The Brahim Break
J'ai choisi d'initier une série de dédicaces personnelles au travers des prochains posts, pour cette période estivale.
Nous commencerons avec une série dédiée à l'ami Brahim, qui voue une adoration toute païenne à la boucle "Love Theme from Spartacus". Adoration de cette boucle, pas des peplums.
Difficile de résister au charme mélancolique, de ne pas se laisser emporter par ces quelques notes suspendues. Florilège du thème composé par Alex North :
- une version cultissime, celle de Gabor Szabo, aérienne, publiée sur l'album "Magical Connection" 1970 sur BlueThumb.
Difficile de choisir, n'est-ce pas ?
Si vous avez d'autres versions, je suis preneur...
Lost Friends
Place à un duo d'enfer, Eddie & Ernie.
Ils se sont rencontrés au sein de groupes de gospel dans les 50's à Phoenix, Arizona. Leurs premiers enregistrements consistent à jouer les back-up vocals pour les groupes régionaux. Ils se mettent aussi à l'écriture sans grands retentissements.
Leur 1er single à leur nom sort en 1963 pour le label Nghtingale/Checker. Ils enregistrent plusieurs autres 45 t puis s'envolent pour New York, mais rentrent au bercail sans tarder pour rejoindre amours et destinées. Chacun tente alors la chance de son côté, glanant quelques enregistrements solo.
Eddie gagne Los angeles, Ernie reste seul à Phoenix. Ils se rejoignent à LA dans les 70's pour quelques morceaux sous le nom Phoenix Express.
Eddie décédera d'une cirrhose, plongeant Ernie dans l'errance et la dépression.
Unis jusqu'au bout, au delà des écarts...
Ce duo a quelque chose de magique, ils dégagent une vraie harmonie, touchante, sincère. On s'en fout de l'eternité :
Ace/Kent on sorti ces merveilles sur le recueil "Lost Friends".
Pas besoin de mercure, de tamis, les pépites sont à nos pieds.
On est tous le péquenot de quelqu'un d'autre - Vol II
Reprenons cette serie honnie des Soul Bros...
Avec deux frères du Texas, les Shelton Brothers. Nés Attelsey, Bob & Joe s'étaient répartis les instruments dès le départ, le 1er chant, guitar, fiddle et le 2nd chant, guitar et mandoline. Voilà une affaire rondement menée, au début des 30's, ils se joignent au guitariste Leon Chappelear pour former les Lone Star Cowboys ! Ils commencent leurs 1ers enregistrements et accompagnent Jimmy Davis en studio, en tournée et dans les 40's en campagne électorale. Ils ne tardent pas à trouver une nouveau nom pour leur groupe, un nom plus vendeur, les Shelton Brothers. Le line-up évoluera au gré des années, mais ils remporteront toujours un franc succès jusqu'au début des 40's.
Pas facile à dégoter, je vous conseille les recueils de Fremeaux sur le sujet, dont celui-ci. - "Aura Lee" (1938 - Decca), ça vous dit quelque chose, mais oui c'est bien sûr...
Passons à la suite, le film s'ouvre sur le désert, des voix masculines entonnent "Tumbling Tumbleweeds", puis une voix off prend la main au dessus de Los Angeles pour nous conter l'histoire du "Dude". Ce morceau s'est gravé dans ma mémoire, sûrement dans mon cerveau reptilien, ou dans une endroit encore plus primaire. En écoutant la version de Gene Autry, les images du "Big Lebowski" sont apparues. Ce morceau de cowboy a des vertus apaisantes insoupçonnées, rangez vos onguents et autres musiques naturalisantes :
Gene Autry fut une idole au pays du Far West. Télégraphiste de formation, il débute dans les médicine Shows et quitte son Texas natal pour New York. Pris en charge par les producteurs, il réussit à convaincre, s'engage dans une grande tournée après un carton sur les ondes. Formidable véhicule publicitaire, il ne tarde pas à rejoindre les Studios, où on fait de lui LE cowboy-chantant dans les films aux scénarios les plus extravagants. Ses succès discographiques sont désormais indissociables de ses réussites dans les salles. Néanmoins, il arrivera à conserver dans tout ce mélange marketing, une dimension authentique à ses interprétations qui favorisera l'essort de la country. Il crée différents shows de référence, avec forcément du rodéo. Dans les 60's, il ré-oriente ses activités vers le business, dont une équipe de BaseBall, et son musée du Far West. En somme, un gars à ne pas rater.
Place aux prairies et grands espaces, clin d'oeil au Chevalier Blanc
Brut de décoffrage
En février dernier, j'avais évoqué Geater Davis à propos d'un post sur le chitlin' circuit. Ré-écoutant récemment la compilation "Sadder Shades of blue", regroupant ses singles pour les labels Ace, Luna et Seventy Seven, je me dis que je n'ai pas offert un écrin suffisant à cette voix.
Cet originaire du Texas a fait ses armes auprès de Ted taylor et Spencer Wiggins. Sous l'aile du label House of Orange, sortent des singles puis l'album "Sweet Woman's Love". Repris peu après sur le label Seventy 7, il enregistre des 45t fabuleux qui ne touchent pas les charts.
Les parralèlles avec les voix ou les thèmes de Bobby Blue Bland ou de Johnnie Taylor sont évidents, néanmoins le chant de Geater est habité, il met son coeur entier sur la table et mérite en cela autant d'attention que les interprètes plus célèbres. Les reflets sont souvent aussi beaux que les originaux.
Le style est en opposition avec les goûts des 70's, mais il demeure soutenu jusqu'au bout par des producteurs avant le grand retour du soul-blues. Malheureusement, il décède en 1984.
Voici une sélection très subjective :
En regardant les étoiles, peu importe le scintillement, seule compte l'unité que forme ce tableau unique. Chacun trouve alors son chemin, formant ses propres constellations.Merci Geater
Echoes
Le plus fabuleux avec les audioblogs, outre le fait d'écrire le sien, c'est d'être à l'écoute de ceux des autres. A loisir, se laisser charmer, se perdre, rêver ou s'emmerder ferme.
J'ignore combien sont lancés chaque jour, une impression d'immensité relative au vu des contenus et des commentaires qui se chevauchent, mais peu importe. Reste que le temps nous file entre les doigts pour tous les lire et les écouter.
J'aime être surpris de temps en temps, mais la course à l'inédit, au très rare, à l'imprévu ne constitue pas l'unique objectif de ces farfouillements incessants.
Le plaisir est là, lorsque on est en mesure simplement d'écouter un morceau familier, qui nous est cher. Pas une nouveauté, juste ce vieux disque usé jusqu'à l'os qu'on a tant écouté. Je fonce alors sur le texte pour y déceler ce qu'un autre a pu ressentir. Communauté immatérielle, toujours ce fameux lien à nos aieux, à l'autre et au semblable.

Hier, je fus ravi de trouver dans le post de Garrincha sur l'ORTF, la version de Lamont Dozier de son fameux "Going back to my roots".
C'est un standard incontournable dans mes playlists nocturnes, sans ce morceau je suis nu aux platines, quitte à lasser l'auditoire. En plus, Dozier a composé avec les frères Holland une de mes ballades préférées.
Je vous renvoie à d'autres échos :
Merci Alex, Richie, Lamont...
L'été sera chaud - Vol IV
Impossible de l'éviter, de ne pas citer son nom en parlant de tous les autres soul stars du Brésil, Tim Maia (1942-1998) est la référence essentielle de ce courant musical. Suite au retentissement d'un duo avec Elis Regina, il lance un 1er album éponyme en 1970. Il finira par créer sa propre structure pour lancer et diffuser sa musique qui ne réçoit pas l'attention espérée.
A l'image d'un physique généreux, sa musique vous emmène sur des chemins où règnent la joie, l'humour, un vrai fourre-tout surréaliste. Sa voix grave et tendre reste un enchantement .
Généreux aussi dans tous les excès, sa mauvaise santé se rappelle à lui lors d'un concert en mars 1998 qui sera le dernier.
Talentueux dans l'interprétation et les compositions, sans limites, il explorera tous les styles de la musique brésilienne, en y soumettant les influences extérieures.

On écoute :
Une bonne introduction à la musique de Tim, c'est par là, ensuite il faut chercher...
L'été sera chaud - Vol III
Le long des Farenheits, il est temps de pénétrer les tempos les plus chauds de la soul brésilienne, où la voix se fait sensuelle et orgiaque, où le rythme se fait funky. Moiteur...
Gerson King Combo a commencé sa carrière comme danseur et chorégraphe, il évolue ensuite vers le chant en devenant le choriste de Wilson Simonal. L'influence du funk, des JB's le contamine, il publie en 1977 un album éponyme , suivi d'un volume II l'année suivante. Doté d'une voix grave, s'amusant avec les onomatopées, Gerson King Combo incarne une groove communicatif où les choristes et les cuivres prennent toute leur dimension. Comme de nombreux artistes de cette scène soul, les années de vache maigre disparaitront à l'aube des années 90's, grâce à des groupes resuscitant les pionniers de cette époque dorée.

Attention, ça va remuer :
Good God !
L'été sera chaud Vol II
Notre voyage au coeur de la soul brésilienne se poursuit avec Hyldon. Cet originaire de Bahia fut d'abord guitariste au déburt des 70's pour Cassiano et Tim Maia. Son 1er album "Na rua, na chuva, na fazenda" sort en 1975 et rencontre un franc succès.
La suite sera moins glorieuse, plusieurs albums sortent sans renouer avec le hit initial. Il écrit un moment des disques pour enfants. Les années 90's permettent un retour en grâce, par le biais de groupes actuels qui reprennent ses compositions. Il figure sur la bande originale de "La cité de Dieu"

Par rapport à Cassiano, ses compositions sont moins répétitives, plus écrites, laissant une plus grande place à la voix. Le chant d'Hyldon est très particulier, nonchalant, traînant, jouant les funanmbules sur des aigus périlleux. Les choeurs sont omniprésents dans ses morceaux pour souligner les refrains :
Enjoy