Soul's Kinda Town
Nous avons déjà évoqué en ces pages l'excellent travail de Carl Davis et d'Eugene Record, pour le compte du label chicagoan Brunswick. Brunswick contient des morceaux très chers à mon coeur, je me suis aperçu d'une injustice : rien n'a été posté sur les sublimes réalisations du groupe The Lost generation.
Composé de Lowrell Simon, Jesse Dean, Larry Brownlee et Fred Simon, le groupe est lancé en 1969. C'est le single "The sly, slick and the wicked" une année plus tard, qui met en lumière ce quatuor inspiré. L'album du même titre sort dans la foulée, suivi en 1972 du 2nd opus "Young, Tough and Terrible". Malheureusement, ils se séparent en 74, Fred et Larry rejoignent le groupe Mystique pour le compte de Curtom, Lowrell en solo, écrivant pour d'autres Barry White, Gene Chandler, les Dells...
Ecoutez ce classique, cette merveille indispensable à toute discographie soul :
la génération perdue vous attend là
Un gars bien
Vous vous souvenez avoir dansé sur "Walking into sunshine" de Central Line, hit du Brit Funk. Mais si...
Camelle Hinds y tenait une place essentielle, en tant que bassiste. Au milieu des 80's, le groupe se sépare, il travaille alors pour The Style Council, avant de former le groupe Hindsight pour un seul album.
Puis il travaille pour les autres, à l'écriture ou à la basse : Paul Weller, Leon Ware...Il enregistre un album solo "Soul Degrees" au Japon, dont une partie des chansons sera reprise pour l'album "Vibe Alive", enregistré en 1999 pour l'excellent label anglais Expansion.

Cela m'a pris un temps pour remettre la main sur cet album, vous ne le trouverez que d'occasion. Camelle y déploie une voix enchanteresse et nuancée, difficile de faire plus soul dans les aigus.
Son titre le plus connu, issu des sessions japonaises, "Sausalito Calling" est un don de Dieu. Un Dieu qui se balladerait dans une décapotable, à l'allure alanguie, assomé par les Blue Lagoon, sous l'ombre des palmiers. Une brise lui rafraichissant la nuque, une nuque fatiguée de se retourner sur les corps ensoleillés...Illuminations
Je vais au bord de l'eau demain, c'est sûr
Hoagy : les bons tuyaux
En écoutant la compil dédiée au travail du producteur/compositeur inspiré Bert Berns, découverte sur le blog hellbounds and holyghosts, un post était bien mérité pour un chanteur de soul peu connu, Hoagy Lands (1936-2002).
Originaire du New jersey, Hoagy est assez représentatif de la scène soul de New York dans les années 60's, il a enregistré des singles pour Laurie, MGM et Spectrum. On sait peu de choses de lui, il a dû faire partie du revival northern soul en Angleterre. Pour la petite histoire, son petit-fils est Jaheim, le chanteur de nu soul.
A votre oreille :
C'est pas facile à trouver, mais ça vaut le détour, vous trouverez deux morceaux sur la compil mettant à l'honneur le fameux producteur. Pour le reste, c'est d'occasion.
Au sommet
A l'ouverture de la case, le 1er morceau soul était dédié au regretté Jimmy Holiday. Un album vient de paraître en CD rendant à nouveau accessible à tous les singles enregistrés entre 1963 et 1965, pour le compte du label Everest. Le monde étant petit, on doit à Ed Townsend la production de ces singles, et parfois les chansons elles mêmes.

On écoute :
- "How can i forget" (1963 - Everest), tout a commencé là
- "Don't laugh" (196? - Everest), le style vocal qu'on retrouvera sur ses productions Mint est dèjà présent dans ce morceau
Pour les fans de Jimmy, c'est ici, et pour les étourdis, c'est là.
From the top
Peu de posts ces derniers temps, mais des fouilles actives, de riches trouvailles, et d'intimes retrouvailles autour de la platine.
Pour cette reprise, faisons un retour en arrière d'une dizaine d'années , où le hip hop, la poésie, le slam résonnaient intensément, rendant les mots sensibles et solides. Au hasard des pérégrinations, je suis retombé sur un disque, jadis écouté chez l'ami Sonny, régulier des commentaires et peut-être un jour régulier de ces chroniques.
Dana Bryant, spoken wordist, originaire de Brooklyn, a publié l'album "Wishing from the top" en 1996 pour Warner, après l'écho favorable du recueil de poèmes "Songs of the Siren". La diction est parfaite, les textes sont brillants, le corps est radieux. Et depuis cette sortie, je perds la trace, pas d'autre informations sur le net. Si vous en avez, je suis preneur.
Savourons ensemble : Foncez, à ce prix là ce serait un péché
Holidays
Je reviens la sermaine prochaine l'affreux
Un autre gars de l'Alabama
Un nouveau chapitre parmi les voix injustement mésestimées.
Don Varner est né en 1943 à Birmingham, en Albama. Comme nous l'aprennnent les liner-notes de l'indispensable David Cole, Don apprend à chanter à l'école, où il débute au sein de groupes de doo-wop. Il entame sa carrière solo en migrant vers le Nord, à Chicago, où il tourne dans les clubs sans trouver de possibilités d'enregistrement.
De retour au bercail, il enregistre au studio Fame puis au studio Quinvy pour les label Down Beat Records, Quinvy, South Camp...Pris sous l'aide du producteur Eddie Hinton, le singles se succèdent sans grande audience.
Il poursuit des enregistrements pour les labels Diamond et House of Orange, parfois les bandes restent à l'abri des oreilles. Il continue sa route pourtant sans désillusions, avec une persévérance à toute épreuve, satisfait de la richesse des ses rencontres musicales et amicales. Il décède en 2002.
je vous propose deux fantastiques extraits du recueil "Finally Got Over - Deep Soul from the classic Area".
On écoute :
Comme Don, on continue d'y croire
Laisse mes mains sur tes hanches
Vous ne saviez sans doute pas que j'étais un fan d'Adamo, passion transmise par Thom, the beautiful one.Vous ne vous doutiez peut-être pas non plus que je faisais partie d'une communauté d'audiobloggueurs francophones, regroupée autour d'une mailing list et surtout d'un mode fonctionnement commun. L'objet de nos échanges actuels concerne un article récemment paru sur 01net.Cet article indique que la SACEM s'intéresse de près aux audioblogs et réflechit aux solutions à adopter face à cette nouvelle source de diffusion musicale. Je vous invite à lire les articles des mes éminents confrères (ici, là et là aussi) sur le sujet, puisque je partage pleinement les arguments développés. J'ajoute mon grain de sel au sujet.Le développement et le succès des audioblogs tient selon moi à 3 raisons principales :- Le système majoritaire de production et de diffusion phonographique s'est focalisé sur le peu et sur le volume au détriment de la diversité et de la nouveauté. Il faut donc chercher en dehors des sentiers battus pour trouver les pépites, ressentir le souffle de l'émotion et le frémissement .
- les relais essentiels, les disquaires de proximité, ont disparu les uns après les autres. Pour ceux qui subsistent, les rayons diminuent à vue d'oeil, les marges sont trop faibles.
- le haut-débit a modifié les rapports marchands à la musique, effacé les frontières et a ouvert des canaux de diffusion de masse.Je revendique un staut d'amateur au sens littéral, de passionné dont le seul but est de faire partager et d'échanger sur des artistes qui me tiennent à coeur. Ils sont souvent oubliés et poussiereux au fond des catalogues.
Mon énergie est au service d'un amour ruineux de la musique. J'ose croire que cela favorise le vente de disques, la vitalité des labels de passionnés, l'émergence d'artistes nouveaux. Je suis pas dupe des limites, de l'aspect Juke Box que peux revêtir la démarche. Néanmoins, je ne constitue pas une menace, ma démarche est là pour stimuler le désir, d'écoute et d'achats. La situation n'est pas simple, mais Il est temps de trouver une alternative innovante, au delà des réponses binaires et des schémas traditionnels.
Nous sommes des passeurs, à la subjectivité revendiquée, détachés des contraintes maketing et financières, à part celle de notre porte-monnaie bien percé. Nous nous situons en dehors des média traditionnels, utilisant les nouveaux canaux de distribution musicale.
Je me suis livré au même exercice que t-ry de Podaufeu, voici les classements de ventes amazon des disques promus sur la case :
De grâce, laissez mes mains sur les hanches des déesses de la soul, du blues, du jazz...Car leurs voix méritent bien un écho au milieu du silence.
"Vous permettez, Monsieur
Que j'emprunte votre fille?
Et, bien qu'il me sourie
Moi, je sens qu'il se méfie
Vous permettez, Monsieur?
Nous promettons d'être sages"