la case de l'affreux thom

Monday, March 27, 2006

En avoir ou pas

Adaptabilité, Flexibilité, Reconversion...Voilà des mots qui sonnent et résonnent à foison, en ces temps trop modernes.

Une grande dame a traversé le temps, celui du blues, du R'n'B, du R'n'R, de la soul, tout en maintenant son âme, sa gouaille. Avec un air parfois racoleur, elle incendiait les clubs du Deep South, elle faisait passer le whisky siroté aux tables pour du lait. Elle a consumé les yeux des errants par sa rondeur, par son effeuillage coquin.
Dans le pur style shouter, elle a effrayé les petites filles, ému les grands hommes. Du Shout aux Shoots, elle y perdit la vie, par excès, par passion.

Ladies & Gentlemen, voici Big Maybelle :

Au début, était le blues, au début tout commença en solo avec le label Okeh :
  • "Gabbin Blues" (Okeh - 1952), un dialogue avec Rose Marie McCoy, tout simplement croustillant
Puis, avant de partir sur le label Savoy, une dernière merveille pour Okeh, non pas un océan de larmes, mais un océan de vie, généreuse comme Maybelle :


Enfin le virage soul à l'aube des 60's, avec Brunswick :

Et le miracle pour Scepter, avec cette reprise :


Tu nous manques Maybelle, ma belle

Si vous aimez la période Okeh, Brunswick ou juste ce dernier morceau, faites vos courses.



PS 1 : tout don à la case du LP "
The Soul Of Big Maybelle - 1965" paru sur Scepter est le bienvenu.

Monday, March 20, 2006

Elevage de poussière

En cherchant des disques à passer en vue d'une soirée, je suis tombé sur quelques pépites qui avaient échappé à une oreille sûrement endormie, voire pressée, dans tous les cas impardonnable.

La poussière recouvrait la tranche. La nuit était bien avancée, j'étais plus disponible sans doute. J'adore redécouvrir des disques, au calme. Cela m'invite à être attentif, à ne plus dépasser les intros au bout de quelques secondes, à respecter le travail...

Il s'agit de "The Pawn Label Story", disque dédié à quelques singles gravés sur une subdivision du Label Hi de Memphis. Crée en 1974 pour diversifier, mais aussi pour donner sa chance aux artistes locaux en devenir, Pawn ne vivra que deux ans, sans trouver le succès auprès du public sudiste. L'essentiel des chanteurs reprit l'anonymat. A y écouter de plus près, la qualité des interprétations est pourtant indéniable...


Voici ma sélection :

On commence avec une injustice, Jimmy Mack. En dépit d'une voix intense, ses enregsitrements ne feront pas date, la voix sort enfin des oubliettes :


Puis Willie Walker, plus chanceux, qui a pu ré-enregistré à nouveau, grâce à des producteurs passionnés au cours des années 2000, un vrai miracle :
  • "I love her" (Pawn - 1975), un amour contrarié, qui plaide sans discussion pour un retour en grâce de cet émissaire de la deep soul


Et pour fnir, un pur groupe du Tennessee, The Jacksonians, qui délivre au travers de cette "reprise" l'oraison funèbre de Pawn qui s'éteint la même année :

  • "California Dreamin' " (Pawn - 1976), pas une reprise, plutôt une création fantastique, improbable, ne ratez pas la fin.

Laissons la poussière faire son oeuvre

Saturday, March 18, 2006

test

Tuesday, March 14, 2006

Friends And Neighbors

De temps à autre, on se caresse, on chahute, on s'interpelle... On hurle, on se perd en digressions, on s'engueule. Parfois, on se congratule, on conspue, on s'observe...

La vie des audioblogs est palpitante. Souvent, les posts ou commentaires des uns en évoquent d'autres. Echos, Boomerangs de cette étrange communauté immatérielle.

Garrincha nous a fait récemment profité d'un mix dont la maison, aussi bien refuge que prison, constitue le thème. J'ai choisi deux morceaux en prolongation de ce post, deux singles de 1er choix. Marlena Shaw donne sa version :

  • "Waiting for charles to come Home" (Cadet - 1967), une face B, face cachée d'une attente interminable, celle d'un amour aveugle et dévoué depuis le domicile conjugual...
  • "The house that Jack Built" (Cadet - 1969), encore une face B, celle de "California Soul", la maison et l'attente au coeur, froide, glaçante


Lors d'un post sur une compil très très deep soul, quelques coeurs avaient basculé face à tant d'émotions. Fernet-Branca avait souligné à ce propos que "la beauté nous a été donnée en abondance" et que "si nous parvenions à ne plus oublier, nous ne nous sentirions plus jamais seuls".
Il est vrai que la solitude constitue un thème récurrent de la soul, et de la musique en général. Cela mériterait un ouvrage complet, tant les variations sont infinies. Chanter la solitude c'est le début de l'empathie et de la compagnie des cieux, quand la beauté s'emmêle.


J'ai choisi pour prolonger ce post, Mr Lonely Himself, j'ai nommé Bobby Vinton qui ne devrait pas déplaire au Révérend, je pense :

  • "Mr Lonely" (Epic - 1964), à bout de souffle et sous le piano, la solitude est toujours bien entourée.

Difficile de vous quitter, sans une reprise de cette chanson, de celui qu'on qualifiait jadis de "Monument National", qu'on identifie désormais sobrement de "Belge", j'ai nommé Mr Johnny Hallyday :



Difficile de rester seuls avec des voisins et des amis sans pareils...

Thursday, March 09, 2006

Le triangle des Bermudes - Pt.2

A force de s'aventurer un peu trop profondément au coeur du triangle des Bermudes, la case s'est endormie pendant quelques jours...

Reprenons donc notre voyage au travers du catalogue d'Excello et de ses riches subdivisions :


Avec une pure merveille vocale pour débuter, une Marva Whitney dévêtue, libérée de l'obsession des déhanchements funky, une Reine sans King et sans trône, "la Mariée mise à nu par ses célibataires, même". Une écoute multipliée à l'infini :




Toujours dans ce registre, la jeune Shirley Brown, un an juste avant sa renomée via Stax et son "Woman to Woman", enregistre en 1973 deux singles pour A-Bet, dont un unreleased, tout en maitrise et un vrai sens du swing oblique :


Et pour finir, la grande artillerie, avec un Bobby Powell au sommet de sa forme, soutenu par un orgue à sa mesure, si vous cherchez encore le sens du mot Soul, laissez vous emporter par mon ami Bobby :


Je n'ai toujours pas envie de sortir du triangle des Bermudes. Toujours plus au Sud !

Ceux qui m'aiment prendront le lien...