la case de l'affreux thom

Friday, December 31, 2004

Rideau

Pour finir l'année en beauté, je vous propose d'écouter ma plus belle découverte vocale de cette année 2004 : Eric Roberson.
Ce jeune chanteur nu-soul du New Jersey a sorti cette année un album fantastique pour le label SteelPetal. J'aurais pu choisir un vieux 45t, des albums confidentiels, j'opte pour cette perle posée là, qui vous donne confiance en l'avenir de la soul.

Je vous propose deux extraits qui s'amusent à vous frissonner, voire tressaillir, je pèse mes mots. On écoute :

- Find the way, si vous êtes insensibles, passez votre chemin

- Past Paradise, le sax, mes amis, le sax, que diable !

Soutenez Eric en achetant son album "The Vault - Vol 1-5", d'urgence.
Un prix dérisoire pour tant de plaisir.
Example
Bon réveillon à tous les affreux
je reprends dimanche, le temps pour moi de retrouver les pas de Dieu

Thursday, December 30, 2004

Une femme de la Nouvelle Orleans

Après Margie Joseph, je vous propose une nouvelle voix féminine puissante, rageuse, presque virile. Cette chanteuse, fille d'un réverend baptiste, doit son prénom au jour de sa naissance, à savoir Noel, voici donc Merry, Merry Clayton (1948-). Merry a enregistré quelques morceaux en solo dans les 60's, elle fut même une des raelettes de brother Ray.

Comme Clydie king, vous connaissez cette voix, car elle est présente
en back up vocals sur des morceaux et des albums d'exception :
sur "Sweet home Alabama" de Lynyrd Skynyrd, "Tapestry" de Carole King,
"With a little help from my friends" de Joe Cocker, "Neil Young" 1969,
mais surtout "Gimme Shelter" de Stones. Pour la petite histoire, Mick Jagger
aurait pris ombrage de cette collaboration, car la voix de Merry porte le morceau et nous fait oublier que Jagger chante aussi. A tel point, qu'il se serait juré, de ne plus chanter avec une femme en duo. Gentleman comme à l'habitude...
Vous trouverez plein d'infos sur cette excellente page.
Example
Ecoutons "Southern Man", reprise de Neil Young sur l'album "Merry Clayton" sorti sur Ode en 1971 et "Country Road" extrait de l'album "Gimme Shelter" sorti en 1970 sur Ode.
Les albums sont disponibles d'occasion, mais difficiles à trouver.

Depuis, Merry est retournée vers le gospel.
Levez-vous chères soeurs, chers frères...

Wednesday, December 29, 2004

Elle

Un post très particulier pour célébrer l'anniversaire de ma dulcinée, celle qui rend possible ce blog et bien d'autres choses.

Bill evans - Waltz for Debby

Wim Mertens - A Tiels Leis

Example
To Lulume

Tuesday, December 28, 2004

Une margaret incontournable

Les margarets sont-elles toujours des femmes déterminées ? A écouter Margie Joseph ces derniers jours, je penche pour cette hypothèse.

Né en 1950 Mississippi, Margie est enseignante de formation, métier qu'elle
retrouvera parfois au cours de son existence, au gré des vicissitudes des maisons de disques. Elle débute sur Okeh, mais apparaît réellement aux yeux du public en 1970 avec l'album "Margie joseph makes a new impression" paru
sur Volt. Elle poursuit ensuite sur Atlantic puis sur Ichiban.
Example

De l'album sorti sur Volt, je vous propose l'éclatant "
Punish me"
et le musclé "
Sweeter Tomorrow", que vous retrouvez ici.

Pugnacité

Monday, December 27, 2004

distance ou distanciation ?

Certains groupes de soul sont maintenus à bonne distance des discographies ultimes et définitives du fait de leur dimension "harmonies vocales" qui déplaît à certains puristes. Est-ce la distance du respect ou celle du mépris ? Est-ce que ces groupes sont trop marqués doo-wop ou l'inverse préfigurent-ils trop la disco par leur orchestration et leurs arrangements ? ou peut être les costumes ?

Pour ma part, j'adore ces territoires nostaligiques. Je viens d'acquérir l'intégrale des Chi-lites sur Brunswick, produit par un régulier de ces chroniques Carl Davis. C'est promis, je vous rédige quelque chose prochainement sur lui car on le croise trop souvent. Admirés pour leurs ballades ou leur chansons "militantes", ils restent trop souvent absents ou oubliés, à mon goût. Je corrige donc cette situation injuste en vous livrant deux chansons chères à mon coeur.

Example
On écoute une reprise de marvin, "inner City Blues" extraite de l'album
"Lonely Man" sortis en 1972, et "Go away Dream" extrait de l'album simplement nommé "Chi-lites" de 1973.ah le fameux falsetto d'Eugene Record !
Vous cherchez l'harmonie? c'est à cet endroit

Clin d'oeil à Sonny Soprano
PS : des pertubations en ce moment sur les commentaires, je cherche à
réparer

Sunday, December 26, 2004

le vrai moi ?

Etre ce que l'on est vraiment, en voilà un programme. Je ne pense pas que cela ait un sens. Nous avons trop de facettes, nous pouvons être tour à tour anges, démons, salauds, prêtres... Trouver son vrai moi, une quête sans fin et vaine qui vous amene dans des culs de sacs ou sur des chemins où les moi des autres prennent trop de place.

"Be What you are" c'est pourtant le titre d'un fantastique album sorti pour Stax en 1973, par les Staple Singers. Une famille qui a bien fait de "vendre son âme au diable" comme bien d'autres, sous la direction de Roebuck "Pops" Staple. Orginaire du Mississippi, avant d'emmener sa tribu vers Chicago, Pops a cotoyé du très beau monde, notamment notre terrible Charley Patton, sens & silences une fois de plus.

Example

Je vous propose l'inévitable "Love comes in all colours", eh oui les 70's,
et puis "i'm on your side". L'album là bas
Mavis est une déesse.

Je me sens bien

Thursday, December 23, 2004

soul for christmas tree

Certains illuminés prétendent que les plantes ont besoin d'attentions particulières. La satisfaction de leurs besoins vitaux ne serait que secondaire si cette 1ère condition n'est pas remplie. J'avoue ne pas avoir d'avis tranché sur la question. Dès que j'achète une plante, elle meurt inévitablement. A mon avis, cela révèle une absence totale de psychologie botanique, voire de psychologie tout court.

Penchons-nous sur le phénomène des sapins. D'une année sur l'autre, ils perdent plus d'épines ou moins d'épines, le propriétaire lui reste toujours perplexe. Plusieurs causes peuvent expliquer les variations de sinistre, mais deux d'entre elles s'imposent à l'esprit :
1) la qualité du sapin : son origine, le type de pepinière, l'alimentation...
2) l'environnement : température, humidité... et pourquoi pas l'environnement
sonore
En effet, il est tout à fait possible que la musique diffusée, les sons qui l'entourent déterminent une issue fatale ou à l'inverse heureuse. Je ne me lancerais pas dans des théories scabreuses sur un lien entre perte d'épines et les chansons d'un certain Tino. Néanmoins, il est temps que je fasse amende honorable pour l'absence de soins prodigués aux plantes qui m'ont accompagné un court moment.

Aussi, je vous livre des pépites en or massif pour vos sapins.
Notre Génie du New Jersey, Andy Bey, inaugure cette session avec un morceau extraordinaire tant vocalement que instrumentalement. Il est extrait d'un album deKarl Denson
sorti en 1995 sur GreyBoy "The D stands for diesel". Ce stax tenor a permis à Andy de livrer le meilleur de lui même sur le morceau "Bougainvillea". the perfect swing ! Que Mike Andrews à la guitare soit béni.
Croyez-moi, prenez ça les yeux fermés

et dans une version live dépouillée, Andy, en live pour la radio WDET 101.9, sur "River Man". Cosmique
Example
Il y aura moins d'épines ce soir.

Tuesday, December 21, 2004

Vous prendrez bien un peu de soul dans votre folk ?

En ce moment, j'ai envie de vous passer du folk gorgé de soul.

On poursuit
donc notre belle série avec une guitariste née à Nashville mais élevée par des presbytériens à Kobe, Japon ! Un parcours pas comme
les autres. Elle passe son enfance au pays du soleil levant jusqu'en 1963.
De retour aux Etats Unis, Ellen McIlwaine (1945-) apprend la guitare puis
file se frotter à la scene New Yorkaise.
Pour la petite histoire, on murmure qu'Ellen était aux côtés de Jimmy lorqu'il
était en train d'écrire "The wind Cries Mary". Elle se lance dans une carrière
solo dans les 70's en sortant deux albums pour Polydor "Honky Tonk Woman" et "We the People".
Example
Ce sont deux extraits de cette période que je vous propose ce soir.

Le nerveux "Toe hold" pour commencer, morceau de Hayes/Porter, suivi du
sublime "Wade in the water" composé par Ellen. Candido aux percus !!

L'album par

Vous prendrez bien un peu de soul dans votre folk ?

Clin d'oeil à Lapieuvre

Antigel

La nuit dernière fut très fraîche. Au réveil, ma voiture était complétement gelée, ça m'a pris 20 minutes avec un grattoir d'un autre âge pour enlever cette satanée glace. J'y ai perdu 3 doigts. Je me suis mis à rêver d'un bouton magique qui permettrait de dégivrer en tout cela en deux coups de cuillère à pot. Malheureusement, cette option n'existe pas.

Néanmoins, je vous propose un antigel de 1er ordre, une expérience décontractante, myorelaxante à vous faire jouir tous les muscles ensemble dans une symphonie corporelle, qui vous fait dire que l'expression "musique du diable" n'est pas usurpée ! De quoi écarter les murs, tordre les ponts, plier les viaducs...
Example
C'est Vernon Burch (1957-) qui commence avec "Baby love" extrait de l'album "steppin' out", sorti en 1980 sur le label Chocolate City. La basse devrait vous emporter sous des latitudes plus chaudes. Pour les albums, c'est d'occasion.

J'entends plus loin une harpe débridée, ces sont les Skull Snaps 1973 sur l'indispensable "My hang up is you". Les cordes s'emballent, les harmonies vocales sont divines, bougez-vous...
En effet, "i don't need no dope to feel super high". L'album par ici


Sunday, December 19, 2004

ne laissez rien traîner

Je dois l'avouer, j'ai une disposition naturelle particulièrement avantageuse en musique : de très grandes oreilles ornent mon crâne. A un point tel, que ça peut en devenir un handicap, cela génère un appétit insatiable de sons,comme si ma vie en dépendait. Je suis en perpétuelle recherche d'émerveillements sonores.

Ne laissez rien traîner, ne me parlez d'un bootleg, d'un disque perdu, tant écouté pendant votre enfance, je vais me mettre en quête, tel un coureur de fond. Ca prendra le temps que ca prendra mais il ne m'échappera pas !

Les deux morceaux qui suivent sont le fruit de ce type d'histoire.

Le 1er est "Le Vol arrêté" de Vladimir Vissotski (1938-1980).
C'est une bonne suite après David Van Ronk. Vous trouverez plein d'infos sur ce "dissonant" ici ou . Vous trouverez les albums
Merci à Johan
Example
Le 2nd est "For Heaven's Sake" de Richie Havens (1941-) extrait de l'abum "Richard P Havens 1983" sorti en 1969. Une bombe !
L'album est disponible d'occasion.
Un grand Merci à Rachid & Sonny
Example

Dormez en paix sur vos deux oreilles

Friday, December 17, 2004

tu veux ou tu veux pas ?

Tergiversations, procrastinations, doutes, voilà ce qui caractérise le quotidien de mes amis depuis plusieurs jours. Est-ce lié au temps maussade, au temps qui passe, à la tempête qui se prépare ?

Je n'en sais rien mais pas question de badiner. Le sérieux nous guette et nous rend plus ridicules. Il me faut une voix forte pour y voir clair. J'ai une idée...
Ecoutons mon ami Dave Van Ronk (1936-2002), voilà un nom dont les sonorités me sont proches.

Né à New york, Dave apprend la guitare avec le Révérend Gary Davis. Fortement influencé par le jazz et le blues rural, Dave va devenir une référence folk pour le Grennwich Village. En dépit du déclin du folk dans les 70's, il reste fidèle à son style et se défend farouchement des assauts du marketing ou des effets de mode.
Example
plus d'infos sur Dave, c'est ici
La discographie , c'est par
allez voir cet excellent blog Salut l'amérique

Bref une figure et j'aurais aimé boire quelques coups avec lui en discutant cuisine et politique. Pour l'instant, je me délecte de sa voix

On écoute au vu des circonstances, "Hesitation Blues"
I'm standing on the corner with a dollar in my hand
Looking for a woman who is looking for a man
CHORUS
Tell me, how long, do I have to wait
Can I get you now, or must I hesitate
Nickel is a nickel, a dime is a dime
Got a house full of children, not one of them's mine
Eagle on the dollar says In God We Trust
If you want a good girl gotta see that dollar first
If the river was whiskey and I was a duck
I'd swim to the bottom and never come up
I was born in London, I was raised in France
I'm a dirty old daddy and I wear silk pants
Put on my hesitation stockings and my hesitation shoes
Long as I got them Hesitation Blues
I don't know, but I've been told
Saint Peter taught the angels how to jelly roll


Nous terminerons sur, "Cocaine Blues"
Every time I meet my baby, go uptown
Police come and they knock me down
Cocaine, run all around my brain

Chorus:
Yeah baby, come here quick
This ol' cocaine 'bout to make me sick
Cocaine, run all around my brain

Yonder comes my baby, dressed in red
She's got a shotgun, says she's gonna kill me dead
Cocaine, run all around my brain

Cocaine, run all around my brain

Early one mornin', half past four
Cocaine knockin', at my door
Cocaine, run all around my brain

You take Mary, I'll take Sue
Aint no difference, twix the two
Cocaine, run all around my brain

Yeah baby, come here quick
This ol' cocaine 'bout to make me sick
Cocaine, run all around my brain

Started down Beale Street and I'm turnin' up Main
Lookin' for a gal who sells cocaine
Cocaine, run all around my brain

Cocaine, run all around my brain

Well I reached into my pocket, grabbed my polk
Note in my pocket says "No more coke!"
Cocaine, run all around my brain

Umm hmm
Umm hmm
Cocaine, run all around my brain

Cocaine's for horses, not for men
They tell me it'll kill me but they won't say when
Cocaine, run all around my brain

Yeah baby, come here quick
This ol' cocaine 'bout to make me sick
Cocaine, run all around my brain
Ne tortillez pas prenez moi ça et ça

Les choses me semblent plus claires, au moins pour ce soir...

Thursday, December 16, 2004

Un génie du New Jersey - Part II

Andy Bey fait des ravages parmi les aficionados.
je vous le propose dans deux nouvelles configurations très différentes :

Avec ses soeurs tout d'abord, Andy Bey & the Bey Sisters, un trio vocal avec Geraldine et Salome qui charrie avec lui le gospel, la soul... Deux albums sont sortis sur Prestige Now Hear ! (1964) et Round midnight (1965), ré-édité sur un magnifique Cd que vous trouverez ici.
On écoute le sublissime "A taste of honey", je m'incline.
Example
Avec Gary Bartz sur les Harlem Bush Music, c'est à dire les albums Taifa(1970), Uhuru (1971), Juju street songs (1972) et Follow The Medicine Man (1973). Andy se surpasse sur Uhuru dans le morceau "Celestial Blues".
les albums pssst par ou par ici
Example
"We must get closer to ..."
Pas toujours simple d'avoir autant d'anges sur le dos, parole de pécheur

Wednesday, December 15, 2004

Un goût d'éternité

La dernière fois, lorsque j'ai évoqué ma rencontre avec Al Capone, je vous avais promis de vous parler plus en détails d'un des frères Chatmon, et plus particulièrement de l'apparente contradiction entre paroles salaces et pureté de la musique.

Je me suis rappelé de cet engagement hier en écoutant la radio. Un vieux morceau de house Chicagoanne était diffusé sur les ondes : beat metronomique, sons de claviers synthétiques, voix de tête murmurant des paroles suggestives, sans oublier bien sûr l'incontournable Bass Roland...Croyez-moi, ce morceau n'avait pas vieilli d'un pouce, il symbolise une période d'engouement, de rassemblement d'un public autour d'une une musique, d'hymnes et de chansons.

Rares sont ces morceaux qui traversent le temps, car ils doivent être mûs par la force d'une expression singulière et doivent répondre aux goûts d'un public qui est en phase avec la musique de son temps. Les 1ers morceaux de blues, de country, de rock'n roll possédent ces qualités. Ils représentent une expression inidividuelle brute qui se moque des standards ou du raffinement d' arragements complexes.

Chose d'autant plus étrange, ces morceaux parlent généralement de nos instincts les plus profonds et génèrent des textes pas piqués des vers qui ravissent le public par leurs allusions sexuelles. Ils conservent une énérgie et une signification qui dépassent les modes. Ce sont des diamants bruts.

C'est le cas de notre ami Bo "Chatmon" Carter (1898-1965).
Example
Je vous propose "Your Biscuits are big enough for me" et "Pin in your cushion" dont je vous laisse admirer les métaphores.
Achetez ? c'est par

Je vous l'avais dit, en passant par la lubricité on touche parfois l'éternité

Tuesday, December 14, 2004

La part du Lion - Part III

Nouvelle version du morceau de Latimore, plus connue, interprétée par
Gwen McRae
, la femme de Georges.
Sorti en 1978 sur Cat, filiale de Tk, sur l'album éponyme que vous retrouvez
ici

On est une nouvelle fois en compagnie du Miami sound. L'intro est très longue, proche du morceau original, la voix est profonde et déchirante
Example
Allez Let's straighten it out

Sunday, December 12, 2004

Un dimanche froid et brumeux

La température extérieure est très basse, j'ai besoin d'une voix intime à mon
oreille qui me permette de m'engourdir un peu plus.
Je vous propose d'écouter une version live de "Purple Rain" de
Jennifer Terran
, disponible sur son site.
Une femme d'exception, auteur-compositeur-interprète, prof de hip-hop, femme d'affaires. Indépendante, elle crée son propre label pour sortir ses disques depuis 1997.
La voix renvoie à d'autres voix de références...
Example
Loin des majors, prenez l'album "The Musician" ici

Un génie du New Jersey

"bring a little more Health, Happiness, Love and Peace into your life."
Voilà ce que Horace Silver souhaitait faire dans les 70's avec une série de 3 albums réunis sur Blue Note sous le titre "The United States of Mind". Ces albums ont été ré-édités en 2004 par Michael Cuscuna, en 2 CD.
Vous trouverez ce bijou là-bas.
Example
Les disques furent mal acceptés, changement total pour Horace Silver qui bascule dans une fusion soul-jazz, où les voix très présentes soutiennent des textes engagés. Pour une partie des critiques, le signe du déclin du label.

Cela me permet de vous parler d'un veritable génie du jazz vocal, à la voix ample,Andy Bey.
C'est lui qui assure la majeure partie du chant sur ces disques avec sa soeur Salomé. Il a collaboré dans la même veine aux disques de Gary Bartz, les fameux
"Harlem Bush Music projects".
Example
Je suis un fan absolu. Dans les années 90, Andy est en Autriche afin d'enseigner son art. L'album "Ballads, blues & Bey" de 1996 relance pour notre plus grand bonheur sa production, avec la bénédiction d'un public toujours plus large.

Je vous propose "Won't you open up yours senses" et "I had a little talk"
Vous ne pouvez qu'être conquis, je passerais d'autres morceaux d'Andy dans les prochains jours.

Les anges sont nombreux

Saturday, December 11, 2004

Une femme du Mississippi

Le pendant féminin de notre gars du mississipi est Jo Armstead née à Yazoo City en 1944. Parolière et productrice de talent, elle bénéficie d'un parcours tout à fait étonnant.
Membre des Ikettes, elle fut tour à tour songwriter pour Ray Charles ("Let's go get stoned"), Garland Green, Syl Johnson, Ruby Andrews, puis dans la seconde partie de sa vie elle lance sa propre marque de vêtements et devient le manager d'un boxeur de Chicago, Alonzo Ratliff !

Elle a eu l'occasion de travailler avec Ashford & Simpson et pour de nombreux labels. Un parcours sans faute, injustement méconnue (problemes de royalties entre autres), je vous propose deux extraits démontrant ses talents d'interprète.
Le choix des morceaux est difficile, je me lance néanmoins.
Example

On écoute "There 's not too many More (left like him)" et "Stepping stones".
faites une affaire en passant par ici
Je vous laisse en compagnie d'une femme d'exception.

Un grand merci pour tous ceux qui ont mis "la case" dans leurs liens

Un gars du Mississippi

3 jours sans pouvoir poster, je vous retrouve enfin. Afin de rétablir l'équilibre,je vous livrerais durant ce week end plusieurs découvertes de taille.

On commence tout suite avec un auteur compositeur de talent, Johnny Moore . Né en 1940 à West point, il evolue vers Chicago où il tourne dans différents clubs. Sa rencontre avec le producteur Jack Daniels (tout un programme, d'ailleurs pour l'histoire, reconverti en marchand de spiritueux) lance sa carrière de songwriter. Il écrit pour Tyrone Davis "Turn back the hands of time", son plus grand hit, pour Jackie Wilson "This love is real".

Après la fin du partenariat avec Daniels, il rejoint Syl Johnson et Willie Mitchell à Memphis. Et là c'est "One way ticket to nowhere", "Thank you baby" et We did it". Syl Johnson dit de lui qu'il est un des auteurs/compositeurs les plus méconnus, en dépit d'un talent immense.

Je vous propose d'écouter ses propres sorties en 45 tours, entre 1966 et 1972, que Dave Box à compilé pour Grapevine, sur le recueil "Lonely heart in the city". Achetez le ici

On écoute "Call it you Wanna" 1966 et "Thank you baby" 1968
Example
la vie est infinie

Wednesday, December 08, 2004

des synapses qui crépitent aux notes d'un piano

C'est l'effet provoqué par certains ports d'attaches musicaux que l'on retrouve toujours avec le même plaisir. Les yeux se ferment mécaniquement, le poil se dresse, l'émotion est intérieure et entière. Ces morceaux parlent avec votre corps tout entier, la tête, les pieds et votre âme damnée de crate digger.

Le 1er morceau est "Equipoise" de Stanley Cowell sorti au départ sur
"Musa Ancestral Streams" (1973 -Strat East) vous fait regarder
votre vie comme depuis la fenêtre d'un train, avec un regard bienveillant vous
observez avec distance
les images et les instants de votre existence que chaque note évoque.
La version que vous écoutez est celle sorti sur l'album
"Close to you Alone" (1990 -DIW).
Example

le 2nd morceau, "Piano Grand" de Tony D me déchire le cortex par sa
boucle hypnotique et
apaisante.La simplicité est désarmante...
PLAY IT LOUD

L'album "Pound for Pound" (1995 - Grand central)
plus d'infos sur Tony

Je suis Vivant !

Monday, December 06, 2004

Un gars de Floride

Chers amis, nous attaquons les diamants, avec "Speak her name".

Cette voix a, pour moi, une force d'évocation et d'émotion, inégalée.
l'effet était garanti lors des concerts :
"Women used to bring chairs to sit in front of the stage when Walter was on, and he would welcome it."
Walter Jackson (1938-1983) n'a pas a priori toutes les chances de son côté pour démarrer sa carrière au sein de la Motor City. Paralysé par la polio qu'il a contracté à l'âge de 5 ans, il décide néanmoins de devenir chanteur.
Example
Après un bref passage au sein d'un groupe, il rejoint Chicago car il a été repéré par le merveilleux producteur Carl Davis qui le fait rentrer dans les charts, pour le compte du label Okeh. Les interventions de Curtis Mayfield et Billy Butler boostent sa carrière, pendant les 60's.
Les 70's s'avèrent plus difficiles, toujours soutenu par Davis, sur Chi-sound, il
bascule dans un cross over, pop soul.
on écoute, "It's all over"
Il décède d'une hémorragie cérébrale, mais sa voix traîne toujours à nos côtés.

Je vous conseille la compil des années Okeh et pour les plus fans, les autres
albums ré-édités par Westside.

En recherchant des images de Walter, je suis tombé sur le site d'un type curieux, Johnny Spencer, qui dessine sur des 45 tours de black music, c'est fascinant
Example


Sunday, December 05, 2004

Caché derrière un barde

Les apparences sont parfois trompeuses, dit-on. Je suis tombé dernièrement sur un type avec un drôle d'allure. Il semblait sortir d'une fête celtique, plein de secrets que seuls les druides discutent à voix basse, quand la pleine lune brille au dessus des menhirs. La langue des pierres est scellée depuis fort longtemps.
Je pensais trouver au-delà ces apparences une musique fumeuse de fumistes chevelus, pleine de reverbs et d'échos.
Example
Derrière ce barde, se cache une vraie pépite, une voix en or pleine de tremolos, où les cordes fustigent contre des cuivres nerveux, proches du barrissement.
Le morceau commence par une voix pâle, tremblotante, qui
courre la lande, bientôt rattrapée par une guitare, une batterie et un piano.
J'adore le break à la 4'54.

Nous sommes en 1971, Shawn Phillips vient de sortir l'album "Second Contribution"...

plus d'infos, ici
On écoute les deux premiers morceaux, "She 's waitin' for her mother at a station in Torino and .../Keep on"

Les ruptures de rythme, l'orchestration et les envolées lyriques me renvoient à un morceau similaire "Dancing Girl", d'un autre barde, noir cette fois.
J'ai nommé Terry Callier sur l'abum "What Color is love ?", la pochette est une des mes préférées.
Example

"All those notes won't take the pain away..."

Tout cela me donne envie de sortir et de prier la lune, je serai indien ce soir, ne me demandez pas pourquoi.

Saturday, December 04, 2004

la part du Lion - Part II

la réponse au lion par une lionne qui est toujours retombée sur ses pattes.
En
passant par les extremes, sa voix s'est intensifiée, densifiée...
En 1990, Etta James publie un disque de standards "
Matriach of the Blues"
sur
lequel on retrouve le morceau de Latimore.

Example

Messieurs, une leçon, on l'écoute ici

Friday, December 03, 2004

le jour où j'ai pris le train avec le chef de la mafia...

Les idées de ces chroniques germent de manière étrange (sens & silences).
J'étais dans le train cet après-midi, je pensais à l'un des mes amis dont un des surnoms est Al Capoon Jr. Mes amis sont très friands d'identités multiples, et joueurs.
Par association d'idées, j'ai vu Al Capone assis à mes côtés.De là où j'étais installé, je voyais parfaitement les 3 cicatrices sur son visage, Franck Gallucio avait marqué à jamais de sa main l'existence de celui qui avait insulté sa soeur.
Je me suis rememoré ce que Gerard Herzhaft évoquait dans "La grande encyclopédie du blues"(Fayard 1997) au sujet du patron de Chicago :"Sittin'on top of the world" (1930) des Mississippi Sheiks était l'air favori d'Al Capone, à tel point qu'il obligeait tous les revendeurs de disques à diffuser ce morceau.
Example
J'entendis le violon au fond de la rame, Al semblait ravi...
On l'écoute, ici, je vous laisse chercher ce qui pouvait tant lui plaire dans cette
chanson et élaborer les théories les plus échevelées.

Was all the summer, and all the fall,
just trying to find my little all in all
But now she's gone, I don't worry
I'm sitting on top of the world

Was in the spring, one summer day
Just when she left me, she's gone to stay
But now she's gone, I don't worry
I'm sitting on top of the world

An' you come here runnin', holdin' up your hand
Can't get me a woman, who can just kin1 a man
But now she's gone, I don't worry
I'm sitting on top of the world

It have been days, I didn't know your name
Why should I worry and prayer in vain
But now she's gone, I don't worry
I'm sitting on top of the world

Goin' to the station, down in the yard
Gone get me a freight train, worked some - got hard
But now she's gone, I don't worry
I'm sitting on top of the world

The lonesome days, they have gone by
Why should you beg me and say goodbye
But now she's gone, I don't worry
I'm sitting on top of the world


Quelques mots sur les Mississippi Sheiks
Ils sont issus d'une famille de musiciens, la famille Chatmon, provenant des
planatations de Gaddis et McLaurin, dans le...Mississippi. Cette talentueuse
lignée, d'ailleurs Charlie Patton était de la famille, a formé un orchestre à cordes de renom.

Example
Lonnie et Bo Chatmon avec leur voisin Walter Vincson composent un trio
qui durera jusque 1935, Sittin'on top of the World est leur hit.
Cela me donne envie de vous parler prochainement de Bo "Chatmon" Carter et de l'apparente contradiction entre paroles salaces et pureté de la musique.

To Al Capoon Jr

Wednesday, December 01, 2004

Des gars de Maastricht/Limburg

J'ai découvert, il y a quelques années, sur une compil de Funk, "Inside Out" (version courte) d'un obscur groupe appelé American Gypsy. Le morceau en question démarre par une intro disco où les codes se font glaçantes puis bascule vers un son à la Sly Stone, avec une voix très, très chaude.
Cela m'a pris des années pour mettre la main sur l'album "Angels Eyes"
(Philips 1974) sur lequel figure le dit morceau.
Des informations contradictoires trainent sur la toile concernant American
Gypsy
, il ne s'agit en fait ni d'un groupe de Minneapolis, ni d'un groupede Leicester. C'est une association de musiciens américains, sidemen ayantjoué aux côtés des plus grands, qui se retrouvent aux Pays-Bas en 1972.L'histoire ne dit pas pourquoi ils sont restés chez nos voisins bataves.
Ils ne produiront que 2 LP pour s'arrêter en 1984, après plusieurschangements du line-up.
Example
La voix est fabuleuse, face à un melange funk/rock progressif parfois surprenant.
Je vous propose deux pépites :
- Golden Ring (1974)
- Angel Eyes (1974)

Vous trouverez des informations sur le groupe (nl).
le prix de l'album est modique, ne discutez pas, foncez là-bas