En chair et en os
Adeptes de la métempsychose, des mues diverses et polymorphes, des transformations hallucinées, ne manquez pas le coche :
L'affreuxthom sort de sa case, pour revêtir ses habits de lumières, pour prendre la forme d'Afrothom, en compagnie de ses fidèles compagnons Al Capoon Jr, Sonny et Dee Moon.

Pour en savoir plus, rendez-vous au coeur du plat pays.
Déjà un adepte, que je remercie vivement.
Une année, pour de vrai
Regarder en arrière, à la recherche des meilleurs moments, un goût amer dans la bouche laissé par l'injustice de ceux oubliés pendant un instant sûrement trop long.
Ou regarder vers l'avenir, course effrénée pour s'oublier une nouvelle fois, pour repousser l'ennui terne du quotidien...
Ou bien continuer à y regarder de plus près, cherchant à vivre encore plus fort, à comprendre les tourments du coeur sans finalement y voir plus clair. Mais par dessus tout, une volonté intacte de frissonner et de partager maux et merveilles, sans maîtriser l'impact de ces bouteilles à la toile.
Ce dernier choix a été retenu pour l'anniversaire de la case, en vous livrant des morceaux qui m'accompagnent sans relâche, fidèles Soul Sompanions.
Pour débuter, une voix ravageuse, un Dieu, Eddie Holman, un donneur de leçons qui fait passer Al Green pour un comique, qui fait chialer les toughs guys du hip hop, avec qui nous pourrions passer une nuit entière, remplis de l'ivresse procurée par le falsetto :
Pour les survivants, le morceau qui suit, je l'écoute toujours les poings serrés, debout, les yeux fermés pointant un invisible responsable. Un Otis Clay, époustouflant, qui ne mâche pas ses mots, un cri blessé :
Les plus résistants restent à l'écoute, avec un Gene Chandler cerné d'âmes damnées, s'essuyant les larmes sur ma manche droite :
Plus proche encore du magma soul, The Persuaders au coeur de la tourmente, pure harmonie capable de renverser les plus têtus :De lui, j'aurai pu choisir le monument "A nickel and a nail". Un OV Wright doté d'une retenue plus touchante que les criards :Mon vieil ami, Jimmy Ruffin, les rêves déchus, en bandoulière, toujours la même puissance, après des ré-écoutes à l'infini :
Un être trop rare, touchant et triste, Mike Williams cherchant à convaincre :Celle perdue parmi les fantômes d'une mythologie personnelle, Doris Troy :Et pour clore cette fête, une contraction aortique ultime de Bill Brandon :Ce post est dédié à Skim et Stzz qui peuvent regarder vers l'avenir, en souriant.Merci à tous lecteurs de la case, les réguliers, les silencieux et ceux à venirBien à vousL'affreux.
PS : vous trouverez certains de ces titres chez l'épicier habituel, dessous, dessus, derrière, voire devant, ou en pleurant devant la vitrine.
Depêchez-vous, les morceaux ne seront disponibles que quelques jours.
J-2
Plus que 2 jours, la case soufflera sa 1ère bougie.Patience..
Faux Frères
Après Magnum, reprenons le fil du catalogue Jamie.
John Ellison est né en 1941 en Virginie, cherchant très jeune à fuir un carrière toute tracée dans les mines, il rejoint vite l'état de New York avec l'espoir de vivre de la musique. Enchainant les petits boulots, il ne tarde pas à trouver sa place au sein de petits groupes locaux.
Les Soul Brothers Six naissent en 1965, enregistrent pour le label Lyndell de Philadelphie, attirent l'attention avec le futur tube "(she's) some kind of wonderful". Et Atlantic rafle la mise, le groupe ne retrouvera jamais l'audience de ce single, après quelques 45t ils se séparent.
Au début des 70's, Ellison (au mileu en haut sur la pochette) reforme une nouvelle version des six faux frères pour le compte du label Phil-LA of Soul, puis pour GRT, qui disparaitra en 1978. Il continuera nénamoins à tourner en solo, jusqu'à ce jour.
La voix lead d'Ellison est posée, envoûtante de douceur, j'ai retenu quelques perles à votre attention :
Le choix fut difficile, car tout l'album est de grande facture.
Super, Jamie.
Mable, ma belle
ça m'avait laissé une curieuse impression quand je fouillais dans les bacs à la recherche de disques de Dionne Warwick. En tombant sur ses vieux 45t, quelle surprise de voir que la fille sur la pochette était blonde... Le marketing a toujours été redoutable.
Sa voix est restée une compagne fidèle, pas simplement une fille d'à côté, une de mes chanteuses préférées tout simplement.

En écoutant récemment Mable John, ma vieille reine a failli être détrônée d'un coup sec, par un chant incandescent. Mable est née en 1930 en Louisiane, avant de suivre les migrations de la famille John, au pays du travail, l'Arkansas puis la Motor City. A la maison, tout le monde chante, le frère Little Willie John se lance le 1er dans le R&B au milieu des années 50. Pendant ce temps, Mable fonde une famille de 4 enfants, tout en continuant le gospel et l'écriture de chansons. Elle doit à Etta James de l'avoir lancé sur la route en 1ère partie des concerts son frère.
Pour la petite histoire, avant de basculer sérieusement dans la chanson, elle travaille dans les assurances pour le compte de la mère de sieur Berry Gordy ! Quand ce dernier lance Tamla, Mable est la 1ère femme signée sur la label. Pour ses débuts à New York, elle fait la 1ère partie de la Dame au gardenia, Billie, qui lui prodigue conseils et affection. Ses interprétations pour Tamla ne sont pas mes préférées. En déménagement à Chicago, elle fait la connaissance d'Al Bell, qui la prend sur Stax.
Et là, le miracle vocal se produit, la symbiose avec le duo Porter-Hayes est parfaite, ces derniers la font parler des nuits entières pour cracher des compositions sur mesure, jusqu'à l'épuisement. Elle raconte que David Porter allait même jusqu'à la frapper sur le dos ou les bras, pour sortir des ses cordes vocales, le son tant espéré lors des enregistrements. Le résultat de ces sessions et d'autres enregistrements vous le retrouveraient sur le sublime recueil "Stay out of the Kitchen".
Par la suite, elle deviendra une des Raelettes de brother Ray, puis tomba dans la religion et la psychologie...
Pour mon plus grand plaisir, on dégustera ce soir :
- "Able Mable" (1966 ou 68 - Stax), cette chanson me rend fou, complétement fou
Merci pour tant de bonheur
Clin d'oeil à la Kramer Family
Can we all get along ?
L'atmosphère reste chargée et triste au travers des fumées noires qui envahissent le ciel. La peur, la désespérance accompagnent les passants, au milieu des décombres, sans l'espoir d'une solution pérenne.
Les armes résonnent dans le silence. Si le monde entend les détonations, nombreux sont les sourds qui prennent la parole.
On écoutera au moins ce soir un groupe dont on ne sait pas grand chose, il s'agit d'un classique, Magnum et son album "Fully Loaded" :
Nuits Noires
Pois chiche
Le poil encore dressé, le coeur toujours en alerte, après ce beau concert de Betty Lavette, je suis forcé de revenir à cette soul qui déchire les âmes, les esprits et leurs fantômes.
Cicero Blake est né en 1938, à Jackson, Mississippi. Comme nombre de familles à la recherche de l'Eldorado, Cicero, très jeune, rejoint Chicago. Adolescent, il se lance dans le chant au travers d'éphèmeres groupes vocaux avant son passage dans l'armée de l'air. Au début des 60's, il commence à enregistrer pour les labels Renee, Brainstorm, avec aux back up vocals les futurs Dells ou Emotions. Il passe ensuite sur Tower, filiale de Capitol, puis sur Brunswick.
A la fin des années 70', Cicero prendra un tour plus soul-blues, enchainant les tournées, au déclin de notre musique vénérée. Une fois de plus, est-il nécessaire de vous rappeler l'excellent travail du label Grapevine qui nous permet de bénéficier de merveilles oubliées ?
Votre coeur saigne d'avance, alors taisez-vous :
Sortez vos mouchoirs et cachez vos blessures au sein de ce refuge "Here commes the Heartache"."Tu perds ta peine, douleur; si importune que tu sois, je n'avouerai jamais que tu sois un mal."
Clin d'oeil à mes voisins belges, notamment à Dom qui était peut-être dans la salle ou bord du Fleuve Niger.
Rosa et ses soeurs
La manière "affreuse" de rendre hommage aux prénoms enflammés de l'Alabama, à des prénoms synonymes de lutte, de conviction et de combats : Rosa, Angela...
...c'est juste de vous offrir un morceau d'un autre natif de cet état, Larry Saunders.
Extrait d'un obscur album dédié à la récolte de fonds pour libérer Angela Davis au milieu des 70's, en compagnie d'autres interprètes (rapprochements saugrenus à l'écoute), voici un extrait de son talent, de sa voix injustement mésestimée :
Larry a fait une ré-apparition soudaine en 2005, sur l'album "Craft" de Blackalicious, en compagnie de sa fille Ledisi. Sa place aurait dû être parmi les très grands.Vous trouverez ce bijou, chez Dusty.