilles de l'époque Aware/Bell :


Talents & Dépendances...

Sunday, October 01, 2006

Dear Annette

Le 4 Avril 1977, un avion s'écrasait au milieu de la Georgie. Il ramenait à son bord Annette Snell d'une session de studio. Une tragédie qui nous a fait perdre une superbe voix soul empreinte de gospel.

Originaire de Miami, Annette a d'abord travaillé sa voix au sein de deux formations The Fabulettes et les Mar-Vells (que de créatifs durant la période girls groups !). Remarquée par Paul Kelly, ce dernier convainc Buddy Killen d'enregister quelques singles pour le compte du label Dial de Nashville.


A la 1ère écoute de "Footprints on my mind" composé par le même Paul Kelly, mon choeur a chaviré, vers le point cardinal de mon inclination, la guitare chatouille votre oreille tandis qu'Annette balance tout ce qu'elle peut ,par dessus les choeurs qui ont des gueules d'anges :



Prenez l'autoroute du Sud.