Prosélytisme à la noix
Ils en usent de la salive, de la semelle, à longueur de journée. Véritables champions du porte à porte, ils arpentent la ville, en balaçant quelques balivernes, à ceux qui ont eu le malheur d'ouvrir leur porte. Témoins de la manipulation, de l'abus de faiblessse mais surtout du fric fructifiant sur les comptes de leurs dirigeants.
Le coup du sort, à lui seul, nous a privé de pas mal de soul singers et de soul sisters. Il aura fallu que les Témoins de Jéhovah s'y mettent aussi. Je m'explique.
Jean Terrell est connue pour avoir remplacé Dina Ross en 1969, au sein des Supremes. Avant cela, elle chanté dans les 60's avec le groupe de son frère Ernie and the Heavyweights.
(A noter, pour la petite histoire, Ernie fut celui qui prit le titre à Mohammed Ali, lorsque ce dernier fut explusé par la WBA pour avoir choisi l'objection de conscience. En 1967, ils combattent ensemble. Ernie Terrell a chauffé l' ex-champion en l'appellant par son nom de naissance, Cassius Clay. L'offense est de taille. Au terme de 15 rounds, après lui avoir explosé l'oeil gauche, Ali terrasse Ernie et balance “what’s my name, Uncle Tom? What’s my name?”.)
Mais revenons à Jean, elle quitte le groupe 3 ans plus tard au profit de Scherrie Payne. Débute alors sa carrière solo pour le compte du label A&M, en 1978 sort l'album "I had to fall in love".
Malheureusement, elle quitte la label peu après du fait de ses convictions religieuses, entendez par là les idées à la con des Témoins. Reste un album magique ré-edité par les anglais de Soul Brother Records :
- "No Limit" (1978 - A&M), chant d'amour sublime, je n'arrive plus à m'en passer
C'est quoi ton nom, au fait ?
PS : ça ma rappelle un de mes profs de fac qui avait vécu à leurs côtés, infiltré genre "un flic dans la mafia" qui tourne à "un universitaire au coeur de la tourmente". Quel sacrifice pour un livre...
Calvitie
Certains films ont marqué à jamais mes rétines et tympans, à ce titre ils bénéficient d'une tendresse sans égal, indépendamment du nombre de visionnages. Les comédies musicales y tiennent une bonne place, car elles remplissent mes nuits d'étoiles. Je ré-écoute toujours avec le même plaisir le bande originale "Hair".
En début de semaine, dans des bacs soldés, j'ai trouvé un disque de Galt McDermot, compositeur canadien de cette fameuse pièce pour Broadway, qui a fait son succès.
Ce CD, "Up from the Basement - Unreleased tracks" , réunit des versions dépoussiérées par l'archéologue en chef de StonesThrow, Egon.
Parmi ces compositions pour le théâtre et le cinéma, figurent deux versions inédites de "Hair", au chant apparaît Skinah Muhammad (femme du batteur Idris Muhammad pour les amateurs) :
Impossible de vous quitter sans cette courte scène du film qui voit l'apparition de la chanteuse Cheryl Barnes, elle délivre un vibrant gospel au coeur de Central Park :
Clin d'oeil à mes amis chauves
Un Vendredi sur la Terre
rien à faire vendredi 22 Septembre ? Sonny, Al Capoon Jr et votre serviteur seront aux platines. Marva Whitney sera présente, enfin dans nos coeurs et au coeur de nos sillons...

Reprenons le chemin de la Old School
Rêverie sudiste en pays nordique
Retour sur le concert de Candi Staton du 25 Août dernier, au club Petrol d'Anvers (B).
Pour commencer, le classique "on s'égare sur un ring belge", votre co-pilote fronce les sourcils. Tout semblait si simple sur la carte...Après avoir perturbé le GIGN local en phase de préparation et plusieurs passants courtois pour trouver notre route, la direction "Hoboken" montre le bout de son nez. Le nom doit certainement avoir une parenté avec son homologue du New Jersey, vu que nous faisons face à un quai couvert de contenairs et bordé de bateaux aux originies qui incitent déjà à la revêrie.
La club se trouve en effet dans un entrepôt qui ne paie pas de mine, ambiance "les docks à la nuit tombée". A l'intérieur, Ole Sollied chauffe la salle avec quelques standards et autres belles reprises. Peu avant minuit, le rideau se lève et découvre la taille de la salle, la belle sexagénaire apparait en pleine forme, la voix intacte. Les jeunes chroristes sont éclipsés. Le guitariste assure parfaitement, dans la lignée d'un Jimmy Johnson. Tout est réuni pour mon plaisir, le mélange parfait de soul, de country et de blues. Nous sommes propulsés en plein coeur de l'Alabama.
Elle semble émue, moi assurément.

Pour prolonger cette belle soirée, on commencera par un de mes morceaux préférés de Candi :
- "Too hurt to cry" (1971 - Fame), George Jackson et Candi unis pour le meilleur de la soul
J'adore avoir la chair de poule, cela me rend vivant.
PS :un peu de nouveauté pour les liens : MushroomSoul , Midnight in the west , et loaded to the gills