Marsploitation
Les soundtracks de la Blaxploitation dépassent, pour une partie d'entre eux, la qualité des scénarios de ce qui fut une courte vague d'écrans noirs. Je suis pas un grand fan, car les figures qui en ont fait le succès s'y répetent souvent à l'infini, même si j'en reste un spectateur curieux.
Pour ce 2nd volet consacré aux musiques de films, il m' a semblé important de revenir, surtout pour mes lecteurs non-francophones, sur une BO qui restera plus longtemps dans nos coeurs que son film. Véritable chant d'amour à la musique noire américaine, la bande son de "Comme un aimant" signée Bruno Coulais et Akhenaton réussit à sortir des voix soul de l'oubli dans une orchestration à la fois moderne et respectueuse des aînés. Dans le enceintes, se déroule la concrétisation du rêve d'un grand amoureux de la musique, passerelles inespérées entre un chez soi, New York, Memphis et Philadelphie.

L'oreille est ici avisée, pour projeter Gerald Alston ou les Dells dans cette résonnance, croyez-moi, il faut de l'imagination et de l'amour. Pour Millie Jackson, Marlena Shaw, ou Isaac Hayes, c'est plus évident. C'est un vrai disque de passionné, l'énergie déployée pour le concrétiser laisse sa trace dans les moindres recoins. Un projet magnifique.
Assis sur un banc :
- "Sugar" (2000 - Delabel), un Gerald Alston retrouvé
Tel le fer et l'aimant...
L'affreux
Au Balcon
L'adagio et vos derniers commentaires m'ont donné envie de prolonger les notes de musiques de films.
Pour ce 1er volet, je vais donc tenter un pirouette syncrétique, eh oui Mesdames et Messieurs, le tout en S : Shakespeare, Soundtrack, Soul, Sol Invictus...
Shakespeare : la tragédie comme mode de vie, mon coeur palpite et chavire à chaque fois
Soundtrack : puisqu'il s'agit de la bande originale, signée Nino Rota, de l'adaptation "Romeo & Juliet" par sieur Franco Zeffirelli
Soul : la version moderne de ce thème, on la doit à un grand connoisseur
Sol Invictus : ce messieur, c'est Akhenaton, qui délivre un texte incandescent sur une boucle hypnotique
Clin d'oeil à Bigbobbo (from Mars) et à Sonny
L'affreux Capulet
Band of brothers
Je dois vous confesser que j'aime les films de guerre, eh oui. Plusieurs raisons expliquent cet engouement :
- l'enfance. Petit, je me souviens de nombreux films de guerre et des westerns qui agitaient mon imaginaire, les quelques soirs où la télé était accessible.
- L'amitié masculine, elle y joue un rôle central, poignant.
- Les héros n'y existent pas, des hommes ordinaires confrontés à des situations inhumaines se révèlent tour à tour couards, téméraires, suicidaires...Dieux en somme, là il n'y a plus de trace de l'espèce.
- la bande son, pas celle des canons de Navarone
Nul n'ignore que les noirs furent sur-représentés dans le conflit Vietnamien, dans les unités les périlleuses. Ceci laissa une trace dans des titres soul, toujours brûlants, parfois brûlots. Le recueil "A soldier's sad story - Vietnam through the eyes of black america" paru chez Kent contient parmi les plus émouvants morceaux sur ce thème :
- "Sam Stone" (Cream - 1973), Swamp Dogg y livre une vision déchirante d'un voyage au bout de l'enfer
- "Let's face facts" (Goldwax - 1975), James Carr, les larmes surgissent inévitablement avec les cordes.

- "He'll be back" (Minit - 1966) par The Players, l'harmonie au service du message
Impossible de vous quitter sans le Kronos Quartet :
- "Adagio" de Samuel Barber (1988 - Elektra)
Eprouvante sélection, isn't it ?
Le hollandais planant
Le temps est maussade, un temps à ne pas mettre un chien dehors.
Pluies et nuits sont au programme de mes jours, sans aubes ni crépuscules pour voir que l'horloge a tourné à vide. Presque une obscurité polaire, infinie...
Temps de sortir à l'artillerie lourde, celle qui fait apparaître les arcs en ciel par delà les paupières, qui amène spiritualité et vie dans les endroits mornes.
Place donc à Leon Thomas, un individu libre, créatif qui vous donne l'energie nécessaire au bon moment :
- "Song for my father" (1969 - Flying Dutchman), le classique d'Horace Silver revisité, habité et charnel
Les yeux fermés, le coeur ouvert PS : a vos agendas sonores
Breakestra - Courtrai (Bel) 23/02 - De KreunAlice Russell - Courtrai (Bel) 10/03 - De KreunLeela James - Bruxelles (Bel) 03/04 - AB
Ingratitude & Infortunes
A la recherche de voix oubliées, on tombe parfois sur des groupes qui ont accumulé les coups tordus et jouaient de malchance.
Deux ans après avoir quitté Motown, le trio Holland-Dozier-Holland put à nouveau inscrire sa marque dans l'histoire de la musique soul au travers des labels Invictus et d'Hot Wax, une fois les problèmes juridiques résolus avec Sieur Gordy. De mon point de vue, cela ne constituera pas forcément leur meilleure période, d'autant que les artistes maison Chairmen of the Board, 8th day, Honey Cone, Glass House, Freda payne... semblaient un peu interchangeables à l'infini.
Les moins chanceux de ce label furent sans doute les Glass House qui verront des tubes leur passer sous le nez, comme "Want Ads", au profit des Honey Cone. De quoi être aigri, même après un succés comme "Crumbs off the Table". Peut-être est-ce la raison de la durée de vie très courte de ce groupe composé de Scherrie Payne, Ty Hunter, Larry Mitchell & Pearl Jones. La légende veut que Eddie Holland en train de convaincre Freda Payne au téléphone entendit sa soeur Scherrie au piano et au chant qui cherchait à obtenir son attention. Avec succès, HDH créa le groupe autour de cette soeur inspirée, qui poursuivra sa route à la fin des 70's pour le compte des nouvelles Supremes. La boucle est ainsi bouclée.
J'ai choisi deux titres de Glass House qu'on entend rarement, en dépit de leur excellente qualité :
- "I surrendered" ( 1971 - Invictus), une intro et un piano qui mettent vos oreilles au garde-à-vous, merci à Greg Perry
Si vous êtes conquis, c'etait par là
Let's get Stoned

En ces temps troublés où on parle beaucoup de labels, des majors, de distributeurs et des DRM, nous ferions bien de nous souvenir de producteurs/distributeurs au nez creux, uniques et moins troublants que leurs contemporains.
Henry Stone restera dans l'histoire du disque en tant qu'un des patrons de labels independants qui ont cartonné dans les charts mais aussi un boss de la distribution qui avait dans son giron la crème des crèmes. Citons TK bien entendu, mais aussi Alston, Glades pour lesquels j'ai une admiration profonde. Nous devons au patron du Miami Sound les débuts de Ray Charles, Sam & Dave, James Brown mais aussi les miracles de Betty Wright, Latimore et Gwen McRae...
Tout cela partira en fumée avec le "Disco is dead" au début des 80's, henry Stone oubliera les disques de platine et l'empire qu'il avait monté. Toujours actif au travers du label "The legendary henry Stone Records", il met à disposition des pochettes très cheap côté design mais des enregistrements incandescents des années 50 à 70.
J'ai choisi JP Robinson parmi le catalogue, qui a gravé des 45t fabuleux pour le compte d'Alston grâce au travail de Willie Clarke et Clarence Reid. Comme les étoiles filantes, il est difficile de retrouver sa trace, mais sa voix brille pour toujours dans mes nuits : Plus tard sur un autre label : - "George Jackson" (1972 - Atco), superbe texte sur une justice en noir & blanc, surtout pour un vol d'un montant de 7$
Pour les amateurs de coeurs en miettes, vous passerez bien ici ou là
les fêtes de l'ambassadeur...
...sont toujours réussies.
Les titres sont souvent pompeux, difficiles à porter et vous collent à la peau, à votre corps défendant. Certains sont ronflants, honorifiques, d'autres ridicules ou sympathiques.
"Ambassadeur de la soul", britannique de surcroît, voilà un titre pour lequel il faut être à la hauteur. David Nathan le porte fièrement, au travers de son travail de journaliste, d'écrivain, de critique. On lui doit des ré-éditions d'albums, qui sont de véritables pierres précieuses de ses chères Soulful Divas.
ça faisait un moment que je cherchais désespérément un morceau de Dionne Warwicke, eh bien ce cher David a publié en 2005 un remaster de l'album "Just Being Myself" sur lequel figure le dit bijou. Cet album est le 2nd que Dionne a gravé pour le compte de Warner, en 1973.
Aux manettes, le trio infernal Holland-Dozier-Holland qui emporta Dionne dans une tourmente inconnue, loin des chemins balisés de Burt & Hal...Un album court mais intense.
On écoute :
Excusez-moi, c'est de quel côté le buffet ?
Sufficit cuique diei malitia sua
A chaque période correspond sa peine, impossible de passer à côté des mauvaise/bonnes résolutions pour cette année à venir. Je vous épargnerai néanmoins les poncifs intimes du genre : une vie plus saine, plus équilibrée, concentrée, loin des excès...Tout un programme.
Tentons une liste pour la case :
- S'obstiner sans relâche, suivre l'étoile, jusqu'à perdre son souffle dans la distance
- Chercher, fouiller, dépoussiérer, se faire l'écho des chants oubliés, ad vitam
- Poster à ma guise des textes très longs ou très courts, ne vous en déplaise chers détracteurs
- "Ceci n'est pas un jukebox"
- Répandre plus de country, océan plus immense encore que la soul
- Répéter l'amateurisme de la case, je me fous des obscurs 45t et des discographies dévoilées à la bougie, tout doit être accessible (vs spécialistes).
- Prolonger la case au travers d' un projet ou d'une activité plus ambitieuse
- Rappeler aux silencieux et aux timides que c'est un espace interactif d'amour et d'émotions, qui a besoin d'un ptit mot de temps en temps
- Essayer de vous transmettre les claques qu'on prend de disques en disques
- Conserver l'énergie
- une case plus "cabin", one day

Pour fêter cette annnée qui débute, j'ai choisi deux illustrations dans le droit chemin de ces mauvaises/bonnes résolutions : - "You won't support me" (1976 - Stang) par Mill Street Depot, Dietra Farr au chant résonne pour toujours, un frisson dans la nuit.
Vous retrouverez tout cela sur cette excellente compil du magazine In The Basement.