la case de l'affreux thom

Tuesday, February 28, 2006

Le triangle des Bermudes - Pt.1

Mon rêve sudiste a parfois eu lieu : une fusion de country, de R'n'B et de soul...

En 1951, Ernie Young, propriétaire d'un magasin de disques à Nashville, largement soutenu par un partenariat avec la radio WLAC, fonde Nashboro puis Excello Records. Il était alors âgé de 57 ans, suivant les pas de Randy Wood, patron de Dot Records, il contribua à la diffusion du gospel, du blues et plus tard de la soul sudiste.
En 1967, A-bet, subdivision Soul du label, est crée par Shannon Williams qui avait senti le pouvoir commercial de ce crossover. Suivront ensuite Nasco et Mankind. Ce croisement des meilleurs instrumentistes du Sud et des interprètes noirs a permis l'existence de pures merveilles.


Un vrai triangle des Bermudes de mon coeur : Nashville-Memphis-Muscle Shoals. Au centre, toute la richesse de la musique de ce pays a laissé des voix s'exprimer au travers des âges et au delà du Mississippi.


Nous commencerons avec Roshell Anderson, ce type est doté d'une voix chaude, intérieure, presque étoufée qui ne suit aucune rythmique humaine. Plus guidé par les traces séraphiques que par la batterie, il signe une performance vocale sans équivalent :

Nous poursuivrons avec Kip Anderson, sans aucune parenté avec le précédent. Orginiaire de Caroline du Sud, c'est son titre le plus célèbre que nous partagerons ensemble. Il définit ici pour toujours le mot empathie :


Et pour clôturer cette première série, Johnny Truitt qui manie aussi bien le hurlement aigu que le grognement sourd pour notre plus grand plaisir :

Le mystère du triangle reste entier...

PS : vous trouverez tout cela sur ce disque, mais ne l'achetez pas à ce prix !

Sunday, February 19, 2006

The other side (1974 -2006)


Les cieux sont peu cléments depuis plusieurs mois. Je viens d'apprendre une terrible nouvelle, Lynden David Hall, une de mes voix actuelles préférées vient de s'éteindre à 31 ans :


Le futur s'obscurcit un peu plus

Dope on Plastic

Nous aurons toujours besoin des disques, enfin j'en aurai toujours besoin. La sang et la sueur, le bruit et la fureur sont indissociables du plastique. La dématérialisation de la musique semble aujourd'hui prononcée, sentence plus proche du modèle économique que de mon mode affectif.

Mon cher facteur a déposé cette semaine un magnifique objet, la compilation Deeper 'n Sweeter. Elle comprend deux disques, l'un dédié aux cracheurs de feu, voix enflammées et torturées, l'autre disque en miroir dédié à l'Harmony soul. C'est un album incandescent, rempli de sentiments violents. Après l'écoute, divers organes trainent à vos pieds, tellement ces gars ont tout donné, allant jusqu'à expulser leurs entrailles pour d'obscurs labels. La dématérialisation, on ne connaît pas.


Seul regret, la pochette, aucune indication de dates et de labels de ces 45t qui crépitent autant que leurs interprètes :

  • "I' m Lonely" de Nelson Sanders (196? - ??), tout simplement incroyable
  • "Pick yourself up" de EG Taylor & the sounds of soul (196? - Val), l'errance comme seule alternative
  • "Young, Dumb" de Curtis Blandon (1967 - Tower), rite initiatique

Deeper & deeper...

Tuesday, February 14, 2006

James Yancey aka Jay Dee aka J Dilla - 1974 - 2006.

Vous l'aurez sans doute remarqué, la nuit est plus étoilée que jamais. De grands noms de la soul ont rejoint l'obscurité ces derniers mois, leurs voix résonnent désormais au coeur des sillons.
Un jeune et talentueux faiseur du hip-hop vient malheureusement de les retrouver, de manière abrupte, vol arrêté en pleine course.
La case ouvre ses portes à Sonny, qui a souhaité saluer Jay Dee de ce post :

"Quelle claque !

En allant « digger » sur le site de Fat Beats Records, une photo de Jay Dee amaigri m’apprenait que l’un des producteurs de Hip hop les plus talentueux de tous les temps avait disparu.

J’ai eu l’impression de perdre un cousin, un ami, un compagnon de galère. Il faut dire que je suis ce mec depuis plus d’une quinzaine d’années, il a rythmé une bonne partie de ma vie, mec !

Depuis quelque temps déjà, la scène hip hop laissait, pour mon plus grand bonheur une part d’expression et de notoriété aux producteurs tels que Prince Paul, DJ Premier, RZA, Madlib, Kanye West, Hi Tek, 9th Wonder, Pharell,…


Jay Dee pose les couverts

Nous pouvons aujourd’hui avoir une reconnaissance fière et éternelle à l’un de ces fers de lance. En priorisant la qualité et le feeling à la quantité et au pognon, Jay Dee officiait au sein de pools comme The Ummah (A Tribe Called Quest) ou encore de The Soulquarians (Questlove de The Roots, James Poyser et D'Angelo,…).

Son beat si particulier offrait des mines d’or aux flows de mes artistes favoris comme The Pharcyde, De La Soul, Q Tip, Common, Talib Kweli, Keith Murray, Busta Rhymes, Mad Skillz and many more.

J Dilla s’invite à table

Alors qu’il aurait pu se contenter de rendre au titre de « classiques » les opus sur lesquels il exerçait son talent, J Dilla prit son second souffle avec des projets de en plus en plus personnels : "Welcome 2 Detroit" restera dans nos mémoires grâce à l’ouverture d’esprit du label anglais BBE qui a osé miser sur des DJ producteurs à travers sa série d’albums Beat Generation (King Britt, Marley Marl, Pete Rock, Larry Gold, DJ Spinna et Jazzy Jeff et Will.i.am.)

Son groupe Slum Village ramena tout ce petit monde du hip hop, de plus en plus sclérosé, à l’essence de notre culture par la sortie de Fantastic Volume 1 et 2, sortis malgré des galères de label, de fric (le hip hop est bien le petit frère de la Soul music !)

Saluons son travail avec le génie Madlib sur « Jaylib » en 2003 sur StonesThrow et « Best Kept Secret " sous le nom de J-88 EP sorti en 2000 sur Groove attack.

James Yancey s’excuse

Son dernier souffle vient de se matérialiser cette semaine par la sortie de l’album d’instrumentaux « Donuts ».
Putain, c’est tôt quand même…









Quelques « bullets » dangereuses … que pour vos oreilles

  • Un classique du jazz vocal à la sauce Jay Dee. un pur bonheur après 45'' d'intro live
"Look of love Pt.1" sur l’album J-88 "Best Kept Secret"


  • Jay Dee supporter de Mumia Abu Jamal, « la voix des sans voix ». Fucking country!
“Fuck the police” sur le maxi Jay Dee "F**k the Police" b/w "Move" 12"


  • Avec Common sur une mélodie de Bobby Caldwell sur l’album de Common
"The Light"

    • Un morceau très représentatif de son style
    Remix de "Secret of the Sands" avec le groupe de Cincinnati Mood


    • Un autre remix pour le compte de Toshi Kubota
    " Nothin but your love" (Epic - 2001)


    Toutes ces merveilles
    sur fatbeats.com

    by Sonny

    Tuesday, February 07, 2006

    Mon cousin, ce héros

    Un cousin dans le Business, c'est le coup de pouce rêvé.

    Jackie Moore le sait bien. Après la déconvenue de singles enregistrés pour le compte des labels Wand et Shout en 1968, elle retourne dans sa Floride natale, auprès de son cousin Dave Crawford qui vient d'achever des enregistrements pour Atlantic au studio Criteria de Miami.

    Ensemble, ils gravent un simple en 1970 dont la 1ère face "Willpower" passera complétement inaperçue, jusqu'à ce que un DJ fort avisé exploite la face-B "Precious, Precious", pour en faire un tube qui dépassa le million d'exemplaires. Plusieurs 45t suivront, avant l'album "Sweet Charlie Babe" de 1973, toujours sous le contrôle du fameux cousin de Miami ou de Bunny Sigler à Philadelphie.
    Les ventes s'effouflent, Jackie rejoint ensuite le label Kayvette pour un album qui deviendra son 2nd carton en 1975 "Make me feel like a woman".
    Ensuite, comme à l'habitude, c'est la passage au Disco pour Columbia à la fin des 70's. End of the story.


    De la période Atlantic, je n'ai pas retenu les singles plus connus, mais les titres qui m'ont le plus touché sur le magnifique album de 1973. Jackie déballe une voix assurée, scandant ses vérités à qui peut l'entendre :

    • "If" (Atlantic - 1973), de loin my favorite, une pure magie à partir de la 1'45, les âmes insensibles peuvent s'abstenir.


    Bien à vous
    L'affreux