la case de l'affreux thom

Friday, April 29, 2005

No matter where

Au programme ce soir, des destins croisés, celui de deux gars du Mississippi, élevés au gospel (church-training) et dotés d'une voix exceptionnelle.
Example

Mon 1er est GC Cameron. Après une blessure au Vietnam, GC retourne dans les 60's à sa ville d'adoption, Detroit. Il auditionne et se retrouve rapidement lead vocal des Spinners en 1967 ! Sa voix fait un véritable carton en 1970 sur la composition "it's a shame" de Stevie Wonder et de sa femme Syreeta. Entre temps, GC s'est marié avec Gwen Gordy, la soeur de Berry. Lorsqu'en 1972 les Spinners décident de donner un nouvel élan à leur carrière en passant chez Atlantic, GC est attaché contractuellement et affectivement à Motown. Il est obligé de quitter les Spinners, et suit Berry Gordy dans son aventure californienne, en sortant plusieurs albums. En 2000, ironie de l'histoire, on lui demande de reprendre le lead des spinners pour une tournée revival-vétérans, ce qu'il fait pendant trois ans, avant de remplacer Bo henderson au sein des Temptations.

Mon 2nd est David Ruffin. Il rejoint les Temptations
en 1964 en tant que background vocal . Rapidemment, il passe en lead grâce aux hits de Motown que sont "My girl", "Ain't too proud to beg", ou "I wish it would rain". En 1968, il est exclu du groupe du fait d'un caractère ingérable et d'un ego à la taille de son talent. Débute une carrière solo pour Motown puis Warner, faite de déceptions et de frustrations, en dépit d'albums remarquables. En 1982, c'est la re-formation des Temptations, qui l'amène à un disque en duo avec Eddie kendricks. Il décède en 1991 d'une overdose.

Leurs personnalités différentes se disputent un répertoire vocal commun. On écoute une véritable merveille écrite et composée par C Drayton & T Smith :

D'urgence, c'est

Clin d'oeil à Sonny

Monday, April 25, 2005

Jubilations

La poursuite comme prétexte, l'obsession comme moteur... tout cela ne sert finalement qu'à évoquer et à construire des liens qui nous attachent à une famille de proches et de moins proches, voire au cosmique.

Achab cherche la baleine blanche, Zissou poursuit le requin jaguar. Après les quêtes de Moby Dick et de la Vie aquatique, il ne reste finalement que l'amitié et les communautés que nous établissons au travers des choses anodines du quotidien.

Ce matelot from outer space, Seu Jorge, posté sur le navire Belafonte, est là pour rappeler en permanence l'accessoire et son pendant dramatique.
Example
Dans une traduction plus qu'approximative, subjective, Seu Jorge magnifie Bowie :
    Chante Ismael, chante...

    Vingt mille lieues c'est par ici

    Sunday, April 24, 2005

    Angels Share

    Fort occupé ces derniers jours, ce n'est qu'aujourd'hui que je peux reprendre la plume.

    Attardons-nous un instant sur un procédé de fabrication...
    Une fois malté, brassé, fermenté puis distillé, l'orge connaît une phase de maturation avant de donner le meilleur des Whisky single malt. L'alcool obtenu, le fameux new spirit, va vieillir dans un fût de chêne usagé. Ces fûts ont préalablement contenu du porto, du bourbon, du sherry...
    Une partie du whisky va s'évaporer petit à petit du tonneau poreux. 1 à 2 % du contenu s'envole ainsi dans l'air ambiant tous les ans, c'est la divine "part des anges".
    Personne n'a accès, par essence, à cette "part des anges". Cette évaporation me fascine, m'amène à construire les théories les plus saugrenues. En effet, la partie la plus volatile disparaît... Est-ce la meilleure part qui s'envole du fait de sa purété ? Ou au contraire, est-ce le résultat de subtils mélanges, du fût au chai, qui donne à cette part son côté éthéré, insaisissable et si particulier ?

    Nelson George, dans son ouvrage "The death of the Rhythm & Blues", défend l'idée selon laquelle la recherche obstinée de l'intégration n'a finalement pas changé grand chose au sort de la communauté noire aux Etats-Unis. Citant Nathan Glaser pour étayer son propos, " The negro now demands entry into a world, a society, that does not exist, except in ideology. In that world, there is only one American Community, and in that world, heritage, ethnicity, religion, race are only incidental and accidental characteristics."
    En musique, cette obsession a finalement dilué, absorbé ce qui caractérisait la musique noire dans la culture mainstream, véritable suicide culturel aux yeux de l'auteur.
    Le crossover fut donc fatal au courant "Rhythm & Blues". Reste à reconquérir, à reconstruire cette identité, en exprimant son originalité loin du syncrétisme actuel.
    Cette musique Soul, que j'aime tant, a su conserver son expression unique jusqu' au milieu des années 70's. A y regarder de plus près, cette part des anges musicale s'est nourrie,
    depuis l'origine , de l'influence de divers courants, à l'instar du single malt qui se nourrit du fût, de l'air ambiant, de la tourbe utilisée pour le séchage...

    La pureté n'existe pas. L'originalité, la force d'expression de cette musique s'affirment à l'écoute, les mélanges qui ont produit les évolutions de ce courant ont été fascinants tant qu'ils ont respecté de savants équilibrages, par l'entremise de producteurs audacieux. La suite a souvent généré une bouillie impropre.

    Ecoutons un drôle de mélange, injustement objet de railleries, Wayne Cochran, the white knight of soul. Né en 1939 à Thomastown, Georgia, Wayne débute sa carrière sur de petits labels, avant de pousser les portes du label King à partir de 1964. Influencé par James Brown, il influença à son tour Otis Redding. Elvis fut a priori très impressionné par la garde robe de Wayne, lors d'un passage à Las Vegas où Wayne & ses CC Riders se produisaient. Cette vie ne lui réussit guère, puisqu'il abuse de produits illicites, perd sa femme, et il voit rapidement sa santé se dégrader.
    Volant une bible Gideon dans un motel, selon la légende, Wayne rejoint finalement le chemin de Dieu, en devenant pasteur. Un Pécheur repenti de plus.
    Example
    on écoute plusieurs extraits de son parcours, sur "Get Down with it!" :

    Example

    Je savoure les arômes...

    Sunday, April 17, 2005

    America, je veux l'avoir et je l'aurai

    Les rapprochements sont parfois fortuits, parfois moins.
    Peut-être est-ce voyage programmé à NY qui approche, peut-être est-ce une tonalité commune, peut-être est-ce ce temps de merde...

    J'ai voulu mettre 3 morceaux sur ce post qui n'ont rien d'autre en commun au 1er abord que le présence du mot "America" dans leur titre.

    Le premier est un texte récité par Allen Ginsberg sur une musique de Tom Waits, association parfaite qui donne au poème une force supplémentaire. A chaque écoute, le même sentiment nostalgique, mélancolique du temps qui passe, la présence
    désarmante d'éléments de la vie quotidienne de Ginsberg y est pour beaucoup, mais elle donne en même temps un espoir pour le lendemain, par l'affirmation sans faille de ce qu'il doit être et de ce qu'il sera.

    "America I've given you all and now I'm nothing.
    America two dollars and twenty-seven cents January 17, 1956.
    I can't stand my own mind.
    America when will we end the human war?
    Go fuck yourself with your atom bomb
    I don't feel good don't bother me.
    I won't write my poem till I'm in my right mind.
    America when will you be angelic?
    When will you take off your clothes?
    When will you look at yourself through the grave?
    When will you be worthy of your million Trotskyites?
    America why are your libraries full of tears?
    America when will you send your eggs to India?
    I'm sick of your insane demands.
    When can I go into the supermarket and buy what I need with my good looks?
    America after all it is you and I who are perfect not the next world.
    Your machinery is too much for me.
    You made me want to be a saint.
    There must be some other way to settle this argument.
    Burroughs is in Tangiers I don't think he'll come back it's sinister.
    Are you being sinister or is this some form of practical joke?
    I'm trying to come to the point.
    I refuse to give up my obsession.
    America stop pushing I know what I'm doing.
    America the plum blossoms are falling.
    I haven't read the newspapers for months, everyday somebody goes on trial for
    murder.
    America I feel sentimental about the Wobblies.
    America I used to be a communist when I was a kid and I'm not sorry.
    I smoke marijuana every chance I get.
    I sit in my house for days on end and stare at the roses in the closet.
    When I go to Chinatown I get drunk and never get laid.
    My mind is made up there's going to be trouble.
    You should have seen me reading Marx.
    My psychoanalyst thinks I'm perfectly right.
    I won't say the Lord's Prayer.
    I have mystical visions and cosmic vibrations.
    America I still haven't told you what you did to Uncle Max after he came over
    from Russia.

    I'm addressing you.
    Are you going to let our emotional life be run by Time Magazine?
    I'm obsessed by Time Magazine.
    I read it every week.
    Its cover stares at me every time I slink past the corner candystore.
    I read it in the basement of the Berkeley Public Library.
    It's always telling me about responsibility. Businessmen are serious. Movie
    producers are serious. Everybody's serious but me.
    It occurs to me that I am America.
    I am talking to myself again.

    Asia is rising against me.
    I haven't got a chinaman's chance.
    I'd better consider my national resources.
    My national resources consist of two joints of marijuana millions of genitals
    an unpublishable private literature that goes 1400 miles and hour and
    twentyfivethousand mental institutions.
    I say nothing about my prisons nor the millions of underpriviliged who live in
    my flowerpots under the light of five hundred suns.
    I have abolished the whorehouses of France, Tangiers is the next to go.
    My ambition is to be President despite the fact that I'm a Catholic.

    America how can I write a holy litany in your silly mood?
    I will continue like Henry Ford my strophes are as individual as his
    automobiles more so they're all different sexes
    America I will sell you strophes $2500 apiece $500 down on your old strophe
    America free Tom Mooney
    America save the Spanish Loyalists
    America Sacco Vanzetti must not die
    America I am the Scottsboro boys.
    America when I was seven momma took me to Communist Cell meetings they
    sold us garbanzos a handful per ticket a ticket costs a nickel and the
    speeches were free everybody was angelic and sentimental about the
    workers it was all so sincere you have no idea what a good thing the party
    was in 1935 Scott Nearing was a grand old man a real mensch Mother
    Bloor made me cry I once saw Israel Amter plain. Everybody must have
    been a spy.
    America you don're really want to go to war.
    America it's them bad Russians.
    Them Russians them Russians and them Chinamen. And them Russians.
    The Russia wants to eat us alive. The Russia's power mad. She wants to take
    our cars from out our garages.
    Her wants to grab Chicago. Her needs a Red Reader's Digest. her wants our
    auto plants in Siberia. Him big bureaucracy running our fillingstations.
    That no good. Ugh. Him makes Indians learn read. Him need big black niggers.
    Hah. Her make us all work sixteen hours a day. Help.
    America this is quite serious.
    America this is the impression I get from looking in the television set.
    America is this correct?
    I'd better get right down to the job.
    It's true I don't want to join the Army or turn lathes in precision parts
    factories, I'm nearsighted and psychopathic anyway.
    America I'm putting my queer shoulder to the wheel."
    Example
    Le second est une reprise d'un morceau de Bowie par Silje Nergaard. Cette version du morceau, résultat à l'origine d'une collaboration entre Bowie et Pat Metheny pour une bande-son dans les 80's, surpasse de loin l'original. Par ici
    Le trosième plus relevé est chanté par ZZ Hill, période United Artists, de quoi vous redonner de l'énérgie après les deux premiers pour cette journée pluvieuse. Par
    espérons qu'il s"arrête de pleuvoir

    Saturday, April 16, 2005

    Effet d'ère

    Papillonner, m'éparpiller, constituent mes activités favorites. Passant d'un disque à l'autre, d'un morceau à l'autre, il est rare que je m'attarde pour laisser tourner une galette dans son intégralité. A la recherche fervente des joyaux, le bonheur de se laisser-aller s'efface au profit d'une lutte contre le temps, perdue d'avance
    Tout cela n'est pas le résultat de l'ère numérique, ni celui de l'habitude mentale de zapping, ou d'une consommation effrénée. Non, Non, loin de là...

    Un jour, j'ai perdu l'usage des mes doigts, paralysie temporaire. Incapable de bouger les boutons de la télécommande face à un tel choc, Joe Henry & consorts m'ont scotché au fauteuil. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il sait s'entourer de fantastiques "sidemen" : Ornette, Don Byron, Marc Ribot...
    Example
    Ce que je préfère dans les morceaux de Joe, notamment sur les deux derniers albums, c'est l'enchevêtrement des instruments et des sons sur un fond étouffé. La clarinette est divine, indispensable pour une musique étoilée.

    Installés confortablement, on ré-écoute :
    illuminations par monts et par vaux

    Tuesday, April 12, 2005

    Church-Training

    "Une voix à réveiller les morts", voilà l'expression venue à l'esprit en écoutant le volume 4 des Blue Soul Belles. Je suis transporté...

    Au bord du Mississippi en compagnie de Marie Knight, nous devisons. Le soleil rougit une dernière fois amenant un brise salvatrice après cette chaude journée. Je regarde son profil en contre-jour, Caravage peut se rhabiller. Marie s'avance divinement sur un ponton, jette un regard au plus profond de l'eau trouble et entonne cette reprise de Julie London. Des formes spectrales s'élèvent du flux tumultueux :
    Marie Knight est née à Brooklyn en 1925. Bien connue des amateurs de gospel pour ses duos avec Sister Rosetta Sharpe, elle s'encanaille avec la musique profane dans les 50's pour les labels Mercury, Carlton, Okeh...Elle continue à enregister et à tourner sporadiquement dans les 70's-80's.
    Example
    A ne pas rater sur le même Cd, la sublime Judy Clay que j'aime tant dans sa période Stax, qui nous livre ici de brûlants singles des 60's, période La vette-Scepter. Je vous laisse déguster :
    Que de merveilleuses empreintes de l'église sur ces voix.

    Mes amis vivent en ce moment une période sportive, chevauchant vélos d'appartements et autres home-trainers. C'est décidé, pour ma part, j'opte pour le church-trainer.

    Friday, April 08, 2005

    La réalité dépasse l'affection

    Il y a quelques temps, j'avais évoqué dans des post différents, l'ombrageux Don Robey patron de Duke Peacock et le tombeur Bobby Blue Bland. Le destin de ces deux personnages fut intimement lié.

    Don Robey fut à l'origine du vrai lancement de la carrière de Bobby mais fut aussi celui qui lui pourrit la vie jusque dans les 70's, date du rachat de Duke par ABC Records.

    Né en 1903 à Houston, Don Robey a arrêté très tôt l'école avec l'ambition de devenir joueur professionnel. Après avoir lancé une compagnie de taxis, Robey passionné de musique, ouvre un night club et un magasin de disques. Cet entrepeneur se retrouve vite manager puis patron de la firme Peacock dans les 50's produisant Memphis Slim et Big Mama Thornton avec le célèbre "Hound Dog". Il met en place en 1953 un partenariat avec le label Duke de Memphis, dont il prend rapidement le contrôle.
    Il produit Johnny Ace, Little Junior Parker, Roscoe Gordon. En 1957, il sort le single "Farther Up the Road" de Bobby Bland, pour lequel il a perçu un potentiel commercial important. Bien entouré, il sort de nombreux disques de Gospel via son Song Bird Label et fonde la filiale Back Beat sur lequel sort des disques de OV Wright, Joe Hinton et Carl Carlton.
    Ce producteur de talent avait la facheuse habitude de créditer les morceaux aux noms de compositeurs fictifs, comme Deadric Malone, afin de pas payer de royalties. En cas de contestation, Robey ne manquait pas de menaces en tout genre pour faire fléchir les plus tenaces. Little Richard est intarissable sur le sujet.

    Quant à Bobby, un des acteurs du "Memphis synthsesis", on lui doit d'avoir établi un pont enre le blues et la soul. Qui mieux que lui confère une telle intensité à l'interprétation, donnant à l'auditeur l'impression que ces histoires ont été vécues et profondemment ressenties par le chanteur.
    La chair de poule à chaque écoute, accentuée par ce cri entranglé si particulier emprunté au Révérend CL Franklin. Tout cela est le fruit du travail de modelage de Joe Scott, coach de génie missionné par Robey, pour tirer la magie de ce mécanicien du Tennessee.
    Ce n'est plus une voix, mais un véhicule divin qui met en scène sous nos yeux des histoires poignantes, un dramaturge inspiré qui fait partager le pire comme le plus doux du quotidien de l'homme moderne.

    Example

    on écoute les yeux fermés, des extraits de "Two Steps from the blues" :

    puis des extraits de l'indispensable "California album" :

    Pour les mécréants, je conseille un passage au temple afin de rencontrer un révérend digne de "la nuit du chasseur", qui cite d'excellents passages du grand livre.

    I'll take care of you

    Sunday, April 03, 2005

    On est tous le péquenot de quelqu'un d'autre - Vol I

    Au grand dam des amis, je me suis découvert, il y a quelques mois, une passion pour la country. J'ai tout entendu à ce propos, j'avais perdu la raison, un fan de soul commettait sous leurs yeux un crime de lèse-majesté : écouter une musique de ploucs racistes, de campagnards ignares. J'avais commis l'irréparable, du coup j'évite le sujet et j'en fais un culte solitaire.

    Le fabuleux "Guide de la country music et du folk" de Gerad Herzhaft et de Jacques Brémond indique que la 1ère musique enregistrée des Blancs du Sud, celle des Appalaches, fut désignée au départ par l'industrie du disque, sous le terme Hillbilly music", "musique des péquenots des collines". C'est en explorant les Appalaches que
    le producteur Ralph Peer a repris ce terme, suite à l'enregistrement de l'orchestre à cordes de Al Hopkins. Ce dernier interrogé sur le nom de sa musique répondit : "We're just a bunch of Hillbillies from North Carolina and Virginia. Call it anything you want".

    C'est Ralph Peer qui fut à l'origine du 1er enregistrement de Blues Mamie Smith en 1920 pour Okeh, et des 1ers enregistrements country en découvrant au passage Jimmie Rodgers et la Carter Family. D'après Herzhaft, il a toujours avoué détester ces musiques, amusante contradiction, vu son rôle dans le développement de ce courant.

    Pour cette nouvelle série, commençons par Dock Boggs.
    Example
    Né en 1898, Dock a travaillé à la mine dès l'âge de 12 ans, il apprend le banjo à cette époque en compagnie de musiciens blancs et noirs. Cherchant à quitter la mine, il enregistre en 1927 pour Brunswick et grave une 10aine de titres. La crise de 1929 le ramène à la mine, il continue à jouer dans sa région en dépit des injonctions de sa femme qui le préfererait au trou. En 1954, il perd son boulot de mineur. Devenu sans le savoir une figure culte du folk, Mike Seeger, le frère de Pete, le localise à Norton en 1963 et persuade Dock d'enregister à nouveau pour le compte de Folkways. Son village devient un pôle d'attractions en plein de Folk Boom, ce qui est regardé d'un mauvais oeil par le pasteur du coin qui menace de l'excommunier. Il se remet à boire et décède en 1971 dans sa ville natale. John Fahey a réédité pour Revenant ces 1ers enregsitrements sur le recueil "Country blues - complete early recordings".

    on écoute :

    Come all you good time people,
    While I've got money to spend,
    Tomorrow might be Monday
    And I'll neither have a dollar nor a friend.

    When I had plenty of money, good people,
    My friends were all standing around,
    Just as soon as my pocket book was empty,
    Not a friend on earth to be found.

    Last time I seen my little woman, good people,
    She had a wine glass in her hand;
    She was drinking down her troubles
    With a low-down sorry man.

    Oh, my daddy taught me a-plenty, good people;
    My mama, she taught me more.
    If I didn't quit my rowdy ways,
    Have trouble at my door.

    I wrote my woman a letter, good people;
    I told her I's in jail.
    She wrote me back an answer
    Saying "Honey, I'm a-coming to go your bail."

    All around this old jailhouse is haunted, good people;
    Forty dollars won't pay my fine.
    Corn whisky has surrounded my body, poor boy,
    Pretty women is a-troubling my mind.

    Give me corn bread when I'm hungry, good people;
    Corn whiskey when I'm dry;
    Pretty women a-standing around me;
    Sweet heaven when I die.

    If I'd a-listened to my mama, good people,
    I wouldn't have been here today;
    But a-drinking and a-shooting and a-gambling,
    At home I cannot stay.

    Go dig a hole in the meadow, good people,
    Go did a hole in the ground.
    Come around all you good people
    And see this poor rounder go down.

    When I am dead and buried
    My pale face turned to the sun,
    You can come around and mourn, little woman,
    And think the way you have done.

    What is this that I can see,
    Taking hold on me with icy hands
    I am death and none can excel,
    I'll open the doors to Heaven or Hell.

    Oh death, oh death, can't you spare me over til another year?
    Oh death, oh death, please spare me over til another year.

    Oh death, someone would pray,
    Couldn't you call some other day?
    God's children's prayed, the preachers preached,
    The time of mercy your reach.

    I'll fix your feet so you can't walk,
    I'll lock your jaws so you can't talk.
    Close your eyes so you can't see
    This very hour come go with me.

    Death, I come to take the soul,
    Leave the body and leave it cold;
    To drop the flesh off of the frame,
    The earth and worms both have a claim.

    Oh death, oh death, can't you spare me over til another year?
    Oh death, oh death, please spare me over til another year.

    My mother come to my bed,
    Place a cold towel upon my head.
    My head is warm, my feet is cold;
    Death is moving upon my soul.

    Oh death, how you treating me,
    Close my eyes so I can't see.
    You hurt my body, you make me cold,
    You're ruling the life right out of my soul.

    Oh death, oh death, can't you spare me over til another year?
    Oh death, oh death, please spare me over til another year.

    Oh death, please consider my age;
    Please don't take me at this stage.
    My wealth is all at your command
    If you will move your icy hand.

    Old, the young, the rich or poor,
    All alike with me, you know;
    No wealth, no land, no silver, no gold;
    Nothing satisfies me but your soul.

    Oh death, oh death, can't you spare me over til another year?
    Oh death, oh death, please spare me over til another year.

    Ne ratez pas ces merveilles

    Saturday, April 02, 2005

    Les virtuoses au placard

    Les concerts sont parfois l'occasion d'amères déconvenues, ce fut le cas hier soir où un vieux guitariste, dont je tairais le nom, se produisait sur scène en compagnie d'un autre gratteux. Censée être une partie à quatre mains entre joueurs noisy inspirés, ils sont tombés dans la caricature, confinant au grotesque, s'écoutant beaucoup, oubliant le public qui s'emmerdait ferme. Exit donc avant le naufrage.

    La virtuosité conduit parfois à l'ennui, à l'usure, sauf pour quelques musiciens ou fans transis qui saisissent le sens là où nous cherchons encore l'émotion. Ce n'est pas le cas du guitariste dont je vous parle aujourd'hui, ses qualités techniques sont indéniables, son influence sur la scène folk ou sur des musiciens comme Neil Young, Jimmy Page, voire Nick Drake est incontestable. La qualité du jeu se double ici de sentiments portés par une voix de troubadour.

    Ecossais, né en 1943, Bert Jansch enregsitre en 1965 son premier album éponyme dans son appartement de Camden , avec un équipement portable et une guitare empruntée pour l'occasion. L'enregistrement fut acquis par le label Transatlantic pour la somme de 100£ sans royalties. Sa voix m'enchante depuis des années, je vous propose deux compositions de cet album sorti il y a quarante ans :
    Example
    Après la rencontre avec John Renbourn, Bert réunit Jacqui McShee au chant, Danny Thompson à la basse et Terry Cox à la batterie, au sein du groupe Pentangle. Ils interpretent de vieilles ballades et mélangent folk, blues et plein d'autres courants dans leurs compositions. Ecoutons la face B de l'album "Cruel Sister" publié en 1970 pour Sanctuary Records :
    • si vous avez 19 minutes à me consacrer, laissez vous envoûter par cette ballade de Bert Jansch qui se dévoile, s'effeuille par étapes instrumentales : "Jack Orion"
    "Jack Orion was a good fiddler
    As ever fiddled on a string
    he could make young women mad
    to the tune his fiddle would sing"
    Suivons les pas de ces musiciens dignes d'Hamelin

    N'oubliez pas le guide ici ou