la case de l'affreux thom

Monday, May 30, 2005

Suivez le fil

A compter de ce jour, la case de l'affreux thom change d'adresse pour mieux vous servir.
Pensez à mettre à jour vos favoris : www.awfulthom.com

le monde ne suffit pas

La difficulté avec les questionnaires, c'est le dégré d'engagement ou de renoncement qu'on y laisse.

Outre l'impossibilité évidente de répondre de manière définitive à la fameuse question "les disques que vous emporteriez sur une île déserte ?", ce qui m'ennuie le plus, ce serait d'être bloqué sur cette île sans pouvoir recevoir et échanger de nouveaux disques. Et puis, je penserais systématiquement en écoutant ces pièces sacrées aux autres que j'aurais dû prendre. Regrets et remords à vous pourrir la vie au "paradis".

Pour les questionnaires type playlists-Nick Hornby pour mettre en musique des moments de vie, c'est un véritable supplice qui ne débouche sur rien de très concret et de satisfaisant.

Le disque de ce soir est un classique, un de ceux vers lequel je reviens toujours avec le même émerveillement. Il fait partie des 1000 albums dont j'aurais besoin. Il fait aussi partie des disques qui échappent aux listes par sa permanence dans ma vie.
Example
On écoute John Martyn sur l'album "Solid Air" :
Vraiment le monde ne suffit pas...

Friday, May 27, 2005

better/bitter

Parfois, le mieux peut avoir un goût amer, suscitant l'angoisse de ce qui pourrait survenir après, histoire de gâcher la fête. Parfois tout va très vite, pas suffisamment cependant pour vous arrêter de penser. Une joie sinistre.
Le besoin de sécurité se manifeste de manière imminente. Mon casque vite...

Ce soir, je vous propose une chanteuse susurrant que des jours meilleurs vont arriver prochainement, le tout étant de tenir. Une grand dame à la classe infinie,
mouvante, dotée d'un style vocal parfait empreint d'influences diverses, quelqu'un qui vous rassure l'âme et émerveille vos oreilles, à la nuit tombée.
Carmen Lundy, originaire de Miami, cumule les talents, compositrice, interprète, actrice, enseignante, peintre à ses heures : a sophisticated lady en somme.
Example
On écoute :
Cela me renvoie à un autre morceau moins brillant mais tout aussi émouvant. Chanteuse mais surtout actrice, Cynda Williams nous livre dans la bande-originale de Mo'better blues une interprétation habitée d'un morceau de WC Handy :
Le talent n'est pas permanent, il se manifeste par éclairs.

Monday, May 23, 2005

La quête (reprise)

Merci à tous, anonymes, amis, lecteurs réguliers, confrères de la blogosphère, mention spéciale à Chryde, David F, ORTF, Podaufeu pour leur relais sur le net, et une mention particulière à Green et Podvains sans lesquels la case serait restée muette.

La case renaît de ses cendres encore fumantes, pour partager avec vous quelques pépites, poursuivant irrésistiblement sa quête.
"Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos"
Jacques Brel 1968

Example
Pour illustrer cette reprise, je vous propose ce soir deux versions d'un morceau opportun "Wishing on a star". Cette ballade de Billie Rae Calvin est sortie la 1ère fois en 1977, sur l'album "In Full Bloom" de Rose Royce :
Ravi d'avoir retrouvé ma voix


PS : Clin d'oeil à Lapieuvre

Saturday, May 21, 2005

la revanche des sites

l'entraide se structure, le côté obscur recule...

Example

Thursday, May 19, 2005

ce qui devait arriver arriva

Suite à l'injonction de mon provider, je suis dans l'obligation de retirer tous les mp3 et les photos associées.

La case cessera donc de publier pendant quelques jours, le temps de trouver une solution alternative.

Example

Bien à vous
L'affreux

Sunday, May 15, 2005

Mellow tone

Pour terminer cette semaine, une touche douce, une voix soyeuse...

Un roi de la reprise, Kenny Rankin, qui prend dans sa toile les standards.
La pochette nous rappelle qu'il faut dépasser les apparences, eh oui, on peut porter une moustache avec ostentation et avoir du groove....
Example
La preuve par l'écoute :
Vous trouverez ce Kenny Rankin Album d'occasion.

Endormez-vous sur ces notes légères

Saturday, May 14, 2005

Atavisme et divisions

Les lignées...

La famille Perry fait partie de celle-là, d'un côté les frères les plus âgés Greg et Leonard, de l'autre les plus jeunes Jeffrey, Zach & Dennis.

Les premiers ont ouvert la route, Greg Perry compositeur et producteur, membre du label Hot Wax/Invictus, il a écrit régulièrement des titres pour les artistes du label : Chairmen of the board, 100 proof aged in soul, Freda Payne...Marié à Edna Wright du trio Honey Cone, il n'oublie pas pourtant une carrière d'interprète publiant une merveille en 1975 pour le compte de Casablanca "One for the road", suivi deux ans plus tard de l'abum "Smokin" pour RCA.
Léonard s'oriente vers le management d'artistes.

Les seconds fondent un trio éphémère "Three of a kind", puis rapidement se divisent. Zach et Dennis rejoignent Greg Perry, délaissant un Jeffrey
pugnace, qui décide de sortir seul le single "Love don't come no stronger" pour Arista, et c'est une réussite dans les charts. Cependant, la rupture entre les frères est consommée, histoire de famille assez classique. Sous le nom de Jeffree, il sort des singles pour le compte d'Epic, puis vient l'album éponyme en 1979 pour MCA. Une mauvaise promotion de ce bijou conduit Jeff à retrouver l'anonymat jusque dans le 80's, où la sortie auto-produite de "Call it love" refait naître un intérêt pour ses productions antérieures.
Example
A l'écoute des morceaux qui vont suivre, je suis toujours surpris de la cohérence des styles vocaux (ce pincement des cordes vocales) et orchestraux des deux frères Greg et Jeff, que la vie a pourtant éloigné. Le talent de l'un s'est peut-être construit en opposition à l'autre, ou au contraire c'est juste une histoire d'environnement, de sang...Le mystère restera entier.
Faites votre marché ici, et surtout là-bas en pensant au sang qui coule dans vos veines, quelle en est la partie qui vous appartient réellement ?

Tuesday, May 10, 2005

Carrousel du velours

Ce matin, j'étais bloqué un moment derrière un camion à ordures qui terminait sa tournée du matin.
Planté là quelques instants, j'ai vu progressivement les rues se remplir de poubelles, innondant lentement ma voiture. L'air se raréfia, dernières émissions irrespirables, un signe que je n'étais plus en odeur de sainteté. Le monde s'arrêtait-il de tourner ? De la suffocation, surgit le délire, énergie du désespoir, qui m'amena à fredonner :
Trash men didn’t get my trash today
Oh, why, because they want more pay
Buses on strike, wanna raise in fare
So they can help pollute the air

But that’s what makes the world go round
The up and downs a carousel
Changing people’s heads around
Go underground, young man

People make the world go round

Wall Street losin’ on every share
They’re blamin’ it on longer hair
Big men smokin’ in their easy chair
On a fat cigar without a care

But that’s what makes the world go round
The up and downs a carousel
Changing people’s heads around
Go underground, young man

People make the world go round

But that’s what makes the world go round
The up and downs a carousel
Changing people’s heads around
Go underground, young man

People make the world go round
People make the world go round
People make the world go round
People make the world go round
People make the world go round
Example
Vous aurez sans doute reconnu la fabuleuse composition de Thom Bell & Linda Creed, "People make the world go round", un vrai moment de Philly Sound, paru sur le 1er album éponyme des Stylistics en 1971. Une chanson parfaite, où les mots scandés au travers de respirations laissent l'auditeur méditatif sur ces gens qui font tourner le monde.

Variations du jour :
Reste à faire tourner dans le bon sens, mais c'est une autre chanson...

allez faire un tour

Example

Allez vous promener, prenez l'air, sur le prometteur les Cadillacs, les filles et le chocolat et sur l'étonnant db aka DUBRUIT, plein de surprises...


Saturday, May 07, 2005

Deep River

Je ne me souviens jamais de mes rêves, cela me laisse un peu de place pour les rêveries. Au bord des courants, du Mississippi à l'East River, il m'arrive de croiser des fantômes, des vivants et des souvenirs.
Example
Les morceaux choisis ce soir nous renvoient un Sud terrible, où la foi restait le seul rempart face à la barbarie. Variations modernes sur des spirituals anciens, on écoute :

Example

Nous crions pour la vie... L’artiste vrai sent les vibrations du milieu dans lequel il vit.
Ceci s’est toujours vérifié dans le passé. ça va au-delà du système.
Un homme qui crée n’a pas le temps de haïr.

Albert Ayler

Wednesday, May 04, 2005

Cris et chuchotements

Je suis très attaché à la voix en général. Ses modulations m'envoient dans le ravin.

N'oublions pas pour autant d'évoquer les cris, les grognements et les onomatopées, qui constituent un pan inépuisable de la soul, du blues et de la country. Le raclement de gorge de Bobby Bland est un monument personnel.

J'ai choisi aujourd'hui le rire diabolique, le grognement bestial et licencieux de Clarence Carter. On doit à Rick Hall du studio Fame l'essentiel de la production des albums de Clarence dans les 70s. Candi Staton fut d'abord une de ses choristes, puis un court moment sa femme. Il faut préciser que l'ami Clarence se fait le chantre de l'adultère, jure comme un charretier et incarne le machiste du deep south.
Ce chanteur natif de Montgomery est à mon goût un peu oublié, en dépit de quelques succès mémorables "Slip away", "Too weak to fight" et bien sûr "Patches". Je me régale de ces éructations luciferiennes, de ces hurlements à la lune.
Example
Je vous livre quelques morceaux de chevet :
le loup dans la bergerie et dans l'étable

Ce soir, je serai l'homme à la peau de serpent.

Tuesday, May 03, 2005

Ipseité

Dewey Philiips, dit Daddy-O, est passé à la postérité pour avoir été le 1er disc jockey à jouer Mr Elvis.

En réalité, en dehors de cet épiphénomène, son influence fut majeure pour le son de Memphis. Son émission "Red, Hot & Blue" sur WHBQ accompagna les nuits blanches de milliers de jeunes du Tennessee, écoutant ces fréquences interdites en catimini. Il était respecté de tous, musiciens blancs, noirs ou en devenir. Des playlists hallucinantes au gré des envies de Daddy-O, il créait les hits, country, blues, R&Roll ou R&B...

Ce qui me fascine chez ce type, c'est qu'il était dingue et profondément libre, ses shows étaient imprévisbles d'une semaine sur l'autre. Personne ne pouvait l'arrêter, il passait parfois un morceau une vingtaine de fois par soir, sans vergogne. Il fut farouchement lui-même, et fut un autre, un alien pour ses auditeurs.

Example
En hommage à Daddy-O, on écoute en boucle des joyaux soul par cette chaude nuit :
  • "For real" par Flowers (1970's - Lax), prodigieux, pour de vrai
  • "(I can) deal with it" par Dee Edwards (1977 - De-To), enregistré dans une pièce au dessus d'un cabinet médical !
Ces singles atteignent des prix inaccessibles d'occasion (plusieurs centaines de dollars), néanmoins vous pouvez les retrouver sur les diaboliques recueils de Goldmine "Essential Modern soul", qui sont les 1ers à avoir mis ces morceaux à la portée des désargentés. Vite ici et

you can deal with it, play these tracks again and again...