la case de l'affreux thom

Monday, February 28, 2005

Dans la cour des très grands - Vol III

Nous poursuivons notre chemin en compagnie de merveilleux auteurs-compositeurs et interprètes injustement mésestimés, avec Jimmy Lewis.
Né dans le delta du Mississippi, il a passé l'essentiel de sa vie à Los Angeles. Il a commencé à sortir des signles dès 1962 pour le compte des labels Cyclone, Four J, Minit puis Tangerine, Volt, Buddah. Remplaçant pendant 2 ans au sein de Drifters de 1962 à 1965, il attire l'attention de Ray Charles qui le fait travailler sur l'album "Doing his thing" en tant qu'arrangeur.

Sa carrière solo ne décollant pas, il écrit pour les autres, ZZ Hill, Ted Taylor, John Edwards, Bobby Womack, notre vieille connaissance Jimmy Holiday...Puis vint l'abum "Totally Involved" pour le compte d'Hotlanta. L'écriture, notamment pour Malaco, reste néanmoins sa source de revenu principale, jusqu'à aujourd'hui. Ses clients : Dorothy Moore, ZZ Hill, Latimore, Bobby Blue, Johnnie Taylor.
Jimmy Lewis crée au début des 90's son label Miss Butch qui lui permet de sortir de nouveaux albums plus dans la tonalité Blues et de produire des chanteuses comme Peggy Scott Adams.

Ace/Kent a ré-édité "Totally involved" ainsi que de nombreux unrealeased sur les recueils "Still wanna be black" et "Give the poor man a break". Les textes sur les rapports hommes/femmes sont incroyables, ne manquez pas ça et ça aussi.
Example
Quelques extraits :
"He's got the paperwork on you
But I've got your heart"
You've got my heart, Jimmy

Saturday, February 26, 2005

Coeur d'artichaut

Betty Lavette est née dans le Michigan à la fin des années 40, puis a grandi à Detroit. Elle enregistre à l'âge de 16 ans "My Man - he's a lovin man" pour Atlantic, puis quelques singles pour Calla, Karen, SSS, Atco, Epic...Au début des 70's, elle a enregistré un album "Child of the 70's" pour Atco/Atlantic qui ne verra jamais le jour. Comme l'indique Dave Godin, le type qui a pris la décision de ne pas publier cet opus doit aujourd'hui vendre des voitures d'occasion.
On pensait les bandes de cet album détruites dans un incendie qui aavait ravagé les trésors d'Atlantic. Gilles Pétard a miraculeusement retrouvé ces bandes et les a publié sous un album appelé "Souvenirs - The complete Atlantic/Atco recordings".

Dotée d'une magnifique voix aux
multiples facettes, Betty est envoutânte. Les chansons d'amour prennent une allure tragique, je succombe...
Example

Ecoutez plutôt :
Dire que c'est la fondation France Telecom qui a permis la sortie de ce disque, je n'en reviens pas
achetez c'est par ici puis par

Bonne nuit, c'est à votre tour de pleurer

Tuesday, February 22, 2005

Deep Augusta

Le label anglais Casual Records a sorti récemment deux compilations afin de rendre voix aux songrwriters sudistes blancs, comme Tony Joe White, Larry Jon Wilson, Donnie Fritts, Dan Penn... A ce dernier, nous devons des morceaux comme "I'm your Puppet", "The dark end of the street", "Do wright woman" et bien d'autres standards de soul.
Aux confluents de la soul, de la country, du blues, de la folk, ces compils "Country got Soul" étaient faites pour l'amateur du Deep South que je suis, je sais, je me répète. La séparation de la musique par la couleur de peau n'a ici aucun sens, ce qu'ils partagent tous c'est le sens des histoires, l'intensité évocatrice de la voix qui font la soul que j'aime.

We weren't interested in any kind of white music. Far as I was concerned, I was black. I don't know how my skin got white, but I was black - my mind was black!”.

Dan Penn
Example
C'est grâce à Casual que j'ai découvert Larry Jon Wilson. Je viens de trouver d'occasion ses deux premiers albums ré-édités en CD, "New beginnings" (1975 - Monument) & "Let me sing sy song to you" (1976 - Monument) pour label See For Miles. Quelle joie d'avoir pu mettre la main là-dessus !

Larry, né en
Swainsboro, Georgia, a commencé à se lancer dans la musique sérieusement à 30 ans en prenant une guitare, suite à la mort de son père. Rien ne destinait ce représentant d'une compagnie de résines polymères pour bateaux à prendre la route. Deux albums ont suivi, en 1977 "Loose change" et "Sojourner" en 1979, puis le silence. Refusant tout compromis avec le monde des maisons de disques, il ne se livrera plus qu'à des lives de New York au Midwest. Ses plus grands fans sont Kris Kristofferson, Townes van Zandt , John Hammond, l'affreux...

Ecoutons cette voix qui se perd dans les profondeurs de l'âme :
“my people been livin’ down there, makin’ love and war and babies and liquor for about 285 or 90 years.”
Depuis la sortie des ses compils à succès, Casual a réussi à réunir cette joyeuse bande autour de l'abum "Testiying the country soul revue".

there's a redneck in the soul band, mes amis.


Sunday, February 20, 2005

It came from memphis

Willie Mitchell a donné un son reconnaissable entre tous à ses productions de Memphis. Sur une compil sortie en 1999 sur Westside, on retrouve cette basse étouffée, l'orgue hammond en fond et ces cordes omniprésentes qui définissent le son Hi. Cette collection, c'est "The Bluesoul Belles Vol.3 - Jean Plum & Veniece".

Example
une nouvelle pochette de Johnny spencer

De son vrai nom, Betty Jean Plummer(1954-), Jean Plum a commencé comme chanteuse de gospel à l'âge de 13 ans, à Chicago. Elle enregistrera pour les labels Checker, Salem et Bell. Elle signe en 1975 pour Hi, pour un album qui bien qu'enregistré ne trouvera pas le chemin des bacs pour des raisons inconnues. Seuls 5 singles ont été édités pour Hi. Cette édition de Westside nous permet d'écouter des morceaux fantastiques :
Ce qu'elle est devenue après 1978 reste un mystère, ses morceaux demeurent pour notre plus grand plaisir, même si le terme me semble peu approprié.

Mitchellement Votre
L'affreux

Friday, February 18, 2005

Dans la cour des très grands - Vol II

Etre brillant et doué a ses mauvais côtés, Phillip Mitchell en sait quelque chose.
Né en 1944 à Louisville, il a été membre dans les 60's des Checkmates et des Moonlighters. Depuis son plus jeune âge, il est passionné par l'écriture. En 1966, il rencontre Rick Hall à Muscle Shoals qui enregistre son 1er single solo pour Smash, puis sort d'autres singles sur Shout accompagné par la section rythmique de Fame.
Dans les 70's, il se consacre à l'écriture pour les autres, avec succès: "Starting all over again", "It hurts so good". Ses clients : Mel & Tim, Millie Jackson, Candi Staton, Dorothy Moore, Bettye Swann , Archie Bell...(la liste est tellement longue)
Il trouve un peu de temps pour enregistrer des singles pour Hi et pour Event, puis quitte Muscle Shoals pour fonder sa propre société. il signe deux albums pour Atlantic "Make it good" (1978) et Top of the line" (1979), enregistre "Devastation" (1986) et "Loner" (1991) pour Ichiban.
(Tiré des liner notes de Paul Mooney)
Example
Grapevine a publié en 2004 "Just the beginning", des chansons enregistrées dans les 70's avec cette fabuleuse section rythmique de Muscle Shoals. Ces masters n'ont jamais été commercialisés mais été dédiés à faire connaitre ses chansons. Cantonné dans son rôle d'écriture, il est terrible que les maisons de disques n'aient pas voulu publier cette voix magnifique. Une fois de plus, vous êtes emportés vers le Sud, par les aigus et les cris de Prince Phillip. "Pick hit of the Week" qui vient de sortir sur ce même label est l'oeuvre de vrais chercheurs d'or. Comme Sam Dees, ses plus grands fans se trouvent dans le Nord de l'Angleterre.

Je plisse les yeux en fonction des variations de sa voix. Cette soul est intérieure, kinesthésique et parle à tout votre corps. Instant classic, le terme souvent galvaudé est insuffisant, mes commentaires seraient malvenus et vulgaires, je me me tais :
les disques c'est d'occasion (pour les chanceux ou les fortunés, voire les deux) ou par ici

From northern to northern

Wednesday, February 16, 2005

D'une chaîne de montage Chrysler au Nord de l'Angleterre, il n'y a qu'un pas

JJ Barnes (né James Jay Barnes en 1943) originaire la Motor City, a débuté sa carrière en 1960 en enregistrant le single "My Love came tumbling down" pour le label Kabel. Porté par le producteur Don Davis, JJ enchaîne les concerts dans les clubs et assoit sa réputation de chanteur. Les labels Mickay', Ring, Ric Tic assurent les 45 t durant les 60's.

Une brève apparition en tant que membre des Holidays lui fait rencontrer Steve Mancha et Edwin Starr, mais le rachat de RicTic par Motown le contraint à quitter le micro, et il se met à écrire pour les autres. Sa rupture de contrat lui permet de ré-enregistrer à nouveau avec Don Davis, pour Groovesville, Revilot...Il sort, sans succès populaire, l'album "Rare Stamps" avec Steve Mancha pour Volt en 1969 et l'album "Born Again" pour Perception en 1973.
Edwin Starr qui caracole en Angleterre lui fait traverser l'Atlantique et il retrouve les faveurs du public de la Northern Scene.
Example

La voix de ce type est simplement fabuleuse, et heureusement que Don Davis lui a permis de graver quelques bijoux :
J'aurais pu mettre "Come on back", "Snow flakes", ou "You owe it yourself part I", mais la raison l'emporte...
Plongez-vous sans réserve dans cette voix, satisfaction garantie ici et


Sunday, February 13, 2005

Dans la cour des très grands - Vol I

Il est désormais temps de rendre grâce à des auteurs compositeurs de talent, injustement méconnus, qui se révèlent être des interprètes fantastiques, donnant une intensité aux chansons que certains chanteurs plus connus recherchent encore.

Je commence cette série avec une voix profonde portée par des textes poignants, je veux vous parler, d'un ami du soir, Mr Sam Dees. Né en 1945 à Birmingham, Alabama, il déute avec des 45-t en 1968, dont le fantastique "Lonely for you baby" sur SSS. Au début des 70's, il écrit et produit des chansons, pour Clarence Carter, ZZ Hill, Tyrone, Sydney Joe Qualls ...Il sort des singles pour Atlantic et même un album "The show must go on", ainsi qu'un duo avec Bettye Swann.
Il part pour la californie et écrit pour Tavares, les Temptations, Larry Graham, Gladys Knight...Il crée son propre label, Pen Pad, dans les 80's pour sortir ses propres interprétations.
Au total, il aura écrit plus de 350 chansons.
(tiré des liner notes de John Ridley)
Example
Les Cd's sortis pour la label Ace-Kent, présentent des morceaux pour la plupart en démos ou unreleased, alors qu'ils mériteraient la première place des billboards. Son chant me transperce,il charrie des sentiments puissants, qui vous retrournent les tripes.
Prenez tout cela d'urgence, pour le reste cherchez les occasions

Accrochez-vous :
Faites le plein, vous touchez le divin du doigt en appuyant sur la touche lecture.

Saturday, February 12, 2005

Une pêcheuse du Mississippi

Dorothy Moore, née à Jackson en 1946, se trouve devant moi assise dans un fauteuil semblable à celui d'Emmanuelle. Une fois de plus, c'est ce soul blues qui vient me faire frissonner avec ses accents country.
Dorothy a débuté en musique avec un groupe universitaire, les Poppies, qu'elle laisse pour travailler comme choriste pour le "dernier label de soul", Malaco. C'est elle qui booste à nouveau le destin du label de Jackson, après "Groove Me" de King Floyd et "Mr Big Stuff" de Jean Knight.
A un moment difficile financièrement, le morceau "Misty Blue" sort fin 1975, et explose les ventes. En 1976, le 1er album
du même nom publié sur Malaco lance la carrière de Dorothy.
pour l'acheter et succomber c'est
Example
L'abum est excellent du début à la fin.

Je vous livre :
Difficile en écoutant tout cela d'imaginer que sa passion c'est la pêche...

Wednesday, February 09, 2005

Canal historique - Part I

Certains points de vue lors de conversations sur le thème de la musique me heurtent toujours, avec la même force. C'était le cas, il y a quelques années lors d'échanges autour du Free Jazz. Que de propos fumeux sur Cécil, Ornette et Archie furent proférés par des amis rageurs, emportés par des vapeurs éthyliques. Cela m'a toujours laissé perplexe face à tant d'âneries, d'entendre un type qui ne connaissait du jazz que l'aspect qu'il souhaitait lui donner, celui de l'improvisation, de la "libération" et de "l'engagement", lancer le débat sur un musicien, sans avoir écouté ce qui se passait avant.
Pour moi, qui avait emprunté vers 14-15 ans les disques de mon grand père, ceux de Count, Duke, Charlie, Lionel Hampton, cela n'avait pas de sens.

Pour la soul, c'est la même chanson, on écoute avec attention vos disques teintés 70's ou cross-over, mais lorsqu'un bon vieux R&B tourne sur la platine, au mieux vous récoltez la moue, au pire on vous sollicite pour changer de galette dans les meilleurs délais pour écouter de la "vraie soul".

On ne se refait pas, je suis du canal historique, celui des blancs binoclards, pas doués pour la danse, qui ont besoin de comprendre, d'établir des liens, de collecter les données, de modéliser , de rechercher les anecdoctes...Pour ma passion, je n'ai à mon actif qu'une bonne paire d'oreilles curieuses, des pieds qui battent le rythme et un cerveau qui farfouille.
L'écoute précise du doo wop, du R&B, de Jerry butler, de Gene chandler me laisse entrevoir les sens et les silences de la soul, je ne sais pas faire autrement. Passons à la pratique.

Dans les années 50's, parmi les labels du marché R&B naissant, l'essentiel des labels était détenu par des blancs, deux exceptions majeures, Duke-Peacock de Don Robey et Vee-Jay de la famille Bracken, accompagné de Calvin Carter. Ce dernier label promis à un avenir radieux, terminera dans la banqueroute en 1965. Néanmoins, il nous a laissé quelques magnifiques perles qui lèveront les a priori, si nécessaire.
Example
On écoute :
Vous retrouverez tout cela sur the Story of Vee-Jay

Canal Soul Historique vaincra !

Monday, February 07, 2005

des gars de la Nouvelle Orleans

Willie Tee (né William Turbinton en 1944) est incontournable lorsque l'on évoque la scène de la Nouvelle Orleans.
Connu en 1965 par ses singles "Teasin'you" & "Walking up a One-Way Street", via le label Nola, il est lâché par Atlantic puis par Nola qui fait faillite. Son 1er album sort
en 1970 sur Capitol, sa contribution importante avec son frère Earl à l'album des Wild Magnolias a marqué l'histoire musicale de la crescent city.

La label de Hip Hop Tuff City, a ré-édité une compilation de morceaux d'un groupe dirigé par les deux frères Turbinton, les Gaturs. L'album s'intitule "Wasted", et nous livre un street funk avec ce son si particulier à l'orgue. Vous êtes projetés en quelques instants en Louisiane.
Je suis amoureux des riffs de cet album et plus généralement de la voix de Willie tee, quelque soit la période.
Example

on écoute :
Les allums ou là bas
n'oubliez le blog de la crescent city, home of the groove, une mine d'or

Carnaval ou pas ?

Friday, February 04, 2005

Tiens voilà du boudin !

Des propos grivois sur ce blog ! l'affreux est en train de basculer...
Loin de là, quoi de plus soulful que le boudin, je m'explique.

Jean-paul Levet dans son ouvrage "Talkin that talk" (2003 - éditions Kargo) définit les chitlins comme "un plat traditionnel de la soul food fait à partir d'intestin de porc grillé". Les endroits qui ont porté la Soul, les cabarets noirs du Sud, tirent leur nom de ce boudin, le fameux "chitlin' circuit". Le public du chitlin circuit a permis la survie de soul, via les gens les plus modestes. Alors, regardez le boudin d'un autre oeil désormais...

Causons un peu de deux artistes qui ont tourné sur le chitlin'.
Le 1er Geater Davis (1946-1984) nous livre un soul-blues brut , aride, d'où émerge un voix saisissante aux accents rauques, bref le sud de mes fantasmes. Geater, littéralement "cul terreux" ne connaitra pas la gloire des charts, mais il fut porté par des producteurs pugnaces, couvant la soul au chaud hors des modes et du bruit du temps. Il décède prématurément d'une crise cardiaque. l'album tout de suite, c'est

Le 2nd très connu Bobby blue bland (1930) a déclenché de tous temps le délire d'un public féminin conquis par cette voix au pouvoir érotique. Ce crooner a survécu aux vicissitudes des labels, et ramène autour de lui des vieux fans. allez l'album "Dreamer" 1974, c'est ici
Example
Je vous propose :
J'aurais aimé n'être pas à ma place dans ces clubs du chitlin'...

la messe est dite

Wednesday, February 02, 2005

où sont les prophètes ?

A force de chercher des perles, on tombe parfois sur de magnifiques artistes dont on sait peu de choses et qui ont suscité peu de commentaires.

C'est le cas de Larry Saunders dont je ne sais absolument rien, à part qu'il a enregistré à Muscle Shoals, avec Travis Wammack à la guitare. La voix est magnifique, inspirée... rien à ajouter, juste à vous faire part de deux sublimes incantations :

l'album est irrésistible du début à la fin, vous trouverez l'abum "Stranger" chez DustyGroove.
Example
"i was raised in Alabama, in a city called Mobile...", les présentations sont faites