la case de l'affreux thom

Thursday, March 31, 2005

Sainte Trinité

La musique proposée ce soir ne sera pas celle du diable, je vous l'assure.

la 1ère est l'oeuvre d'une chanteuse à la
rousse crinière, mélange de Rhythm & Blues blanc et de folk, à la voix éthérée, Bonnie Raitt. Sur son 1er album éponyme de 1971, les liner notes nous précisent : "This music was made at an empty summer camp on Enchanted Island, about 30 miles west of Minneapolis on Lake Minnetonka. In between ping-pong and fishing, we recorded in a wood-frame garage...". Eh bien tout cela s'écrit mais s'entend aussi dans les morceaux suivants :
Example

la seconde, Bonnie Bramlett, femme su Sud, suprenante ex-Ikette, et compagne du guitariste Delaney Bramlett, fréquente du beau monde dans les 60's en tournée ou en album, Booker T & the MG's, Clapton, Georges Harrison, Allman brothers...En 1973, elle lance son 1er album solo avec Average White Band en backing group ! je vous propose des extraits de l'album "It's Time" paru sur Capricorn en 1974 :
Example
L'affreux, entourée de ces deux Bonnie, est de retour dans le Sud.
Passez au magasin avant de partir, ici et

Bonne nuit

Monday, March 28, 2005

Week end pascal

Avant-hier, votre serviteur officiait, selon les termes consacrés, "aux platines" au sein d'un collectif Lillois (Sonny & Alcapoon Jr) pour une soirée "God Bless Soul", moments de rencontres houblonnées entre afficionados de Soul music des contrées du Hainaut et de la Flandre.
A l'accoutumée, j'ai donc préparé quelques pépites pour cette assistance endiablée et avide. Fort de mettre
laborieusement une certaine logique dans mes enchainements (terme plus juste que mix), il s'agit de placer quelques "citations muscicales" indispensables de mes 60's chéries, vite rattrapées par les exigences du dancefloor.

Impossible de ne pas noter au passage, quelques regards suspicieux
de spécialistes vers la console, est-ce le vinyl original ou un vulgaire cd ? Bien entendu, l'amateur renvendiqué que je suis ne possède pas l'ensemble des originaux en vinyls. Même si ce support reste le plus beau, son acquisition se révèle de plus en plus ruineuse pour le fouineur que je suis. D'ailleurs, il m'importe plus d'offrir les pépites aux gens venus là passer un bon moment que de "poser" avec mes 33T, au bord de la piste. La réédition en cd me convient parfaitement, et ces débats autour du support relèvent plus d'une dimension économique (avoir/exister) que de l'écoute passionnée.

Si je regarde en arrière, le cd est arrivé tardivement dans ma vie, mon support privilégié fut ,pendant les années de vache maigre (snif), cette bonne vieille K7, avec son pendant indispensable : la carte de médiathèque, ô combien renouvelée. En Hi-Fi, aucun investissement majeur non plus, à la grande joie de mes voisins qui idolâtrent le casque stéréo. Contrairement aux souhaits de Berry Gordy (cf ici) , pour quelques francs en poches, entre des moments de convivialité ou un bon vieux vinyl, j'ai toujours choisi et investi les moments de convivialité sans regrets, d'où les nombreuses K7 qui m'entourent.

Bref, tout cela, pour vous parler deux morceaux de Dottie Pearson qui figurait dans ma playlist de ce Boogie Friday :
Example
Au fait, pas besoin de chercher ce cher vinyl, il n'existe pas. Cet album enregistré en 1978 pour le compte du Reflection Sound Studio, ne fut jamais publié pour des raisons inconnues, c'est encore grâce à ces passionnés de Grapevine que nous devons son édition cd en 2003, sous le nom "House made of love". Indispensable, c'est par .

Thursday, March 24, 2005

Arriver à contretemps

A force de rechercher mes vieilleries, je passe assez fréquemment à côté des sorties, des nouveautés dont tout le monde parle. En fait, ça me plaît de fonctionner de cette manière, je laisse passer l'orage, mes oreilles sont alors disponibles, sensibles à la seule musique.

Voici donc deux tuyaus percés qui n'ont rien en commun, largement débattus sur la place publique, néanmoins j'ai envie de les publier sur la case.
Example
La 1ère est l'oeuvre d'une créature improbable au look PJHarvesque mais à la voix d'un autre temps aux intonations nasales mais assez proche du miaulement, weird isn't it ? J'ai "découvert" Amy Winehouse guitare en bandoulière sur le DVD "Later Hip Hop Soul" de Jools Holland, offert par un ami charitable. Ce fut le coup de foudre immédiat pour cette voix singulière qui méritait bien un achat compulsif de l'album "Frank".
Le 2nd a été déposé par un ange sur de nombreux blogs, l'inévitable Antony and the Johnsons dont l'album "I am a bird now" est un don du ciel, je me demande où il va chercher des émotions aussi profondes et aussi intenses. J'ai choisi juste un morceau que je trouve soul, voire gospel, d'où sa place sur la case, mélange surprenant d'une section cuivre digne de Willie Mitchell et d'une production légèrement saturée proche de Joe Henry.
Simplement religieux

Monday, March 21, 2005

O.D

Je délaisse un peu la case ces temps-ci, mais c'est faute de temps libre, feinte ou réalité ?

L'avidité de musiques nouvelles a des effets pervers sur ma personnalité, le revers de la médaille en quelque sorte. J'ai déniché pas mal de disques ces derniers jours, user mon fidèle casque jusqu'à la corde. La conclusion fatale apparaît, le diagnostic tombe laconique : c'est l'overdose de sons, je ne peux plus rien écouter, j'ai besoin de silences prolongés, antibiotiques d'apparat pour monomane. Le creux au ventre, l'absence d'âme, la vacuité futile d'un être en perpétuelle recherche, les symptômes sont imparables.

Alors vient le temps d'un bon remède de grand mère pour se remettre en selle, une injection radicale d'atropine. Pour le coup, en cas d'arrêt prolongé, je m'administre une cure de Solomon Burke. Je n'ai pas envie de refaire la bio ici du King of rock'n soul, mais c'est un personnage romanesque : entrepreneur de pompes funèbres, père de 21 enfants, roi et patron d'une Eglise...
Si un Nick Tosches pouvait écrire l'équivalent de "Hellfire" pour Solomon, ce serait le paradis.
Example
En attendant, voici quelques cachets salvateurs, si vous êtes atteint du même mal, je vous conseille :
la posologie complète d'urgence, c'est par


Wednesday, March 16, 2005

Nouvelle Star

"Dénicheur de talents", voilà un mot sur lequel j'ai envie de me pencher ce soir.

Est-ce une fonction, un métier à plein temps, ou simplement une aptitude naturelle rare ? Est-ce un sens artistique ou un sens marketing inné qui fait caracoler en tête des billboards les 45 t ?
Pensons à Berry Gordy, je ne sais plus où j'ai vu ça, on prétend qu'il se posait une question "fondamentale" avant de sortir un single : est-ce qu'un gamin muni de quelques pièces en poche sacrifierait l'argent destiné à un maigre sandwich au profit du dernier 45t de la Motown ? si la réponse était oui, on passait au pressage...De vrais merveilles sont tombées aux oubliettes avec un tel système

Quelles qualités faillait-il réunir pour être un Ahmet Ertegun, un John Hammond ? Une bonne paire d'oreille certes, un vraie intelligence du business et du marketing assuréménent, un amour de la musique indéniablement. Plus prosaiquement, un sens pratique qui guette les performances de petits labels, vrais dénicheurs pour le coup, et qui prend sous son aile bienveillante et armée les jeunes débutants qui méritent une production à la hauteur de leur talent.
Ne jouons pas aux mijaurées, avec ce cliché opposant les producteurs avides aux pauvres musiciens exploités et démunis, même s'ils sont légions et notamment en soul. Ces derniers ne demandaient pas mieux qu'une production de masse pour assurer leurs arrières et répondre aux besoins de leurs proches comme tout un chacun. De la même manière qu'un entrepreneur recherche le profit, source de pérennité.
Les John Hammond, les Ahmet Ertegun sont suffisament rares et brillants, pour ne pas se méprendre sur les finalités des acteurs du système et mettre dans le même sac l'ensemble des protagonistes.

Example
Avoir du nez n'est pas si simple, encore faut il être constant et pugnace pour éviter la banqueroute.

Je pense en ce moment à Bobby Robinson, ce dernier né en Caroline Du Sud, émigré à New York est resté dans l'histoire de la musique pour deux raisons principales.
La 1ère, c'est qu'il fut un des 1ers propriétaires noirs de maison de disques (Robin, Whirlin' Disc, Fury, Everlast, Fire and Enjoy...), son nez, ses talents d'innovation étaient recherchés par d'autres producteurs, notamment Ertegun. Son magasin de disques de la 126ème Rue, fondé en 1946, était un vrai filon à pépites. On lui doit "Ya Ya" de lee Dorsey, "Every beat of my heart" de Gladys Knight & The Pips, "Soul Twist" de King Curtis, mais aussi découvrant et enregistrant pour la 1ère fois GrandMaster Flash et Kool Moe Dee. Pour aller plus loin, passez par
L'autre raison, moins glorieuse, est d'être passé à côté de "Shout Bamalama" d'Otis Redding, dont il trouvait la voix trop proche de Little Richard pour mériter une production sur ses labels, bref une bourde.
les jurys sont toujours loin du compte

Saturday, March 12, 2005

Dans la cour des très grands - Vol IV

sorry, I was busy, but l'affreux strikes back

Un autre songwriter incontournable dans cette série qui aura enregistré seulement une 15aine de singles en une 20aine d'années mais qui a écrit des morceaux fabuleux pour James Carr, The Ovations, Candi Staton, Wilson Pickett, Clarence Carter, The Osmonds, Otis Clay...
George Jackson est né en 1945 à Indianola dans le Mississippi, il a juste 14 ans quand il propose ses premières chansons à Ike Turner. Il enregistre pour les labels Prann et Dot, Bootheel. Ses talents sont bientôt mis à profit pour les artistes du catalogue Goldwax. A la fin des 60's il rejoint Willie Mitchell.
Example
La signature avec Fame de rick Hall initie une période très créative, en parallèle l'interprète enregistre sur Hi le crépusculaire "Aretha sing one for me". Au début des années 80, il fonde sa société pour mieux promouvoir ses chansons et rejoint l'équipe de Malaco où son morceau "Down Home Blues" interprété par ZZ Hill fait un carton. Il enregistre en 1991 (sic) son 1er album "Heart To Heart Collect" pour le label Hep Me.
L'excellent label Grapevine a publié en 2002 "In Muscle Shoals", un recueil des chansons enregistrées, mais jamais sorties, par George à Muscle Shoals à la fin des 70's.

Vous retrouverez ces merveilles ici ou

On écoute :
Sur Grapevine, faites moi plaisir, achetez tout

Clin d'oeil à Sonny

Tuesday, March 08, 2005

Une femme de Houston

Je tiens à vous présenter ce soir une compagne régulière de mes nuits bleues.

Baptisée Lee Audrey Nelms, Trudy Lynn est née à la fin des 40's à Houston.
Grandir au Texas, quand on souhaite devenir chanteuse, ça laisse des traces, on retrouve dans son style du blues, de la soul et le sens des histoires propre à la country. Elle a débuté dans les 60's en assurant des premières parties, notamment pour Ike & Tina Turner. Dans la décennie suivante, elle sort quelques singles. C'est grâce à Ichiban qu'elle publie des albums jusqu'à aujourd'hui, elle est réputée pour ses concerts musclés.

Dotée d'une grande capacité vocale, Trudy s'est attachée à décrire des tranches de vie au travers de ses compositions. Tout le style southern que j'aime, je vous propose deux extraits d'un album sorti pour le label Ruf en 1999 "U don't Know what time it is", accompagnée de Lucky Peterson et de Bernard Allison
Son look est parfois effrayant, mais à la hauteur de la puissance de sa voix
Example
Down Home Blues Tonight

clin d'oeil au Vlaams fox

Friday, March 04, 2005

Sad story in the motor city

La dernière fois, je vous ai touché un mot de JJ Barnes. Sur le CD "The sound of Detroit", en plus des recueils de Steve Mancha & JJ Barnes, figure un album de Darrell Banks "Here to stay" (1969), produit par Don Davis pour Volt.

Réparons l'injuste oubli en vous parlant un peu de Darrell Eubanks. Il est né en 1938 dans l'Ohio, mais a grandi à Buffalo où il s'est fait des amis solides comme Donnie Elbert et Edwin Starr. Doc Murphy, dentiste de profession, touché par Darrell le fait monter sur scène dans son club de Buffalo, le Revilot. C'est Doc Murphy qui le met en relation avec LeBaron Taylor et Don Davis.
Ces derniers ont fondé un label du même nom que le club à Detroit, et c'est le single "Open the door to your heart", avec en face b le très northern "Our love (is in the pocket)" en 1966.
Un carton absolu qui l'amène en N° 2 des charts R&B, Atlantic se montre intéressé et sort deux singles pour Atco, qui finiront sur l'album "Darrell Banks is here" en 1967.

D'un tempérament de feu, qui supporte mal les plaisanteries et règle ses problèmes avec les poings, Darrell vit la fin d'une relation avec une barmaid prénommée Marjorie. Un soir de Mars 70, Darrell guette le retour Marjorie devant chez elle. Elle se fait raccompagner par un policier, il saisit la main de Marjorie pour discuter à part. Le policier le somme de la lâcher, Darrell sort un flingue, le policier lui tire une balle dans le coup. Darrell s'effondre et meurt des suites de sa blessure dans les heures qui suivent.
Example
Il nous reste une voix exceptionnelle, expressive, d'une force incroyable :
We're here for you Darrell

Pierre Bellemare aka l'affreux

Thursday, March 03, 2005

Un gars de Wahsington

Né en 1950 à Washington, Ronnie Dyson a grandi à Brooklyn, c'est vers l'âge de 20 ans qu'il perce à Broadway en tant qu'acteur dans le musical "Hair". La chanson, "(If you let me make love to you then) Why can't i touch you", tirée d'un autre musical "Salvation" le propulse dans les charts , pour le compte de Columbia.
C'est à nouveau avec le producteur de Philadelphie, Billy Jackson, que Ronnie obtient un 2nd hit à l'automne 1970, "I don't wanna cry", d'autres hits suivent avec la reprise des Delfonics "When you get right down to it". Thom Bell l'aide à sortir l'album "One Man Band" en 1973.

Les hits s'essoufflent mais Ronnie tourne avec les Supremes et les Trammps. C'est chuck Jackson qui le relance à la fin des 70's, avec "The more you do it". Il quitte Colombia pour Cotillion au début des années 80. Il décède d'une crise cardiaque en 1990.
tiré des liner notes de Mark Marymont
Example
Une voix douce, sophistiquée et chaude (cf. Hair) qui nous change du style southern rugueux mais qui mérite le détour :
Pour le découvrir c'est par