la case de l'affreux thom

Tuesday, November 30, 2004

la part du Lion - Part I

Je pense que les standards du blues, de la soul, et du jazz ont une finalité tout à fait particulière : créer du lien. Ces liens établissent à eux seuls une communauté invisible qui ignore les frontières, qui se retrouve autour du poste un sourire entendu aux lèvres lorsqu'elle entend les premières notes d'une énième version d'une chanson de Cole Porter.
Quel plaisir y-a-t-il en effet à écouter le soir en catimini une nouvelle pépite ?
Les standards créent une connivence, une complicié cosmique avec l'auteur,
l'interprète et les autres auditeurs potentiels. Il y a des chansons qui vous transportent , dont on se repaît à collectionner les versions, quelque soient leurs qualités. Nous pourrions discuter des heures entre amateurs des apports de telle ou telle version à l'émotion développée par cette terrible et entêtante chanson.

Dans les 1ères places de ces momunents de la soul, figure en bonne place
l'oeuvre d'un Lion dont la crinière peut vous conduire à méditer une nuit entière sur une pochette : J'ai nommé mon vieux compagnon Benny Latimore.
Example
C'est en 1974, que Benny explose aux yeux du public, au travers de l'album "More More More",sur le label Glades de Miami. La part du Lion, un soul blues sensuel (normal lorsqu'on a grandi dans le tennessee ?), s'impose immédiatement comme un standard. Tout un programme pour les couples :
"Sit yourself down, girl, and talk to me;
Tell me what's uh on your mind.
Don't keep on tellin' me everything's OK,
'Cause if it was, then you wouldn't be cryin'.
You been tossin' and turnin' in yo' sleep lately,
Sittin' 'round poutin' all day long.
Now how in the hell you expect me to understand,
When I don't even know what's wrong?

Let's straighten it out.
Let's straighten it out.
Let's straighten it out, baby,
Let's straight it out.

For the last five nights, honey, when we went to bed,
Oh, I could tell somethin' just wasn't right.
When you turned your back to me and you covered your head,
Then you didn't even say goodnight.
Now if you tired, 'n' you don't wan' be bothered baby,
Just say the word and I'll leave you 'lone.
Instead of layin' out cryin' yo' eyes out, baby,
You and me oughta be getting' it on.

Let's straighten it out

Let's straight it out, baby, let's straighten it out.
Why don't you talk to me honey?
How in the hell do you expect me to understand,
When I don't even know what's wrong?
I believe we gon' straighten it out"


Je vous propose, pour ce Part I, Let's Straighten It Out, non pas la verion de 1974, mais une pépite sortie en 1988 pour le label Malaco (I'll do anyhthing for you), allongée d'une intro dont je ne me lasse jamais ("i don't care..."). Asseyez vous, fermez les yeux...
J'aurais l'occasion de vous faire découvrir prochainement d'autres versions
.

To lulume

Monday, November 29, 2004

Un gars du Tennessee

J'ai envie de vous parler aujourd'hui de Ed Townsend (1929-2003),
auteur/interprète et producteur. C'est en proposant à Capitol "For your love" en1958, que sa carrière a commencé, lorsque le label lui proposa de chanter cemorceau lui-même. Il enregistre par la suite quelques singles puis 2 albumspour ce même label.
On le connaît surtout pour des tubes qu'il a écrit, notamment, excusez du peu, "Let's get it on" 1973 pour Marvin et la moitié de l'album eponyme, et pour les Impressions
"Finally Got Myself Together (I'm a changed Man)" 1974.
Il a écrit également "How can i forget" qui a permis de lancer notre vieil ami
Jimmy Holiday à la tête des charts en 1963. Merci Ed

Je vous propose un extrait de son dernier album "Now!" paru en 1970 sur
Curtom : "Where did those signs go ?"
Example
l'intro à l'orgue me donne des frissons, Ed se profile au travers de quelques
"well, well, he" bien sentis, quand les choristes arrivent, c'est l'apothéose...
le mot de la fin à Ed concernant le songwriting :
“How else could I share what I felt except through songwriting? I learned
to overcome the problem by learning to love people. Not love the whole
world, but those who are really close to you.”
Régalez-vous

Saturday, November 27, 2004

Comment je me suis retrouvé là bas ?

Un phénomène étrange, illustré au cinéma par Denis Potter et Alain Resnais
("on connaît la chanson"), meriterait plus d'attention de la part de nos plus
grands chercheurs.
Je veux parler de ces illuminations musicales qui nous assaillent sans crier
gare dans les situations les plus inattendues.
Les paroles d'une chanson ou un air viennent se substituer à toute tentative
d'une expression personnelle, l'esprit s'incline devant la force évocatrice
de ces chansons qui résument si bien, ce que 100 mots n'arriveraient pas
à décrire. On reste bouche bée, l'air béat face à tant de pertinence, devant un
interlocuteur qui ne se doute à aucun moment de la grande playlist qui se
déroule en vous. A moins que que ne commenciez à fredonner ou à battre
du pied. Ca répond peut-être à des difficultés pour communiquer avec autrui
ou cela reflète de grandes obsessions musicales, allez savoir

Laissez moi vous en conter un exemple frappant, j'avais cet automne rendez-vous dans les locaux d'une société qui m'avait contacté par téléphone. On me fit patienter, je fus surpris de constater l'élégance des salons, intérieur bourgeois, tentures et une très épaisse moquette. Je ne tardis pas à me rendre compte que j'étais en fait au sein d'un mouvement d'entrepreneurs francais.
Un air de banjo commença à jouer pour moi seul :

"Come all you good workers,
Good news to you I'll tell
Of how the good old union
Has come in here to dwell.
CHORUS:
Which side are you on?
Which side are you on?
Which side are you on?
Which side are you on?
My dady was a miner,
And I'm a miner's son,
And I'll stick with the union
'Til every battle's won.

They say in Harlan County
There are no neutrals there.
You'll either be a union man
Or a thug for J. H. Blair.

Oh workers can you stand it?
Oh tell me how you can?
Will you be a lousy scab
Or will you be a man?

Don't scab for the bosses,
Don't listen to their lies.
Us poor folks haven't got a chance
Unless we organize."

Tout était dit une fois de plus, sens & silences...

Cette chanson "Wich side are you on ?" des Almanacs Singers est extraite
de l'album "Talking Union" (Keynote records, May 1941). Les disques
Example
Les Almanacs Singers était un groupe folk des années 40, dont la longévité fut brève mais dont le line-up demeure mythique : Pete Seeger, Lee Hays, Millard Lampell, Woody Guthrie, Bess Lomax-Hawes, Sis Cunningham...
(en guests leadbelly et josh White !)
Le nom du groupe vient du pragmatique Seeger qui constata que les
gens de la campagne ne possédaient que 2 livres : la Bible et le fameux
"The Farmer's Almanac", un nom crédible en phase avec son public,
sacré Pete. Ils jouaient la plupart du temps, lors de meetings pacifistes,
syndicaux ou politiques, très à gauche.
Ceci leur valut d'être mis en liste noire, le groupe fut bientôt dissous.

Vous trouverez sur ce très bon site plein d'infos, sur les Almanacs.

C'est d'ailleurs là-dessus que j'ai découvert l'histoire de notre chanson,
extrait de
"Songs of Work and Protest", Edith Fowke and Joe Glazer
, New York, NY, 1973, p. 55 :
"En 1931, les mineurs du comté de Harlan étaient en grève. Les représentants armés de la compagnie ont alors battu la campagne, terrorisant les communautés de mineurs, recherchant les chefs des syndicats pour les battre, les emprisonner, ou les tuer. Mais les mineurs, élevés dans ce pays de montagne du Kentucky, ont su battre en retraite, des coups ont été échangés et des balles ont été tirées des deux côtés dans ce Harlan sanglant.

C'était ce genre de guerre des classes -- les propriétaires de mine d'un côté, et les mineurs de charbon indépendants du Kentucky de l'autre -- qui a fourni la matière à Florence Reece pour écrire la chanson "Wich side are you on?" où elle a capté l'esprit de cette période avec éloquence.

Mme Reece décrit une expérience personnelle. Son mari, Sam, était l'un des chefs des syndicats. Le shérif J. H. Blair et ses hommes sont venus à sa maison à sa recherche quand elle était seule avec ses sept enfants. Ils ont saccagé toute la maison et puis ont surveillé les alentours, se préparant à abattre Sam s'il revenait.

Un jour pendant cette période tendue MmeReece a déchiré une feuille d'un calendrier mural et a écrit les paroles de "Wich side are you on?". La forme simple de la chanson l'a rendu facile à adapter pour d'autres grèves, et beaucoup de versions différentes ont circulé.

Alors choisissez d'être avec Sam ou le Sheriff Blair, quelque soit l'endroit où
vous vous trouvez. J'entends à nouveau le banjo de Pete,
"Come all you good workers..."

Dédié à Kürün "Sam".

Friday, November 26, 2004

Un gars de l'Arkansas

on poursuit notre chemin, avec un formidable compagnon : Sidney Joe Qualls.
Les morceaux sont sortis sur Dakar/Brunswick puis sur Chi-Sound, sous la
houlette du producteur de la scène chicagoanne, Carl Davis.

la bombe vu de moi "How can we say goobye", extraite de I dont do this
(2002), est un morceau de Sam Dees dont j'aurais l'occasion de vous
reparler en large et en travers. On se régale, so soulful
Example
une voix haut perchée, aérienne, proche de celle d'Al, une ressemblance qui
a pu lui porter préjudice.
Pour les ré-issues en vinyl, c'est par ici
Découvrez les re-issues du label Expansion...

Thursday, November 25, 2004

From Vorst nationaal (brussels belgium)

Example

Juste un petit billet pour vous faire part de mes impressions sur le concert de
Nick Cave & the Bad seeds qui avait lieu à Brussels hier soir. La chance était
de notre côté : 3 heures de déchainement avec quelques moments inégaux
certes, mais rien à voir avec le concert de la mutualité.
Je le voyais pour le 3ème fois après Prague et Londres, il y a sept-huit ans,
si mes souvenirs sont bons.
L'allure est toujours là, l'absence de Blixa Bargeld est douloureuse mais elle
permet de libérer un espace sonore pour 4 choristes et un violoniste enragé.
L'atmosphère gospel/country ainsi créee reflète bienl'univers intérieur de Nick,
par moment c'est le sud profond (renforcé par lun éclairage superbe), l'air est
étouffant, les émotions sont violentes...J'ai trouvé qu'il se "Jerryleelewisait",
un compliment.
Mercy seat
"It began when they come took me from my home
And put me in Dead Row,
Of which I am nearly wholly innocent, you know.
And I'll say it again
I..am..not..afraid..to..die.
I began to warm and chill
To objects and their fields,
A ragged cup, a twisted mop
The face of Jesus in my soup
Those sinister dinner meals
The meal trolley's wicked wheels
A hooked bone rising from my food
All things either good or ungood.
And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I'm yearning
To be done with all this measuring of truth.
An eye for an eye
A tooth for a tooth
And anyway I told the truth
And I'm not afraid to die. "


les sens et les silences, charley patton & cie étaient avec nous hier soir.
Les moments les plus bruitistes sont toujours ceux qui me ravissent le plus.
plus d'infos sur Nick : ici ou
sur la bande à Blixa c'est par là

Abasourdissant vôtre

Clin d'oeil à Labeflam & Kürün

Wednesday, November 24, 2004

Un gars de l'Iowa

Sur la route des injustices, arrêtons-nous sur un auteur/compositeur méconnu de l'Iowa, Jimmy Holiday (1934-1987).

Example
On sait peu de choses sur ce personnage, productions 60's sorties sur Mint, Liberty... Sateside nous a compilé tout ça à un prix modique, allez foncez l'acheter ici
Sa voix me rend dingue, sa manière de soupirer, de laisser un silence étranglé et de reprendre dans un cri déchirant.
Ray Charles (peu prolixe) : "After I began recording some of his songs, i knew that jimmy was one of the great young writers of today. He writes with his soul. as a singer it's the same story - Jimmy's great."

je vous le propose dans 2 morceaux forts différents :

I'm gonna Help Hurry my brothers Home (1967) , on frôle parfois l'angélisme dans cette chanson sur le Viet-Nam, mais ça me touche.

Dans un autre style, avec Clydie King Back-up vocal d'exception (Stones, Dylan, Lynyrd...) , Ready, Willing & Able (1967), allez remuer vous, votre journée ne peux que s'éclaircir avec l'energie de duo.

Dieu reconnaitra les siens

private joke
Example


happy birthday fellas

It's just begun

Pour commencer, je dois revenir en arrière...
vers un instant ancestral et fondateur qui va guider tous mes pas sur ce blog, instant entêtant à vous faire chavirer, où tout apparaît clairement : les sens & les silences
Toute le reste ne sera qu'une variation, une gymnopédie... l'émotion sera le filtre au delà des styles et des clivages.

Je n'ai donc pas eu à choisir ces 2 premiers moments à partager avec vous, ils s'imposent par leur présence, Blind Willie Johnson et Charley Patton, les deux versants indissociables d'une humanité, loin des clichés du blues. Le 1er prêcheur, qui slide à coups de canifs pour remplacer un violon trop coûteux, l'autre showman itinérant à en perdre les sens, fuyant les plantations.
N'y voyez pas l'opposition facile du vice et de la vertu, car ils chantent et louent la même chose.

blind willie
Example

Jesus make me up my dying bed (BW Johnson) --- pour l'acheter c'est ici
"Jesus gonna make up my dying bed
Meet me Jesus, meet me
Won't you meet me in the middle of the air
And if these wings should fail me Lord
Won't you meet me with another pair
Whoa whoa well won't you meet me Jesus"

charley patton
Example

Prayer of death pt.1 (Charley Patton) --- pour l'acheter c'est ici
"the masked marvel" donc pas de textes

en très bonne compagnie pour commencer


Tuesday, November 23, 2004


je cherche comment intégrer des liens et des fichiers, j'avance pas à pas...
Patience

Monday, November 22, 2004


aw Posted by Hello

Newbie

je me lance, c'est parti