la case de l'affreux thom

Wednesday, July 26, 2006

Usines

La chaleur étreint la case et ralentit les sorties des affreux...

Ma tendre ville du Nord fut parsemée d'usines, pas que dans sa périphérie mais aussi en son centre. Une à une, elles disparaissent pour ma plus grande tristesse, car c'est un peu du passé qui s'efface avec elles. Sur une 15aine d'années, la même histoire se répète : époque prospère, puis piquets de grève, occupation d'usine, plan social, délabrement puis destruction à la merci des promoteurs. Difficile d'oublier ces ouvriers pleurant au bord du chantier, qui emporte les luttes et les souvenirs fraternels avec lui.
Il y en avait une, immense, au bord du canal, celle où l'infâme professeur de sport du lycée nous emmenait nous "oxygener". Elle est en train de disparaitre de la surface, sans plus de cérémonie. Aucun projet digne de ce nom pour en exploiter l'architecture n'est mis en place, alors qu'on sait tellement bien faire du neuf avec du vieux (sampling).

A une époque pas si lointaine, quelques chanteurs ou chanteuses ont élevé la voix auprès des ouvriers, lors d'épiques interventions bien qu'épisodiques. Parmi elles, se trouvait l'une des plus belles chanteuses soul françaises (sic), une femme fatale, Nicoletta.


Je passerai la partie biographique pour vous livrer quelques extraits fabuleux :

  • "Broadway" (1977 - Barclay), titre plus funky qui convient si bien aux intonations rugissantes de notre french tigresse


Encore quelques semaines, et les dernières pierres auront disparu...

Wednesday, July 12, 2006

On n'est pas sérieux quand on a 17 ans

Que serait la soul sans l'adolescence ? Sans ses émois, ses troubles, sa frénésie...
Ces morceaux si teen résonnent comme des confidences, tout y est toujours tragique, démesuré mais jamais ridicule.

Dans cette tonalité, j'ai eu un vrai coup de coeur pour un trio féminin chicagoan, The lovelites, découvert sur une des compils du label Grapevine. Conduit par Patti Hamilton, le choeur est d'une limipidité rare, touchante. Leur hit reste "How can i tell my mom & dad" produit par Clarence Johnson pour le compte d'Uni/MCA. En cherchant sur la toile, j'ai appris que ce dernier avait publié récemment un recueil "The Lovelite years" des morceaux enregistrés par le trio avant sa dissolution en 1973.


Vous ne pourrez rester insensible à cette voix :


Don't play with toys

Thursday, July 06, 2006

Nos années sauvages

Le rythme des vacances s'est imposé, la chaleur a prolongé involontairement le silence.

Impossible de ne pas penser, au fil de mercure, à nos chers aînés qui patientent en maison de retraite.
Impossible aussi de chasser ces drôles d' images de mon esprit durant ces nuits insomniaques
Impossible donc de ne pas reconnaitre qu'on recherche à 80 ans, les choses qui nous bouleversaient à 20 ans

Impossible de ne pas penser à tous nos vieux nés dans les années 20' et 30' qui chavirent en ce moment au rythme des rengaines de leur passé, des chansons des hirondelles des faubourgs qui fleurissent au gré des "r" bien appuyés et des voix engorgées par l'usure des sillons.


Impossible de ne pas réfléchir au fait que le rock ait plus de 50 ans, et que ceux qui avaient 15 ans à son lancement sont aux portes des hospices. Ceux-ci chavireront eux aussi, dans quelques années, au rythme du R&R, dans des scènes surréalistes où l'acrobatie relevera du souvenir

Curieux d'imaginer que ceux nés au coeur de la techno de la jungle auront les mêmes attentes en 2050-2060, recherchant le souvenir mémorable du summer of love...

Drôle de les imaginer réclamant à l'animatrice ou à l'aide soignante ces bons vieux morceaux de Detroit, de Chicago ou de Londres, qui viennent d'être ré-édités avec un succés aussi retentissant que celui que font les déambulateurs dans le couloir, sur les beats appuyés par le caisson basse du réfectoire...

Hilarant sur ces morceaux que j'ai en tête, ceux qui pirataient les ondes du ciel Londonien au gré des MC's survoltés, ceux d'une Jungle Urbaine, bien avant les errances de la " drum & bass".

Extraits, fermez les yeux et imaginez mes vieux en pleine transe mémorielle :
  • "Original Nuttah" (1994 - SOUR) par UK Apachi avec Shy FX, désolé j'adore ça sans aucune réserve


  • "Scratch yer Hed" (199? - Ninja Tune) remix par Squarepusher d'un titre de DJ Food, ne vous laissez pas rebuter par "l'intro", car la beauté du titre se libère à la 3'13.


Les boites à rythme des Caraibes n'ont pas eu complétement raison de moi, retour à la soul dès les prochains jours...